Durant la soirée de gala 1 maillot pour la vie ! Crescendo a pu rencontrer et interviewer Brahim Asloum, Médaille d’Or en boxe au Jeux Olympiques de Sydney en 2000 ! Aujourd’hui agé de 38ans, le berjallien est consultant sur RMC, vice président de la Fédération Française de Boxe, Coach Mental et Préparateur Physique du Tennisman Benoit Paire et patron de la franchise de boxe « Fighting Roosters ».

Que veut dire « Crescendo » pour toi ?

Crescendo, c’est en route, c’est calé.

Comment en es-tu arrivé à la boxe ?

Par hasard. J’ai assisté à un gala de boxe quand j’étais jeune. En fait, je faisais partie d’un club de jeunes dans mon quartier, à Bourgoin-Jallieu et on nous a offert des places de boxe.

Il y avait un grand de mon quartier qui boxait, qui était aux portes des championnats de France et j’y suis allé avec un de mes frères. J’ai vu un jeune de 8 ans boxer, je trouvais ça d’une beauté absolue et le lendemain, je me suis inscrit.

Tu peux nous parler rapidement de ton titre olympique ?

Mon titre olympique, c’est le plus beau titre que j’ai gagné, même si ça été extrêmement dur d’être champion du monde professionnel. En émotion pure, les Jeux Olympiques, c’est monstrueux. Mon titre de champion du monde représente en émotion 10% de ce que j’ai pu ressentir aux jeux olympiques. Tu parles à la planète entière, il y a un côté chauvin, c’est un titre tous les quatre ans, c’est assez magique.

A l’époque, tu étais amateur. Comment s’est passé la transition entre le monde amateur et le monde professionnel ?

C’est ce qu’il y a de plus compliqué parce qu’on passe de 3 rounds de 3 minutes à 12 rounds de 3 avec des bandages durs, sans casque. Je ne vais pas dire que c’est un autre sport, mais presque. C’est une manière d’aborder les combats totalement différente. Il faut être dur au mal, il faut être précis et marcher sur l’adversaire. Chez les amateurs, tu as le droit de toucher, c’est sur la touche ; là, il faut que tu construises le combat, donc il y a une violence plus dure.

On a vu dans ton actu que tu travailles avec Benoît Paire, c’est quoi ton rôle exactement avec lui ?

Je suis son préparateur physique et son coach mental, mais l’un ne va pas sans l’autre. Donc quand je lui fais faire des exercices et que je le fais travailler sur des exercices pure boxe, derrière, il y a tous les messages que j’essaie de lui faire passer : de ne jamais lâcher, de se faire mal, de prendre du plaisir dans la douleur. C’est un peu mon rôle et le rendre de plus en plus fort psychologiquement.

Est-ce que tu as eu un mentor, quelqu’un qui t’as marqué dans ta carrière ?

Oui, Monsieur Louis Acariès qui a été l’une des plus belles rencontres de ma vie aussi bien en tant qu’entraîneur qu’en tant qu’homme.

Est-ce que tu veux jouer un jour le rôle que Louis Acariès a joué pour toi ?

J’ai commencé d’une certaine manière en faisant la promotion de mes athlètes, mais lui, ce n’est pas un entraîneur, c’est un vrai perfectionniste. Maintenant, je sais que ça demande du temps, beaucoup d’énergie. Est-ce que j’en serais capable ? Sincèrement, c’est une vraie une question. Peut-être que je suis encore un peu jeune aujourd’hui mais on verra à l’avenir.

Est-ce que tu as des secrets de réussite dans le sport, dans entrepreneuriat ou en tout cas des leviers à énumérer ?

Sincèrement, c’est de croire en soi. La seule chose gratuite dans ce monde, c’est de rêver. Il n’y a personne qui peut te l’enlever, après, c’est de croire et construire ton rêve. C’est ce que j’ai fait pour être champion olympique. Aujourd’hui, ce sont ces recettes que j’emploie dans ma vie de tous les jours. Mais voilà, la première base, c’est de croire en soi et la deuxième, c’est de travailler comme un forcené.

Quels sont les moments les plus excitants : quand tu es sportif ou quand tu es entrepreneur ?

Quand tu es boxeur, c’est un peu exceptionnel. Le moment le plus jouissif, c’est quand tu touches ton adversaire et que tu vois qu’il va être mis K.O, qu’il tombe. Ce moment-là, c’est assez magique, c’est personnel, c’est super court, mais excitant.

Quels conseils tu donnerais à des jeunes qui veulent se lancer dans le sport ou dans entrepreneuriat ?

Continuez à rêver et travailler plus dur que les autres. Il n’y a pas le choix. Si tu veux être numéro un, il faut en faire trois fois plus que tout le monde. Mais il n’y a rien qui est impossible, c’est toi, est-ce que tu te limites ?

Puis je conseillerais également de prendre du plaisir. Le plaisir, c’est ce qui te guide et qui fait que derrière, tu ne te trompes pas. Et si tu te casses la gueule, ce n’est pas grave, tu as pris du plaisir. C’est ce qui te permet de repartir. La vie est dure, donc quand tu as la chance de pouvoir choisir ce que tu veux faire, fais-le avec la banane, ça t’aide à travailler plus dur sans le sentir, tu le sens moins. Quand tu montes ton projet, au départ il n’y a que toi qui y crois. Si tu écoutes les autres, ils vont dire que c’est impossible, que tu ne pourras pas, qu’il faut ceci ou cela. Et au final, quand tu y arrives et qu’au fur et à mesure, tu te bats, tu as une vraie fierté personnelle. Au final, il n’y a rien de plus beau. Peu importe les niveaux. Chacun son propre niveau, mais tu arrives déjà à créer quelque chose qui n’existait pas avant.

Ta définition du mental ?

Ne jamais lâcher prise et savoir donner le coup de grâce. Tuer les matchs, peu importe la discipline. A un moment donné, il faut être dur avec soi-même et quand il y a une faille, il ne faut pas faire semblant, il faut y aller.

Se fixer des objectifs, c’est important pour toi ? Si oui, comment tu fonctionnais ?

Je me fixais mes propres objectifs mais je les gardais pour moi par contre. Je ne les disais pas parce que je partais du principe que si je les disais, ça se diluait ; et moi, j’avais besoin de les garder pour quand je ne suis pas bien. En fait, mon cœur n’a pas cru en moi, je me dis : « ok, voilà », j’arrive à le faire plus mal encore.

L’ambition, c’est quoi pour toi ?

C’est de passer les étapes les unes après les autres pour tracer son chemin, pour y aller crescendo.

Bouillant ou posé ?

Sincèrement, il y a des deux. Je peux être très posé comme je peux être très bouillant, ça dépend des contextes.

Motivé ou déterminé ?

Les deux. Je suis motivé de nature, après quand j’ai un objectif, je suis déterminé dans ce que je fais.

Leader ou manager ?

C’est prétentieux de dire ça mais je pense que je suis un plus un leader. Mais après, j’aime bien gérer les hommes. Normalement, quand tu es un bon leader, tu es bon manager.

Ton dernier SMS ?

A ma copine.

Un hashtag ?

#boxe

Facebook, Twitter ou Instagram ?

En ce moment, je suis plus Insta.

Fighting Roosters ou CS Bourgoin-Jallieu Rugby ?

Fighting Roosters

Un livre ?

Un livre que je conseille à tous les mômes, c’est L’Alchimiste de Paolo Coelho. C’est un livre qui fait réfléchir, qui fait bien analyser les choses et qui peut aider des mômes à se construire.

Un film ?

Il y en a plein que j’aime bien, mais je vais rester dans la boxe tant qu’à faire pour faire la promotion de mon sport : De l’ombre à la lumière avec Russel Crow. Pour moi, c’est l’un des films référence de la boxe.

Tu as joué dans un film, non ?

Victor Young Perez

Une musique motivante ? Parce qu’on a une playlist et on va l’intégrer.

En ce moment, j’écoute beaucoup celle de Dj Snake, The Half

Pierre brute ou pierre polie ?

Pierre brute.

Une citation ?

Une citation qui m’a suivi depuis que je suis tout petit : « Ceux qui ont échoué, c’est ceux qui ont oublié de rêver. » La notion de rêve a beaucoup d’importance pour moi.

Quand tu arrives sur le blog, tu as une citation de Kennedy : « L’art de la réussite consiste à savoir s’entourer des meilleurs ». Qu’est-ce que tu en penses ?

Je la valide.

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