Nous vivons dans un monde où les ressources naturelles sont de plus en plus rares et de plus en plus chères.

C’est pour cela que l’Union Européenne plaide, depuis 2012, pour que ses Etats membres renoncent à l’économie linéaire pour passer à l’économie circulaire.

economie classique lineaire

Extraire / Produire / Consommer / Jeter. Cette économie ne fonctionne plus…

Selon l’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie), l’économie circulaire est un système économique d’échange et de production qui vise à augmenter l’efficacité de l’utilisation des ressources et à diminuer l’impact sur l’environnement tout en permettant le bien-être des individus. Ce modèle s’oppose à celui de l’économie linéaire classique (Extraire / Produire, Consommer, Jeter).

Devant l’urgence d’un usage efficace des ressources, le principe de l’économie circulaire doit devenir la base d’un cadre politique pour un nouveau modèle de fonctionnement de nos économies, c’est-à-dire sobre en ressources et collaboratif.

Concrètement, cela se met en place de différentes façons et je vais essayer de reprendre ici plusieurs initiatives développées en France.

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Tout d’abord, il est possible de privilégier l’usage d’un produit à sa propriété, car, comme l’explique l’économiste Robert Ayres, les consommateurs n’ont pas toujours d’intérêt pour les biens en soi, mais pour les services que ces biens fournissent.

« Les consommateurs n’ont pas toujours d’intérêt pour les biens en soi, mais pour les services que ces biens fournissent. » Robert Ayres

Les fabricants vont alors vendre de l’usage et non plus des produits. Ce qui implique de concevoir les produits en vue de leur refabrication, de leur reconditionnement et de leur recyclage, ceci afin de maintenir les principaux composants et matériaux en circulation.

Voici deux exemples de ce type d’action en France.

Tout d’abord, la vente de solution d’impression à la page éditée, développée par Xerox, au lieu de la vente d’imprimantes. Ceci a notamment conduit le fabricant à réaliser des systèmes modulaires et évolutifs permettant de réutiliser les pièces des anciennes machines pour en produire de nouvelles.

Ensuite, la vente de kilomètres de pneumatiques Michelin pour les flottes de poids lourds. Michelin s’occupe de la gestion des pneumatiques en assurant leur rénovation ou leur rechapage. La durée de vie des pneumatiques a ainsi été multipliée par 2,5 !

« Concevoir les produits en vue de leur refabrication, de leur reconditionnement et de leur recyclage. »

Nous pouvons également évoquer les systèmes d’écologie industriels et territorials. Dans ce cadre, plusieurs industries ou entreprises réunies sur un même territoire vont réutiliser les déchets et les sousproduits générés par leurs partenaires.

Le projet BélestaAgroactivités, développé à Bélesta-en-Lauragais (31) est un petit bijou. Ce projet a pour but de produire des légumes bio en utilisant des énergies renouvelables comme le bois ou/et le biogaz produient sur place pour chauffer les serres. Ces légumes vont ensuite fournir la restauration collective et les commerces de proximité. C’est ce que l’on appelle les circuits courts.

Les épluchures et déchets alimentaires sont ensuite récupérés dans les restaurants et magasins et partent à la méthanisation pour produire de l’énergie. Une usine de méthanisation doit entrer en service avant la fin de l’année et pourra fournir environ 1600 ménages en électricité et 5000 foyers en chaleur.

Les autres déchets iront au compostage pour produire des engrais organiques renouvelables qui seront à nouveau épandus pour aller fertiliser la terre où pousseront les futurs légumes.

Les déchets sont réutilisés sur place et transformés en énergie.

Enfin, il est important de préciser qu’une centaine d’emplois ont été créées !

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L’objectif de l’économie circulaire est de transformer notre système consumériste, dépendant de ressources limitées. C’est également un moyen pour les territoires de travailler à leur résilience et à leur transition.

Elle apparaît ainsi comme un modèle opérationnel et mobilisateur de mise en œuvre de la notion de développement durable.

Les territoires qui se lancent dans une stratégie d’économie circulaire, arrivent à relocaliser certaines activités et à saisir des opportunités nouvelles, créatrices d’emplois, notamment dans les secteurs de la construction, de la gestion des ressources, des énergies renouvelables, des écoindustries et du recyclage.

Il est donc nécessaire de pousser nos élus à réfléchir pour créer, sur l’ensemble des territoires, des milliers de systèmes basés autour de l’économie circulaire.

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Sources : ADEME, Fondation Ellen MacArthur et Cler Verts.

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