Nous avons rencontré Youri Esparre à Paris afin qu’il nous présente sa société Créneaux. Un jeune créateur d’entreprise qui nous a fait part de sa passion et de sa vision. Un échange convivial avec un entrepreneur carcassonnais qui a décidé de monter sur la capitale pour se lancer!

11h18m40s-3q0a2650Quelle est pour toi la définition de Crescendo ?

C’est partir de rien pour aller au plus haut !

Est-ce que tu peux nous parler de ton parcours ? Qu’est-ce qui t’as amené à créer cette société Créneaux ?

Ça a commencé quand je suis venu à Paris à 30 ans, je ne savais pas du tout quoi faire. Je me suis rappelé qu’il y avait quelques boîtes pour lesquelles je travaillais dans l’événementiel. Au final, c’est un peu le métier qui me correspondait parce que les missions consistent à trouver des solutions, lorsque tout n’a pas été préalablement pensé. Ça, c’est quelque chose qui me plaît, être un petit peu ingénieux avec des « bouts de ficelle », dans un cadre tout de même réglementé.

Donc, ça a plutôt bien fonctionné pour moi, et j’ai pu acquérir beaucoup d’expériences polyvalentes en son, en diffusion vidéo, en éclairage, mais aussi en décoration pour l’événementiel.

Récemment, j’ai souhaité créer « Créneaux », car je trouve que les prestataires techniques, soit proposent des produits pas chers pour faire leur marge, soit proposent des solutions haut de gamme mais dépassent largement le cadre des attentes de leur clients qui ont juste besoin d’efficacité. Je pense que c’est le service qui doit primer maintenant. C’est-à-dire, utiliser du matériel peu encombrant pour pouvoir aller dans des lieux comme des musées ou des hôtels particuliers, et avoir des techniciens plutôt courtois avec les clients. Il est effectivement difficile de trouver un technicien compétent qui acceptera de répondre à des questions parfois inappropriées d’un néophyte mais pourtant légitimes.

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Tu as fait des études dans ce domaine ?

J’ai fais d’un BTS audiovisuel option métier du son. A la base je voulais être perchman.

Pourquoi perchman ?

On va faire un lien… Parce, dans la vie d’un film, c’est le tout début de l’aventure. On se retrouve ensemble, seul le scénariste et le réalisateur savent où l’on va, nous sommes une équipe, et « ensemble » on va essayer de faire le projet jusqu’au bout. Le perchman doit toujours trouver les solutions pour prendre le son dans les meilleures conditions possible, et il arrive que ce soit avec des bouts de ficelles.

Où as-tu passé ta formation ?

A Marseille.

Pourquoi entreprendre ?

Aujourd’hui, il est facile de pas aimer la société dans laquelle on vit. Pour ma part, j’aimerais créer mon propre monde pour avoir un univers tel que je le conçois. J’aime bien apprendre à (et de) mes techniciens, être directif et attentif. Et j’aimerais bien créer mon modèle social, mais, on va attendre pour cela.

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Est-ce que tu as une définition d’un entrepreneur ? Ou des qualités à énoncer ?

C’est quelqu’un qui va arracher le résultat avec les dents !

Quel est le moment le plus excitant quand tu entreprends quelque chose ?

Quand ça a été dur d’obtenir un résultat et qu’on finit par l’obtenir. A vaincre sans péril on triomphe sans gloire. Si on a eu du péril et qu’on a triomphé, c’est génial !

Est-ce que tu peux nous faire le pitch de Créneaux ?

Je voulais un mot simple et pas un nom du genre techni-sound-light-event-machin-chose. Il y en a trop des comme ça. Créneaux c’est un mot qu’on prononce beaucoup dans la communication, ce qui veut dire publicité subliminale gratuite. De plus, c’est une composante des remparts de Carcassonne, je suis à Paris, ça me permet de me souvenir d’où je viens.

La société est prestataire en sonorisation, diffusion vidéo et éclairage, spécialisée dans les réceptions et cocktails d’entreprise.

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Dans ce cadre, les invités sont souvent au contact de la technique. Il faut qu’elle devienne invisible comme partout, dans un théâtre c’est plus facile.

Ainsi, on se doit d’avoir un matériel plus léger et d’avoir des techniciens plus courtois. Mon but est de devenir le partenaire de confiance des traiteurs. Ainsi, la base de mes prestations est de proposer une solution pour éclairer les buffets de manière efficace et discrète. Donc j’ai créé les L-Berry, un outil que l’on peut mettre partout et qui va éclairer un long buffet de manière homogène, où l’on peut jouer avec les ombres et valoriser les plateaux avec un halo de lumière plus intense. Le traiteur s’applique à faire un beau buffet, ça devient quasiment un tableau vivant, et un Picasso dans le noir est moins beau qu’un tableau de ma sœur éclairé par mes soins.

C’est toi qui as créé cet outil ? C’est vraiment l’innovation que tu as mis en place pour te différencier des autres ?

Je ne vais pas dire que c’est une innovation parce que des éclairages de buffet existent. Je vais dire que j’ai créé un outil qui me semblait indispensable pour bien travailler, avec les autres mâts, je ne serais pas en mesure de faire un travail à la hauteur de mes exigences.

Est-ce que tu utilises des ampoules spéciales, des projecteurs bien spécifiques ?

Déjà les spots sont domestiques. Même s’il faut les diriger, j’ai cherché parmi ceux qui se faisaient pour les maisons ou pour les bureaux, de façon à ce que cela passe inaperçu. J’ai ensuite sélectionné les ampoules d’abord pour avoir le choix des angles de diffusion et pour avoir une couleur de blanc très naturel.

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Tu ne travailles qu’avec de la LED ?

J’ai été obligé par rapport à des normes. D’abord, je voulais utiliser l’halogène car aucune ampoules LED ne me fournissaient une couleur de blanc satisfaisante. Je voulais le côté chaleureux et je voulais aussi pouvoir serrer le faisceau lumineux. Qui dit halogène dit beaucoup de puissance électrique, je devais donc prendre de gros transformateurs. Le transformateur qui m’intéressait avait perdu son certificat de conformité. Ainsi, j’ai dû prendre des transfos plus petits et me résigner à éclairer à la LED. Heureusement, j’ai trouvé une marque qui a réussi à obtenir la qualité que je cherchais.

Comment ça se passe au niveau de tes marchés ? Comment tu prospectes, est-ce que c’est du réseau, des partenariats ?

Je prospecte les traiteurs. Le prospect de qualité est obligatoire c’est-à-dire qu’on envoie une lettre bien faite, on téléphone et on espère décrocher le rendez-vous. Ce n’est pas simple, c’est très long. Après le réseautage reste plus efficace mais c’est aussi un long processus pour y entrer.

Combien êtes-vous dans la start-up?

Je porte seul le projet mais j’aime bien partager. Je soumets toujours mes idées et mes problématiques à mes collègues. La construction est collective.

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Tu travailles avec des partenaires quand tu as de grosses missions ou tu gères tout, tout seul, au niveau opérationnel ?

Je sais qui prendre pour la main-d’œuvre et après je gère tout, tout seul. Je démarre tout juste…

Quand est-ce que la société a été créée ?

Je suis en couveuse d’entreprise au GEAI / BGE PaRIF depuis Avril 2016. J’espère créer une SAS au mois d’avril 2017.

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Comment tu fais la levée de fonds ?

Pour la levée de fond, je préfère rester en famille et entre amis, c’est plus sûr.  Il me faut démarrer doucement car, ce genre de société a besoin de construire une histoire. Ça ne sert à rien de démarrer avec de gros moyens, sans crédibilité, donc j’y vais crescendo.

Puisque tu te lances, quels conseils donnerais-tu à de jeunes entrepreneurs pour ne pas manquer ce lancement ?

Ne pas se fermer les portes parce qu’on se dit souvent « non, ça ne correspond pas à ce que je voulais faire », et puis finalement on y revient. Donc toutes les connaissances et les enrichissements sont bons à prendre.

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Est-ce que tu es bouillant ?

Veuillez m’excuser, mais aujourd’hui, je suis plutôt posé.

Motivé ou déterminé ?

Je suis dans une phase de transition où j’aurais dit « motivé », puis je me rends compte que je suis déterminé face aux épreuves.

Leader ou manager ?

Plutôt leader.

Quel est ton dernier texto ?

Ok (pour une prestation).

Est-ce que tu as un livre à nous conseiller ?

Quand j’avais 5 ans je m’ai tué.

Un film ?

Joy, très inspirant ! C’est la dame qui a fait le balai-serpillière qu’on n’essore pas avec les mains, elle le vend dans le télé-achat. Elle s’est battue pour aller au bout de ses idées…

Une musique qui te motive ? (Retrouvez la playlist Crescendo)

Don’t stop believin’ de Journey.

Pierre brute ou pierre polie ?

Brute taillée.

Quand tu arrives sur le blog, on a une citation de Kennedy : « L’art de la réussite consiste à savoir s’entourer des meilleurs ». Qu’en penses-tu ?

C’était bon à l’époque de Kennedy. Je dirais qu’aujourd’hui, l’art de la réussite c’est de trouver le meilleur en chacun des gens qui nous entoure.

Photos réalisées par notre photographe, Fabien Rouire, retrouvez son travail sur son site, son Flickr sur sa page Facebook !