Cette interview a été réalisée conjointement avec La Jeune Chambre économique de Toulouse à la suite du festival Made in 31. Vous pouvez retrouver l’interview également sur le blog de l’événement « Made in 31 ».

Suite au festival Made in 31 organisé par la Jeune Chambre économique de Toulouse, nous avons rencontré la société Emotion Tech, vainqueur du prix du Public. Nous avons voulu en savoir plus sur les produits qu’ils proposent, connaître leur vision et les perspectives pour leur entreprise. Nous sommes également revenus sur leur ressentie quant au Festival Made in 31.

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Quelle est ta définition du mot Crescendo ?

Pour moi, c’est quelque chose de croissant, qui commence en bas et grandit petit à petit.

Pourquoi entreprendre ?

À la base, mon associé et moi-même voulions monter notre entreprise en sortant de l’école. Initialement, je suis juriste, j’ai fait du droit puis ensuite du commerce et j’aime beaucoup la comptabilité aussi. L’idée de monter une société ensemble à la base c’était plutôt un truc de copains. A cette époque nous connaissions déjà un peu le milieu de l’imprimante 3D. J’ai terminé mes études en 2011, on a ensuite bossé 6 mois puis on a créé la boîte dans la même lancée.

Quelle est ta définition d’un entrepreneur ?

Je pense qu’un entrepreneur c’est quelqu’un qui fait par soi-même, c’est une volonté d’indépendance. Par contre, lorsqu’on se lance on se dit toujours qu’on aura une liberté d’action, qu’on n’aura pas vraiment d’horaires, de contraintes de temps, ce qui est partiellement vrai, mais surtout très faux dans le sens où l’on se rend rapidement compte qu’on est esclave de nos clients, de nos fournisseurs. Au final, on se retrouve vite tellement impliqué et débordé qu’on ne pense même pas aux vacances.

unspecified-20Quel est le moment le plus excitant quand tu entreprends ?

Je dirais que c’est le début, quand on patauge et qu’on ne sait pas où on va. Quelque part c’est vrai qu’avec le recul c’est le moment où tu fais tout, il faut être très polyvalent. Au début c’est le moment où il y a toujours des imprévus qui arrivent et tu te dois de toujours trouver des solutions, il faut savoir s’adapter au fur et à mesure. Le plus excitant c’est lorsque tu as besoin d’être présent au maximum pour pouvoir tout faire à temps.

Peux-tu nous présenter Emotion tech ?

Emotion Tech c’est une structure créée en 2012 avec Franck mon associé, rapidement on a rencontré Hugo notre ingénieur qui, à la base était un de nos tout premiers clients. On a très vite eu besoin de lui parce qu’en terme technique nous étions un peu limités. On a donc commencé à bosser ensemble en indépendant, ceci faisant cela on lui a rapidement proposé d’acheter des parts, de faire une rentrée dans la société. Un an plus tard, il faisait partie d’Emotion Tech, nous étions trois, aujourd’hui on s’est agrandi, nous sommes 8.

Pourquoi un produit imprimant 3D ?

À la base c’est dû au mouvement RepRap, c’est un mouvement open source, l’universitaire anglais Adrian Bowyer en est à l’origine. Il a développé une machine permettant de faire de la fabrication additive, donc c’est de l’impression 3D en terme technique. Il existait des brevets, mais datant de 35 ans, en 2007 ils sont tombés dans le domaine public et quelques années plus tard en 2009 Bowyer a réussi à créer dans son garage une machine qui été assez imprécise, rustique, mais qui permettait déjà de faire de la fabrication additive.

Par la suite il a tout publié en open source et rapidement une communauté a commencé à se créer, elle a permis de développer, concevoir et améliorer tout en devenant un mouvement mondial assez important. À la base nous connaissions ça de plus ou moins près, car nous avions commencé à faire une machine. Lorsque l’on s’est rendu compte qu’en France il n’existait rien sur cette technique de la fabrication additive, nous avons eu l’idée de combler ce vide.

unspecified-22Peux-tu nous parler du marché de l’imprimante 3D en France ?

Ce marché est assez éclaté, car il y a énormément d’acteurs : importateurs, autoentrepreneurs, fabricants, distributeurs, etc.. Il y a une cinquantaine d’acteurs au minimum, en tant que fabricants nous sommes 5 et en tant que gros fabricants nous sommes 2, même si les volumes ne sont pas non plus énormes, allant de l’ordre de 5 000 à 10 000 machines par an.

Comment vous différenciez-vous de vos concurrents ? Quelle est votre spécificité produite ?

L’imprimante 3D c’est vaste, c’est 4 ou 5 technologies différentes avec des coûts qui vont de 400€ pour nous jusqu’à plus d’un million pour d’autres. Nous on est sur la machine entre 400 et 2 000 €, correspondant à la technologie FDM (Dépôt de Matière Fondu), c’est celle dont on entend parler à la télévision lorsqu’on parle de démocratisation de la fabrication additive. Nous n’avons pas pour vocation à faire du profilage mécanique dans le sens où c’est trop rustique, la société travaille plus dans un objectif pédagogique.

Nous faisons partie de ce marché-là, de la technologie FDM. Il faut savoir que ce marché n’est vraiment pas représentatif de l’impression 3D, mais il est le plus volumineux, car c’est le moins cher et celui où il y a le plus de quantité. Sur ce marché-là il faut encore différencier deux choses : le Plug and Play c’est la machine que l’on sort du carton que l’on branche et qui fonctionne déjà, de la machine en kit qu’il faut assembler soi-même et qui met l’accent sur le pédagogique, l’électronique, la mécanique, la programmation et tout ce qui va être la CAO (Conception Assistée par Ordinateur). Emotion Tech vend principalement des machines en kit, car on vise un public de particuliers technophiles qui bricolent dans leur garage ou alors un public scolaire avec l’éducation nationale ou l’enseignement supérieur l’imprimante sert en tant que support de cours.

Quel est votre type de clientèle et votre segmentation ?

Comme je le disais, nous visons principalement le geek technophile ou alors le secteur éducatif. Par exemple, nous étions la semaine dernière en Picardie pour faire un work shop avec des professeurs de technologie, l’idée étant d’assembler des machines et au travers de cela, travailler sur des programmes scolaires. En ce moment nous commençons avec une nouvelle gamme de machines d’importation, nous sommes distributeurs de la marque Tiertime.

Nous commençons également à travailler avec des professionnels, mais ça va être pour du prototypage, on a par exemple travaillé avec Airbus ou Continental, l’idée était de faire travailler la créativité des ingénieurs. Plutôt que d’avoir des images ou des fichiers ils travailleraient en touchant réellement de manière plus réaliste, pour avoir un rendu tactile.

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Comment souhaitez-vous développer la société ?

Aujourd’hui nous avons un besoin de développer. Développer d’une part nos machines pour avoir des choses qui soient pertinentes sur le marché et développer d’autres parts la R&D ainsi que travailler sur des choses qui n’existent pas encore, innover, pour ça notre principal axe de développement c’est l’embauche d’ingénieurs, ce qui correspond à une partie des dépenses en R&D.

Ça coûte cher et les dispositifs de financement mis en place par l’État sont les bienvenus, on ne peut pas se permettre de les refuser, notamment le CIR (Crédit d’impôt Recherche) et CII (Crédit d’impôt Innovation). Ces crédits d’impôts, pour une jeune structure comme nous ça aide beaucoup. Aujourd’hui nous travaillons sur toute la France ainsi que dans l’UE, l’idée serait de commencer à exporter, en particulier vers le Moyen-Orient.

Dans la constitution de votre entreprise, dans l’écosystème du 31, quelles ont été les institutions relais qui vous ont aidés ?

La CCI principalement qui accompagne, ainsi que par sa mise à disposition de juristes, comptables et la mise en contact avec des syndicats. La BPI (Banque Publique d’Investissement) quant à elle, est utile pour tout ce qui est recherche de fonds, ils ont plusieurs types d’accompagnements, selon le besoin en financement. On travaille aussi avec les ESAT d’Ariège qui sont fournisseurs sur beaucoup de choses et fabriquent énormément, pour de la pièce, de la mise en sachet, de l’usinage, de la découpe…

On retrouve aussi Artilect, c’est notre lab, ils sont équipés avec nos machines. Nous n’avons pas commencé là-bas, mais nous avons fait plusieurs formations là bas et ils sont notre intermédiaire quand nous avons besoin de stagiaires.

Quel a été votre ressenti par rapport au festival Made in 31 ?

Cet événement s’est très bien passé, c’était sympa. Pour nous c’était un événement important plus sur le plan de la communication que commercial, car notre ambition est davantage nationale plutôt qu’une clientèle centrée sur Toulouse. Made in 31 nous a aussi permis de rappeler à nos élus notre présence, d’enrichir notre réseau et tout simplement notre image

Vous avez reçu le prix du public, quel sentiment avez-vous eu quant à ce prix ?

On est très content, car c’est le prix qui nous intéressait le plus, c’est flatteur pour nous.

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Comment vous situez-vous par rapport au grand public ?

C’est notre cœur de métier à la base et l’éducation aussi. Nous faisons de l’open source, donc le grand public est primordial, on partage avec lui. Forcément il y a une dimension économique au niveau de la CRM (Customer Relationship Management), ainsi qu’une dimension de profits, car il faut quand même que nous gagnions notre vie. (rires) Au-delà de ça nous travaillons sur de nouveaux dogmes dont l’open source, de nouvelles méthodes où l’on partage le savoir, on fait voir ce que l’on fait. Nous avons une communauté qui se créée autour de ça, qui partage à son tour et attire encore d’autres personnes.

C’est tout un nouvel écosystème qui se crée qui est beaucoup plus offrant. Nous sommes en constante relation avec le grand public via cette communauté et cela fonctionne. Parfois lorsque l’on manque de financement et que l’on discute avec d’autres entrepreneurs, ils nous demandent si nous possédons des brevets. Nous faisons du libre, nous n’avons donc pas de brevets, beaucoup de gens ne comprennent d’ailleurs vraiment pas, alors que par exemple Google et Android sont les premiers à faire de l’open source.

Ce ne sont pourtant pas des petites boîtes, aujourd’hui Microsoft et Intel s’y lancent également parce que cela permet de créer des réseaux communautaires, de fédérer les clients, c’est beaucoup plus pertinent de montrer ce que l’on fait, au moins les gens s’approprient les technologies. Les sociétés qui font de l’open source vont parfois payer plus en développement que les autres.

En effet cela va avoir un plus gros coût que ce qu’ils vont en tirer parce qu’il faut quand même accompagner, avec des manuels et du support technique, cependant, on ne peut pas documenter tout ce qui a été fait dans le monde. Nous devons également contrôler l’accès, car des fois certains font des choses géniales et très innovantes, ils publient tout le code, mais c’est imbuvable. L’idée reste pédagogique donc il s’agirait de mettre à la disposition du public des choses qui soient simples à la compréhension, intuitive.

Pour illustrer cette situation, on pourrait parler d’évangélisation, qu’en penses-tu ?

C’est un mot à la mode en ce moment. Je dirais que c’est la pédagogie surtout parce que l’on vend aussi des machines qui sont fermées, les machines Plus and Play sont close source, après il y a de la place pour tout le monde. Il faut prendre le meilleur des deux mondes, il y des gens qui sont super intégristes et d’autres qui font des brevets pour tout, autour de cela il y en a d’autres qui sont réputés comme intégristes de l’open source sans même regarder ce qui se fait à côté, on essaye donc de tirer le meilleur des 2 mondes sans ambition de prosélytisme. On garde toujours à l’esprit la pédagogie, le but étant de pouvoir transmettre à un plus large public, de populariser la chose auprès du plus grand nombre.

Quelle est ta vison de l’implication de l’impression 3D dans le futur ?

C’est vaste, par rapport à Emotion tech et à ce que l’on propose, nous on est sur une technologie qui a 35 ans. Cependant, les technologies plus récentes fonctionnent à peu près de la même façon, l’idée étant de rester sur des machines qui sont simples d’accès, donc tant que la technologie intéressera Airbus sur la poudre métallique c’est que ça ne visera pas notre clientèle.

Aujourd’hui nous travaillons sur cela parce que se sont des technologies très simples à expliquer, assez prochainement nous allons élargir nos travaux, l’idée étant de fournir un produit qui soit simple d’accès et qui puisse se diffuser assez facilement. On travaille également sur des choses un peu transversales, il y a des points communs entre toutes les technologies de fabrication et des moyens de les rapprocher donc il faut faire des choses un peu multitâches. En ce moment nous travaillons sur un projet ayant pour but de faire une sorte de couteau suisse de la fabrication toujours dans une version simplifiée et pédagogue.

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Quelles applications dans un domaine proche pourraient tomber dans ce monde-là de l’impression 3D ?

Tout ce qui pouvait être anciennement fabriqué par d’autres méthodes peut être dorénavant fabriqué par l’imprimante 3D, tout. Après il faut trouver les choses les plus pertinentes, celles qui auront un intérêt en terme de coûts, de temps, de ressources. Il y a plein de choses qui peuvent être intéressantes, en ce moment Boulanger a une très bonne initiative. Ils viennent de lancer une plate-forme avec des fichiers 3D à télécharger, ces derniers étant leurs produits.

Plutôt que de passer par un service client on peut directement télécharger le produit qui nous intéresse et au lieu de le faire fabriquer en Chine on le fabrique nous même à domicile. L’idée c’est d’avoir du SAV à domicile, sur place, là où le besoin est. C’est pertinent, car c’est des économies d’énergies, avec en ce moment des bilans carbones qui sont assez justes sur pas mal de choses. On arrive à avoir des choses qui sont pertinentes en termes de modèle économique, je pense. Renault pourrait faire de même avec ses boîtes de vitesse par exemple.

C’est un peu de la téléportation de matière en fait ?

Oui c’est exactement ça en fait, c’est l’idée de base. De plus, au vu du prix du kilo de plastique (1kg = 20€), fabriquer certains objets légers par impression 3D pourrait permettre de réaliser des économies. Après certaines choses ne sont pas fabricables dans certaines matières et c’est justement aux divers designers et ingénieurs d’imaginer les objets du quotidien, c’est vraiment l’idée de la téléportation.

Avez-vous eu une idée d’objet à fabriquer qui pourrait paraître surprenante ?

On peut tout fabriquer, c’est sûr, mais je ne suis pas persuadé que la fabrication d’un objet du quotidien soit si pertinente parce que quelque part cela veut dire dépenser des quantités de matières pour fabriquer des petites choses que l’on jette au bout d’un mois pour les recréer ensuite parce que c’est facile de les faire.

D’autant plus que ça consomme quand même pas mal et pas toujours à bon escient donc je ne suis pas certain que cela serait vraiment très bon de fabriquer à peu près tout. Au-delà de ça, il faudrait déjà consommer plus intelligemment. Je suis un peu pragmatique, vous savez la magie de l’impression 3D s’évapore un peu au bout de 4 ans, on y est accoutumé.

Cependant, ce qui est génial c’est quand tu as une pièce mécanique terminée au bout de deux heures alors qu’avant il fallait passer par un tourneur fraiseur dans des délais beaucoup plus longs. Je suis avant tout un entrepreneur donc lorsqu’on me dit que je vais gagner de la flexibilité dans ma boîte ça me fait rêver, puis cela apporte aussi des économies dans plein de domaines. Au-delà de ça je n’ai pas de vision utopique de la chose.

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Penses-tu qu’il faut centraliser les fabrications à partir d’imprimantes 3D ?

Pour moi c’est plus pertinent que les gens aient une machine plutôt qu’une entreprise les possède toutes et fabrique sur demande. Encore une fois si l’idée est de réduire les coûts d’énergie alors autant que les gens l’aient directement chez eux. C’est une question qui se pose souvent en ce moment, pour ma part je pencherai pour le côté à domicile.

Quel est le délai entre le moment où le client commande son imprimante et où il la reçoit ?

Cela dépend, on fait du e-commerce donc il faut que ça aille vite. Le délai de devis peut être instantané pour certains jusqu’à 4 jours pour d’autres, après niveau fabrication cela va de 24h à une semaine, les délais sont néanmoins très réduits. Les établissements scolaires et les distributeurs payent à 30 jours, nous n’avons jamais eu de soucis, mais le particulier qui paye comptant ça ne représente que 40, 50 % du chiffre d’affaires maintenant donc y a quand même 50, 60% qui sont fait en professionnels ou en institutionnels.

Quels conseils donnerais tu à un jeune entrepreneur qui souhaite se lancer ?

Je lui conseillerai de ne pas se poser trop de questions, d’y aller, de foncer parce que de toute manière tu ne te poseras jamais toutes les bonnes questions, ça ne se passera jamais comme tu l’auras imaginé. Les bilans, le prévisionnel cela n’a aucun intérêt réel, même pour moi qui suis un aficionado des chiffres. Bien sûr il faut le faire, mais il ne faut pas s’y consacrer entièrement. Le bilan peut être prévisionnel, il peut être fait à partir d’études, mais après dans les faits cela ne se passe jamais comme les prévisions. Il ne faut pas trop réfléchir, ne pas courir après les subventions et les concours.

Il faut d’abord penser pragmatique, trouver ce qui est efficace, la CCI par exemple c’est intéressant, mais il ne faut pas attendre après les subventions les prêts donneurs, etc. Nous on a eu de la chance nous sommes tombés au bon moment, nous n’avons jamais eu besoin de financement externe, ça a marché tout de suite pour nous et nous n’avons pas eu de soucis de trésorerie. Aujourd’hui encore nous sommes basés sur fonds propres, nous n’avons pas d’investisseurs privés, mais à terme ça ne devrait pas tarder à changer parce qu’à un moment il faut évoluer.

Les questions rapido

Vous êtes bouillant ?

On n’utilise pas cette expression, mais je pense quelle signifie la même chose.

Motivé ou déterminé ?

Déterminé.

Leader ou manager ?

Leader.

Argent ou pouvoir ?

Mer**.

Droite ou gauche ?

Droite.

Une musique qui vous motive ?

J’écoute du rock des années 70, Led Zeppelin  » Dazed and confused  » ou « Communication Breakdown ».

Pierre brute ou pierre polie ?

Brute.

Que pensez-vous de la citation de JFK : « l’art de la réussite consiste à savoir s’entourer des meilleurs » ?

« Ne demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, demandez ce que vous pouvez faire pour votre pays.  » Je trouve que celle ci de JFK également est plus pertinente.

Je dirai qu’il faut plutôt trouver les personnes correspondants au contexte, dans une équipe c’est le savoir faire et savoir être, évidemment on cherche pas des bras cassés, mais l’intégration dans un élément est très importante.

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Photos réalisées par notre photographe, Fabien Rouire, retrouvez son travail sur son site et sur sa page Facebook !

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