Nous avons rencontré Sébastien Hordeaux et Jérôme Introvigne dans les locaux d’Etincelle Victor Hugo à Toulouse. Tous deux entrepreneurs aguerris, respectivement fondateurs d’Étincelle Coworking et de Skiller, ils nous ont présenté leur nouvelle société FrenchWork. Le coworking à la française !

Avec le développement du télétravail et du coworking, ils ont créé une plateforme permettant aux free-lance, indépendants et salariés d’aller travailler quand ils veulent dans les restaurants. Découvrez leur nouveau concept, leur vision de l’entreprise et du monde du travail dans cette interview.

15h25m24s-3Q0A3316 Ca signifie quoi pour vous Crescendo ?

Sébastien Hordeaux : La croissance ? Quelque chose comme ça non ?

Jérôme Introvigne : Oui, il y a ça avec une tonalité intéressante.

Pourquoi entreprendre ?

S.H : Pour dépasser ses limites.

J.I : Pour vivre sa vie, tout simplement. Quelque chose comme ça.

Est-ce que vous avez une définition de ce qu’est un entrepreneur ? Ou alors les qualités qu’il faut ?

S.H : C’est quelqu’un qui a envie, en étant dans l’action de faire avancer un projet qui lui importe. Après, il y a tout le champ de qui il est, qui est peut être très tourné vers lui, très tourné vers les autres, vers la société oui vers une direction qui est importante pour lui. C’est quelqu’un qui veut être dans l’action et qui va faire avancer un projet qui lui est personnellement important.

Tu valides cette définition Jérôme ?

J.I : Oui, j’aime bien l’idée. Pour moi, ça va plus loin que ça, parce qu’une entreprise, c’est une bulle avec ses propres règles et ses propres valeurs. Entreprendre pour moi, c’est créer une bulle dans laquelle on peut faire vivre des valeurs assez différentes de celles qu’on vit dans la société humaine. Des valeurs qui s’imposent à nous.

Quel a été le moment le plus excitant dans vos vies d’entrepreneurs ?

J.I : Avant l’entreprise. Vraiment, c’est le moment où on imagine le concept, où on le déploie, où on le torture ; avant même de proposer finalement à des clients potentiels ou à des partenaires potentiels.

C’est à dire la construction ?

J.I : Oui, imaginer et concevoir.

S.H : Il y a ça aussi et il y a l’élément charnière que tu sens à cet instant-là, ce qui est en train de se passer. Et je pense qu’avec l’expérience, tu le sens de mieux en mieux. Que ce qui va sortir de là, ça va dessiner le prochain chemin qui va guider tes trois, quatre, cinq, dix prochaines années. Et ce sont ces trois secondes là en fait.

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On va parler de vos parcours respectifs par rapport à l’entreprise, se focaliser plutôt sur ta partie sur « Etincelle », comment t’en es arrivé là, « Skiller » et après vous deux, « FrenchWork ».

J.I : Notre rencontre s’est fait autour de l’informatique. Même si c’est né effectivement de Skiller et de la confrontation à la réalité parce que quelque part, il y a une dimension complètement virtuelle dans Skiller, ce côté réseau social. En ligne c’est parfait mais il y a une volonté des acteurs de se rencontrer, de se voir, de se toucher etc. Au-delà de ça, je pense que je n’aurais jamais monté FrenchWork si avant, je n’avais pas vécu Poult et cette volonté de participer à la réinvention du travail. C’est vraiment ça l’idée, c’est de se dire : « Il faut qu’on fournisse des bureaux qui sont pas chers, hyper sympas à des gens qui travaillent dans les nouvelles technologies, qui sont nomades, qui sont entrepreneurs, freelances, etc.

S.H : Moi, c’est pareil. Etincelle, c’est l’étape d’avant où j’avais une boîte de création de logiciel et c’est sur Skiller qu’on s’est rencontré en donnant un coup de main, en apprenant à se connaître, en échangeant sur les problématiques que j’avais et puis les ennuis qu’avaient Jérôme. A la fois, lui d’accompagner les mutations dans le travail et moi, les difficultés très opérationnelles, où trouver des lieux sympas à des budgets raisonnables. Voilà, la connexion s’est faite en disant : « Mais il y a des lieux sympas qui sont vides la moitié du temps et qui ont besoin de business ».

Du coup, quand vous vous êtes rencontrés, tu n’avais pas « Etincelle » encore.

S.H : Si, on s’est rencontrés il y a moins d’un an, je pense. Ça devait être février, quelque chose comme ça.

J.I : Oui, début d’année. Et quatre mois après, on montait la boîte. On était faits pour se rencontrer. Du coup, effectivement, c’est allé très vite. Quatre mois après, on montait FrenchWork.

Quelles sont vos relations, tous les deux ? Etes-vous complémentaires ? Comment vous réagissez ? Vous répartissez le travail ?

S.H : Grosso modo, tout ce qui est stratégie et commercial, c’est plutôt Jérôme pour tirer les grandes lignes et tout ce qui est plutôt technique, c’est plutôt moi, sachant que les limites ne sont pas si nettes que ça.

J.I :  Il y a assez peu de limites si ce n’est que je ne sais pas coder. Mais il n’y a surtout pas de volonté de territorialiser la boîte et de dire : « Ça c’est ta partie, ça la mienne ». Là, on a pleins d’appels entrants de restaurateurs, il n’y en a pas un qui a dit : « Tiens, ça, c’est moi m’en occupe et pas l’autre ». C’est en fonction des disponibilités de chacun.

S.H : La qualité de notre relation est d’une humanité qui fait que ça se passe vraiment bien et c’est ce qui a permis que ça se crée aussi vite. Il y a un profond respect de l’un et de l’autre, de la personne au-delà des lacunes ou des manques. On n’est pas parfait, on le sait. On le respecte et on a envie de tracer ce morceau de route ensemble. Il arrivera ce qu’il arrivera.

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Pourquoi FrenchWork ? Quel est le pitch ?

J.I :  C’est exactement ce que je disais tout à l’heure. On est en pleine transformation ou mutation du monde du travail. On aura 35 ou 40% de freelances dans 5 à 10 ans en France. C’est une vague incroyable. Ces gens-là bossent chez eux à 80% de leur temps. Moi, ça fait un an ou deux quasiment que je bossais sur Skiller, la grande majorité du temps, j’étais chez moi et je fréquentais assidûment les bars, les restaurants, les terrasses, etc.

C’est le premier budget de Skiller depuis deux ans, la première ligne budgétaire parce que ce sont des lieux de rencontres, de convivialité qui sont aussi pour moi des lieux de travail. Je ne supporte pas de bosser entre quatre murs blancs. Après l’interview, je vais partir en courant.

Déjà, les deux ou trois dernières années chez Poult, j’étais au bureau 25 ou 35% du temps grand maximum. Je pense qu’effectivement, le rôle des chefs d’entreprise aujourd’hui, ce n’est pas d’être dans son bureau et de produire, c’est vraiment être en contact avec le monde, d’être le représentant de son entreprise dans son écosystème. Tout ça mixé, ça fait effectivement l’idée que demain, on travaillerait tous au resto. J’en suis assez convaincu parce que ce sont des endroits qui sont incroyablement aptes à recevoir des gens qui travaillent avec ces nouvelles approches du travail où l’ordinateur représente l’usine, tout simplement. Ce sont des lieux autour desquels se sont créées certaines villes ou autour desquels sont créées des communautés.

Ce sont encore des lieux de rencontre. Dès qu’il se passe des choses intéressantes dans le milieu professionnel, on va faire un dîner d’affaires, on va tous bosser au resto. Et à l’heure de la nouvelle économie effectivement, toutes ces places vides- ce sont les meilleurs emplacements de la ville systématiquement-, sont exploitables. FrenchWork, c’est juste de se dire : « Il y a de la place vide et il y a des gens qui ont besoin de place, qui n’ont pas vraiment de bureau, qui ont besoin de sortir de la cuisine ». On va pouvoir trouver un bon mix, mailler les deux assez facilement.

C’est super riche. Je n’aurais sûrement pas imaginé FrenchWork si je n’avais pas été confronté à Sébastien et ses problématiques de foncier. Sur un espace de coworking, 40% du budget, c’est le mètre carré, alors qu’on a des mètres carrés qui sont disponibles gratuitement partout dans la ville.

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C’est là où je veux en venir pour la question suivante. Vous êtes les fondateurs respectifs d’Etincelles et de Skiller . Quel est le lien entre Etincelles, Skiller et FrenchWork ?

J.I :  C’est une offre complémentaire qui a du sens par rapport à nos parcours respectifs, qui ne vient ni empiéter sur ce qu’est Skiller ni empiéter sur ce qu’est Etincelle, mais qui vient vraiment maximiser, proposer une solution complémentaire et qui ne sera pas exclusive de la même façon que les espaces de coworking ne sont pas exclusifs, ni les bureaux privatifs. C’est un élément de plus, et on est de plus en plus à avoir plusieurs activités et à les faire dans des environnements différents. On vient juste ajouter une corde potentielle à ton arc.

Quelle place vous avez accordé à l’échec, dans vos carrières respectives ?

J.I :  Chez Poult, je disais que c’est moi qui avais planté le plus de projets dans la boîte. Je le revendiquais haut et fort juste pour le dire aux gens. Parce qu’évidemment, ce sont des sources d’apprentissage, des multiplications de compétences dans les entreprises. Moi, je n’ai vraiment aucun souci avec ça, si ce n’est avec ma propre psychologie personnelle. Mais pas avec l’échec et sa représentation sociale.

S.H : Moi, c’est moins présent. J’ai cette manie d’empiler les trucs. Toutes les boîtes que j’ai ouvertes sont encore là. Après, il y en a qui n’ont pas beaucoup d’activité, mais du coup, je suis plutôt dans la mutation donc transformer des choses et d’en rebondir et passer l’étape d’après même si je suis aussi d’accord que les meilleures leçons d’apprentissage sont quand ça ne marche pas

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Comment vous voyez l’avenir ? Comment vous voulez développer les grandes lignes ?

J.I :  Ces six derniers mois, on a appris énormément de choses sur ce marché du coworking. On s’est rendus compte que c’est un marché incroyable réduit, qui a très peu de couverture en France. A Toulouse, je pense qu’il y en a 400 et à Paris, on va être à quatre ou cinq mille, quelque chose comme ça, ce qui en fait un micro-business. Il y a 16 millions de salariés dans le secteur marchand en France. Donc là, on n’est même pas sur le pourcentage, sur le 1%, c’est vraiment ridicule. Sur le marché du télétravail, plus pour les entreprises, c’est pareil, c’est balbutiant. J’ai la chance d’intervenir auprès des DRH de grands groupes sur ces sujets-là, quand ils sont à 3 ou 4% de télétravail, ils sont contents aujourd’hui. On a les assises sur le télétravail qui vont s’ouvrir en janvier. On va enfin avoir des stats par branche, je suis curieux de voir ce qui va sortir mais ça ne va pas être mirobolant.

Déjà, on a appris ça. On a appris que le travailleur indépendant n’avait pas beaucoup d’argent, qu’il avait de vraies restrictions budgétaires et qu’il était à l’euro près sur l’ensemble de ses dépenses. C’est super intéressant aussi puisqu’effectivement, je pense qu’il y a un potentiel de coworkers beaucoup plus grand à condition de baisser de façon très significative les prix.

On a aussi appris qu’il y avait 75 000 restaurants en France et qu’il y en avait beaucoup qui étaient prêts à accueillir des travailleurs nomades pour le coup. C’est impressionnant le nombre d’appels entrants de propositions de partenariats qu’on a toutes les semaines. Même des hôtels cinq étoiles sur la côte d’Azur, des restaurants très bien évalués en plein cœur de Paris, d’hôtels dans le sixième arrondissement .

Pour répondre à la question, le plan développement va être sûrement de viser du haut de gamme sur les lieux de réception et du très accessible en termes de prix. Donc, de réussir à varier les deux et faire vraiment bénéficier du fait que les mètres carrés soit quasiment gratuits, qu’ils sont déjà existants, il y a déjà du chauffage et de la lumière. Donc finalement, essayer de faire baisser les prix de façon très significative pour que n’importe qui puisse aller bosser dans un resto très sympa et pas très loin de chez lui. Ça c’est la dimension plus business, après il y a une dimension plus territoriale.

S.H : Il a des enjeux environnementaux parce que mine de rien, quand tu regardes le nombre de personnes qui font une heure de trajet matin et soir, qui n’est pas forcément nécessaire ; c’est aussi une solution pour répondre à ces aspects-là. Recréer du lien, que ces deux heures par jour, il les passe avec sa famille ou avec ses amis, ou à d’autres choses qui vont aussi l’épanouir professionnellement.

Il y a en plus la dimension purement pollution. On est tous les deux urbains, on est tous les deux en centre-ville. Je suis catastrophé par l’état de l’atmosphère des villes. Là on a vu les épisodes récents, on en parle parce que c’est là, mais c’est toute l’année qu’on bouffe ces microparticules et toute l’année qu’on a des voitures avec une seule personne qui se déplace matin et soir. L’enjeu aussi, c’est effectivement, de balayer le territoire et demain, avoir une zone de travail qui soit à quelques centaines de mètres de chez vous, ça veut dire que vous allez y aller à pieds mais pas en voiture. Je pense que c’est vraiment important. En tout cas, ça l’est pour moi.

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Quels conseils vous donneriez à de jeunes entrepreneurs qui veulent se lancer aujourd’hui ?

J.I : Il faut parler à de vieux entrepreneurs. D’échanger. Je fais un peu de mentoring de startupers. J’accompagne quelques startups ; une dizaine peut-être cette année à qui j’ai filé des conseils. Plus ceux avec qui je peux passer deux heures comme ça, que je ne compte pas.

L’ambition et l’humilité vont bien ensemble en fait. En général on n’a que l’un ou que l’autre. Ce sont peut-être les défauts de la jeunesse mais je les invite à venir se frotter à ceux qui ont un peu plus d’expériences parce qu’ils ont plein de choses à apprendre, tout simplement. Je suis très surpris de voir des jeunes personnes de 22, 23 ans qui ne sont pas encore sortis de l’école et qui, dans leur discussion, disent : « Je veux mettre à disposition d’une entreprise, toutes les compétences que j’ai acquises » alors qu’ils n’ont quasiment pas de compétences.

Ils ont beaucoup de connaissances mais très peu de compétences au sens où elles ne sont pas applicables. C’est dommage. Toutes les semaines, j’ai une startup qui veut se lancer sur réorganiser les entreprises et bosser avec le CAC 40 ; aucune n’est allée voir à quoi ça ressemblait. C’est juste ça, venir se frotter à des gens qui sont confrontés à ces sujets et à ces problématiques, cela ferait gagner un temps de dingue.

S.H : Arrêter de croire qu’en en parlant, on va leur apprendre à y arriver. Parce que tous ceux qui sont dans l’action, ils ont suffisamment d’idées pour ne pas se rajouter celles des autres. Ces gens-là sont hyper contents d’échanger dans l’instant parce que ça va nourrir aussi leur propre projet. C’est comme quand tu tailles des pierres, tu as des éclats. Ce sont ces éclats-là qui vont l’intéresser, qui ne servent en rien le projet de l’entrepreneur.

J.I :  Pour l’anecdote, on a commencé à parler de FrenchWork sur Skiller deux bons mois avant de lancer et en toute transparence. Qu’est-ce qui empêchera un professionnel d’aller travailler dans un restaurant et à quel prix. En toute transparence, le concept était sur Skiller. Il y avait 10 000 ou 15 000 vues avant de lancer l’entreprise. Il n’y a personne qui s’est dit, tiens c’est une idée géniale, je vais la piquer. Si, peut-être à New York, à Sydney ou à Amsterdam parce que c’est là qu’on a des concurrents. Mais en France, personne ne s’est dit « je vais me jeter dessus ». De toute façon, on l’a fait en deux mois.

Vous êtes implanté où aujourd’hui ? Et quelles sont les prochaines ouvertures ?

S.H : Toulouse, Paris et après il y a de la prospection active sur Bordeaux et Nantes.

J.I : Comme je le disais, il y a un relancement de FrenchWork en début d’année avec un nouveau site internet, nouveau pricing, nouvelle offre de prix, etc et on va en profiter très probablement pour ouvrir Nantes. On ne va pas vous le dire aujourd’hui, mais il y aura sûrement deux, trois autres villes plus ou moins grandes qui seront présentes parce qu’on a des propositions de restaurants qui sont assez géniaux, qui sont hyper bien placés dans les petites villes.

Je pense à Reims, à des petites villes qui ne sont pas dans les dix grandes métropoles dans lesquelles on va être présents d’ici la fin de l’année prochaine. Au-delà des dix premières villes françaises, il y a pas mal de villes de 100, 200 000 habitants dans lesquelles il y a des restaurants qui sont très bien placés à côté de la gare, qui nous ont proposé leurs services. Assez rapidement, on va ouvrir cette possibilité.

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Est-ce qu’il y a des contacts et est-ce que vous comptez développer tout ce qui est station balnéaire et stations d’hiver ?

J.I : Un superbe hôtel à Juan-les-Pins par exemple, qui nous propose ses services. Il sera sur FrenchWork assez vite. Parce que c’est quand même sympa de bosser à côté de la piscine avec une plage privée pas loin.

C’est aussi ça. C’est de se dire qu’on peut avoir accès à des lieux d’exception. Si vous regardez AirBnB, ils ne vous disent pas où vous pouvez trouver un deux-pièces dans Paris. Ils vous disent, vous pouvez louer une péniche ou un château. On a aussi besoin de lieux qui sont vraiment emblématiques. Un lieu de plaisir, de convivialité, mais pas de lieu de travail, mais qu’on peut détourner juste au moment de travailler. Mais l’enjeu, c’est déjà d’être présent dans les dix plus grandes villes françaises parce que c’est là qu’il a le potentiel aujourd’hui de télétravailleurs et de coworkers.

Après, on a besoin d’un maillage national parce que notre offre a pour principal avantage d’être dans la proximité et donc de s’adresser à des travailleurs nomades qui vont être à Toulouse un jour, à Paris le lendemain. L’idée c’est que tu aies un abonnement qui te permette d’aller partout en France, sur l’ensemble des restos. D’ailleurs les espaces de coworking internationaux sont en train de faire des pass avec accès à l’ensemble de leurs lieux de coworking partout le monde.

Est-ce que vous pensez à l’international pour le moment ?

J.I : Ce n’est pas impossible qu’on aille dans une grosse ville espagnole qui n’est pas très loin. Il y a un vrai potentiel dans toutes les villes, mais on n’a pas encore trouvé complètement l’adéquation entre notre offre et les attentes des coworkers.

Il va peut-être y avoir un léger pivot en termes de pricing et de services ? 

J.I :  Oui, aujourd’hui on s’adresse à des travailleurs nomades. On est très opportunistes dans notre offre commerciale. 10€, une demi-journée, vous venez comme vous voulez. C’est très ponctuel. Tout ce qu’on a appris de nos espaces de coworking, c’est quoi ? Il y a des patrons de l’espace. Il y a des gens qui sont là tous les matins, qui font l’état d’esprit, qui font le lieu. C’est cela qu’il faut qu’on aille chercher prioritairement aujourd’hui.

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Quelle place vous accordez à la réactivité ? Vous avez plusieurs fois évoqué que vous l’aviez fait en deux mois, très rapidement.

S.H : A la fois, on est sur une plateforme web où on attend la réactivité dans les réponses. On est sur internet et donc, il y a une attente des prospects, des clients, de réactivité. C’est un critère important. A côté de ça, on est aussi dans une appli où il y a assez peu de barrières. Du coup, il faut occuper le terrain.

J.I :  Après dans les bonnes pratiques… Sur Skiller, je suis allé voir la BPI et je m’étais dit qu’on pouvait faire la chose ensemble, etc. et ils m’ont demandé si je pouvais faire une étude de marché pour évaluer le potentiel de mon entreprise. Je leur ai dit que je suis en train de faire l’étude de marché parce que j’ai lancé le site et c’est comme ça qu’on va savoir s’il y a un potentiel de business. Là, on n’a pas fait cette bêtise. On n’est pas allé voir la BPI, on a mis le site en ligne.

On a invité des journalistes. On leur a dit « Venez déjeuner, on a un nouveau concept à présenter ». Ça a très bien fonctionné. Pour le coup, ce n’était pas là qu’était le sujet et la volonté, c’est vraiment d’être sur le marché. C’était vraiment d’être sur le terrain. Comme je le disais tout à l’heure, on a appris 1000 choses depuis six mois. On n’aurait pas appris ça si on n’avait pas été confronté à la réalité du terrain ou les discussions qu’on avait avec des restos, avec des hôtels, avec des gens qui nous appellent, les clients qui viennent nous voir, qu’ils reviennent ou qu’ils ne reviennent pas.

Nous avions lu un article sur les différences entre les startups en France et aux États-Unis où ils expliquaient qu’aux États-Unis, il y avait énormément de prototypes qui étaient lancés pour tester le marché. Au bout de six mois, voir un an, ils peuvent pivoter, mais avant il y a eu des testeurs. Et ce que tu dis, c’est un peu ça. Vous l’avez lancé très vite, à l’état de prototype, ce qui a permis d’être dans l’action immédiatement. Et là, il va y avoir un léger pivot ou en tout cas, une réorganisation pour trouver la bonne solution.

J.I : Pour moi, ce n’est pas un pivot. On a lancé un bêta, on a appris plein de choses et il est temps de passer à l’alpha. C’est aussi bête que ça.

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Est-ce que vous êtes bouillants ?

S.H & J.I : Je crois qu’on sera bouillants à la rentrée. Je suis très impatient de voir cette relance. Pour le coup, autant on a lancé le bêta comme une bouteille à la mer, autant là on commence à bien maîtriser l’autre partie, je pense que ça va être plutôt sympa. Bouillants, parce que l’enjeu, c’est qu’en six mois, on ait levé des fonds pour accélérer. Parce que comme le disait Sébastien, il y a peu de barrières à l’entrée donc il va falloir aller très vite.

Motivé ou déterminé ?

S.H & J.I : Déterminé.

Leader ou manager ?

S.H & J.I : Surtout pas manager. Leader j’espère en termes d’opinion.

Vos derniers sms ?

S.H : « Je ne suis pas dispo. Je te rappelle ».

Est-ce que vous avez un livre à nous conseiller ou qui vous a inspiré ?

J.I :  Je suis en train de lire « Zero to one » de Peter Thiel sur justement la croissance des startups et de la nouvelle économie. Je ne suis pas sûr de le conseiller parce qu’il est parti conseiller Trump. On fait beaucoup de la politique dans l’entreprenariat, au sens noble du terme. Peut-être un bouquin de Dantec qui nous a quittés l’année dernière. De Maurice G. Dantec, au choix, je dirais Babylon Babies. Parce que justement c’est un projet de la société du futur. C’est un peu alarmant mais je trouve que c’était un visionnaire.

S.H : Un classique, Le Petit Prince

Un film ? 

J.I :  Je ne suis pas du tout cinéphile. Ce sera un film d’animation « Ratatouille ».

Une musique qui vous motive ?

S.H : Deadmau5 avec un morceau en particulier, Raise your weapon.

J.I :  Matthieu Chedid, prenez le titre que vous voulez !

Pierre brute ou pierre polie ?

J.I : Polie.

S.H : Polie aussi. Je dirais même taillée.

Quand vous arrivez sur le blog, on a une citation de Kennedy : « L’art de la réussite consiste à savoir s’entourer des meilleurs ». Qu’est-ce que vous en pensez ?

J.I : Trois petits points et de s’oublier soi-même.

S.H : Je l’annoncerais en disant : ceux qui deviendront les meilleurs.

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Photos réalisées par notre photographe, Fabien Rouire, retrouvez son travail sur son site, son Flickr sur sa page Facebook !