Le Lundi 2 mai 2016, Crescendo a rencontré à Vitré, dans sa permanence parlementaire, l’actuelle Députée de la 5ème circonscription du d’Ille-et-Vilaine. Ancienne cadre du secteur privé, elle fut durant des années l’assistante de l’ancien Ministre Pierre Méhaignerie et est aujourd’hui vice présidente du parti politique Les Républicains et conseillère départementale du Canton de Vitré. Nous avons souhaité la rencontrer car elle représente l’exemplarité. En effet, Elle fait partie des plus actives à l’Assemblée Nationale avec pas moins de 192 interventions en commissions, 675 amendements signés et 25 propositions de loi signées. Enfin elle est considérée comme celle qui, avec Pierre Méhaignerie, ont combattu et on vaincu le chômage ! Seulement 5% sur la circonscription de Vitré. Portrait d’une femme forte, simple, intelligente et qui œuvre pour l’intérêt général.

13h40m04s--3Q0A6669Pour vous, que signifie Crescendo ?

C’est quelque chose qui est progressif et qui va plutôt vers le haut ! C’est une progression, ça monte crescendo, vers le meilleur. Pour moi c’est un mot positif qui pousse à aller de l’avant et à faire bouger les choses.

Pourquoi  vous êtes vous investie en politique ?

J’ai fait Sup de Co, donc je me destinais plutôt à travailler dans le privé. J’ai travaillé pendant cinq ans dans la production audiovisuelle, j’étais commerciale dans une petite entreprise à Paris. Quand mon contrat à durée déterminée s’est arrêté, j’ai vu que le CELSA (école de communication de la Sorbonne) proposait une formation en communication des collectivités locales, domaine que je trouve passionnant. J’ai donc passé le concours, j’ai été prise, ce qui m’a permis d’intégrer le CELSA en formation continue. Je suis donc très favorable à la formation tout au long de la vie, parce que cela m’a permis de rebondir après le chômage.

J’ai eu un stage à faire en 1992/1993 et comme j’étais originaire d’Ille-et-Vilaine j’ai envoyé mon CV au Conseil Général présidé par Pierre Méhaignerie, où j’ai été embauchée. Après un bref retour par la case chômage, j’ai été recontactée par Pierre Méhaignerie car il cherchait quelqu’un pour travailler au cabinet du Maire ainsi que comme assistant parlementaire à mi-temps. Je me suis dit qu’il fallait le tenter, j’ai donc quitté Paris pour revenir en Bretagne. J’ai commencé mon contrat à mi-temps qui s’est transformé en temps plein au bout de quinze jours. C’est pour ça que je dis souvent aux jeunes d’aujourd’hui, qu’il faut essayer, même quand ce n’est pas un CDI à vie. 80 % des embauches aujourd’hui se font en CDD.

Je pensais que j’allais rester environ trois ans, mais finalement ça a duré 19 ans ! J’étais son assistante parlementaire en circonscription, un poste qui est différent de celui d’assistant parlementaire à Paris. Ensuite, je me suis présentée une première fois aux élections régionales en 2004, sur une liste. Quand on se lance en politique c’est plus confortable de commencer par là, plutôt que d’engager directement sa personne. J’avais vendu du film d’entreprise, mais se vendre soi même c’est loin d’être la chose la plus facile. Nous avons perdu les élections, donc je n’ai pas été élue parce que j’étais assez loin dans la liste, mais c’était quand même une belle expérience.

13h56m27s--3Q0A6737En 2008, le conseiller général de Vitré, qui ne voulait faire qu’un seul mandat, est venu me voir en me proposant de me présenter, donc j’ai fait une campagne sur mon nom. J’ai été élue au second tour, tout en restant l’assistante parlementaire de Pierre Méhaignerie, mais j’ai pu exister par moi-même avec ce mandat de conseillère générale, hélas, dans l’opposition.

En 2012, quand Pierre Méhaignerie a décidé, après 39 ans, de ne plus être député, il m’a dit de me présenter car il considérait que j’étais la plus qualifiée grâce à mes 20 années d’expérience auprès de lui. J’ai accepté tout en sachant que ce serait difficile de conserver la circonscription, car c’est toujours compliqué pour les candidats qui ne sont pas de la même couleur politique que le Président de la République qui vient d’être élu. J’ai tout de même été élue au second tour avec 55% des suffrages exprimés.

J’ai un vrai appétit pour servir, servir mon pays, servir ma région, mon territoire. Tout cela est né dans les grandes manifestations, c’est souvent dans ce genre d’évènements que l’engagement politique naît. Ma première manifestation, c’était la défense des écoles libres en 1984.

Je suis un pur produit de l’enseignement catholique et je trouve que la première des libertés pour les parents est de pouvoir choisir l’école de leurs enfants. Il y avait un risque en 1984 que ce choix disparaisse, alors que pour moi cette notion de liberté de choix est absolument fondamentale ! C’est vraiment ce qui porte mon engagement politique. Dans la vie il y a des personnes qui ont plus de chances à la naissance pour choisir, pour avoir cette liberté, donc pour moi le rôle du politique c’est d’ouvrir des opportunités à ceux qui n’en n’ont pas a priori. C’est le sens de mon engagement.

13h44m52s--3Q0A6684Votre vision de votre rôle de Député ? Vous êtes une des députées les plus actives, c’est aussi pour cela que nous souhaitions vous rencontrer.

Les députés ont trois principales missions : nous votons les lois, nous contrôlons le gouvernement, c’est en ça que je suis assez active car je suis dans l’opposition et enfin nous avons un rôle d’animateur pour le développement de notre territoire.

Sur le travail de législateur à proprement parler, j’attache beaucoup d’importance à étudier en profondeur les sujets et notamment mes sujets de prédilections qui sont ceux liés à la commission des affaires sociales. Les affaires sociales et me passionnent : on y parle de santé, d’emploi, de formation. C’est également cette commission qui examine le budget de la sécurité sociale. J’essaie donc d’être très présente sur ces textes là. La commission des affaires sociales est une des commissions qui travaille le plus, au même titre que la commission des lois et que la commission des affaires économiques. Je m’intéresse également à d’autres textes, mon territoire est industriel et agricole, donc je dois être présente sur ces sujets.

En ce qui concerne le contrôle du gouvernement, je fais partie de ceux qui activent tous les leviers du contrôle. Le contrôle passe par la séance de questions d’actualités le mardi et le mercredi, mais enfin ça c’est un peu le spectacle… J’ai un peu fait le buzz il y a quelques semaines, malgré moi (rires) ! Je ne pensais pas que ça allait faire autant de bruit, mais comme d’habitude le ministre de l’agriculture ne m’a pas écoutée donc c’est sorti comme ça. La séance des questions d’actualités est un moment très particulier, tout le monde sait que nous sommes filmés donc la majorité pose des questions de mise en valeur du gouvernement, tandis que l’opposition pose des questions plus virulentes. Ensuite, il existe également ce qu’on appelle les questions orales sans débat, le député pose sa question directement à un ministre. En général ce sont des questions très précises en lien avec des problématiques de nos territoires. Enfin, il y a les questions écrites qui sont envoyées à un ministre qui a deux mois pour nous répondre.

J’essaie également de faire de la pédagogie sur mon territoire, je trouve que cela très important. Vendredi dernier, j’ai organisé un débat sur la loi travail pour expliquer aux gens ce qu’il y avait réellement dans cette loi. Ils en entendent parler à longueur de journée à cause des manifestations, mais qu’en retiennent-ils ? Les interpellations, la casse et les slogans… J’ai fait ce travail et je me suis rendue compte que la plupart des gens découvraient le contenu de la loi. J’aime bien, ça c’est mon côté Sup de Co, avant d’examiner une loi à l’assemblée, réunir des gens ici. Je soumets la loi à de petits panels, ils me disent ce qu’ils en pensent et je garde le verbatim. Je défends donc mes positions en reprenant des exemples qui m’ont été donnés, évidemment j’ai mes convictions donc comme les avis peuvent être diamétralement opposés, je n’en reprends pas l’intégralité. Une fois la loi votée, je retourne voir les mêmes panels pour voir comment la loi se met en application sur le terrain.

13h55m47s--3Q0A6735Quelles sont vos propositions pour faciliter l’accès des jeunes à l’emploi ?

Pour que les jeunes s’insèrent correctement dans le monde professionnel, il faut tout d’abord que notre système éducatif soit performant et ça commence dès la maternelle. On entend parler de réformes du primaire, du Lycée, puis du collège… On ne sort jamais des cycles de réformes, mais on n’obtient jamais de résultats, donc il y a quand même un petit sujet. Je fais beaucoup confiance à l’alternance, pour que dès 15 à 16 ans, on puisse avoir accès à la pratique et au théorique.

Vient ensuite la formation et pour qu’il y ait une bonne formation, il faut une bonne orientation. Comment voulez-vous savoir ce que vous voulez faire si vous n’avez pas connaissance du champ des possibles ? Je pense qu’il faut vraiment détailler les opportunités, faire des visites d’entreprises, discuter avec les professionnels. C’est un gros travail qui peut se faire à l’échelle d’un territoire, il n’y a pas besoin d’une loi pour ça !

Il faut également changer les regards que les chefs d’entreprises peuvent avoir sur les jeunes et inversement. Ici, nous avons fait un gros travail de « confrontation » entre jeunes et chefs d’entreprises, dès lors que les gens se parlent, chacun essaie de se comprendre et de faire un pas vers la vérité de l’autre.

Enfin, la revalorisation de certains métiers qui recrutent est aussi essentielle. Les jeunes ne vont pas dans l’industrie par exemple, peut-être à cause de l’image de l’industrie présentée dans Zola ou autres, alors que ce n’est plus comme cela à l’heure actuelle. Les salaires sont souvent meilleurs que dans les services et il y a des savoir-faire magnifiques dans l’industrie, mais on parle peu des entreprises du secteur qui fonctionnent… Il faut valoriser les initiatives qui marchent pour donner envie aux jeunes !

Évidemment je n’oublie pas les jeunes qui ont été abîmés par la vie, qui n’ont plus de solidarité familiale, qui ont eu de grandes difficultés dans leur enfance. Ceux qu’on appelle les décrocheurs. Je pense que les pouvoirs publics doivent se donner les moyens de les aider, y compris financièrement. C’est pour ça que je pense que la garantie jeune est une bonne formule parce qu’on accompagne les jeunes. On les coache pendant six semaines pour qu’ils retrouvent confiance et qu’ils puissent ensuite se lancer mais c’est donnant-donnant.

13h52m48s--3Q0A6721Le développement régional de l’apprentissage, bilan des discussions et vos propositions ?

A l’arrivée de François Hollande au pouvoir en 2012, il y a eu une grande promotion des emplois d’avenir et des contrats de génération. Pendant que cette promotion avait lieu, on a complètement laissé tomber l’apprentissage et l’alternance. L’apprentissage ayant été laissé de côté, les entrées en apprentissage ont baissé pendant deux ans.

Or, quand vous allez en Allemagne vous voyez que c’est ce qui fonctionne le mieux. Je sais que ce n’est pas dans nos traditions, mais quand j’observe votre génération grâce à mes quatre garçons, je vois bien que vous avez de besoin faire tout en apprenant. Si vous ne comprenait pas l’application de la théorie, vous décrochez.

Depuis 2015, le gouvernement tente de relancer l’apprentissage et l’alternance notamment depuis les régionales, car la formation professionnelle et l’apprentissage sont des compétences des régions. Je crois en la capacité des régions de ce saisir du sujet, mais pour que ça fonctionne il faut que les entreprises soient associées. Ce sont les entreprises qui créent les emplois, qui connaissent les formations qui vont déboucher sur des emplois durables pour les jeunes, donc il ne faut pas que ce soit uniquement l’administration et la région qui décident. Je vais assez loin en me disant qu’il faudra rapprocher lycées professionnels et CFA, même si ce sera compliqué. En tout cas, j’ai bon espoir car nous avons remporté huit régions lors des dernières élections et je fais confiance à des personnes comme Valérie Pécresse, Xavier Bertrand ou Bruno Retailleau pour travailler dans le bon sens, d’autant plus que le gouvernement est allé dans toutes les régions pour signer des conventions sur l’apprentissage. Je pense que concrètement des choses vont être faites maintenant.

J’insiste encore une fois sur l’orientation qui sera là aussi essentielle. L’orientation reste très liée à l’éducation nationale, qui n’est pas toujours en relations avec le monde de l’entreprise, les branches professionnelles ou les régions. Je pense que tout le monde doit se mettre autour de la table, que le pilotage reste régional est une bonne chose.

13h55m42s--3Q0A6733Quelles sont vos propositions pour une réforme du RSI (Régime Social des Indépendants) ?

Le RSI est un vrai sujet, j’ai organisé une réunion au moment où il y avait beaucoup de manifestations autour de ce thème. Au départ c’était une bonne idée de fusionner les caisses pour que les indépendants aient un guichet unique. Mais le problème, depuis le début, c’est que les systèmes informatiques étaient incompatibles. Il y a aussi un problème de luttes de pouvoir entre institutions et entre personnes qui coûte cher à tout le monde !

Cette affaire a très mal tourné, il y a eu des drames, des suicides, comme dans l’agriculture. Donc j’ai soutenu plusieurs initiatives au niveau national, notamment celle de Bruno Le Maire qui a fait tout un travail avec Julien Aubert pour produire une proposition de loi intéressante. Il y a également deux députés socialistes qui ont fait un gros travail qui leur avait été demandé par le gouvernement en vue de faire des propositions pour améliorer le système, c’est le rapport Bulteau/Verdier, nous les avons soutenus. J’avais organisé une réunion en circonscription avec le président régional du RSI, c’était assez chaud… Petit à petit nous faisons remonter nos propositions, il y a des choses qui s’améliorent au fil du temps, mais vous avez encore des gens qui sont en grande difficultés et des relations pas très humanisées entre les indépendants et l’institution. Les gens qui s’installent veulent plus d’humain, être accompagnés lorsqu’ils démarrent comme indépendants, ne serait-ce qu’un rendez-vous pour expliquer comment ça va se passer.

14h23m43s--3Q0A6753Parlez-nous de la loi territoires zéro chômeurs de longue durée ((re)découvrez notre article sur cette loi), qui est exemple de coopération entre la majorité, l’opposition et la société civile. Pourquoi cela se produit si peu ? Comment la mise en place de cette loi se fera sur votre territoire ?

Pourquoi ça se pratique si peu… Je le déplore car quand une mesure est bonne il faut savoir le dire et les français nous attendent là-dessus. Dans ce cas précis, ça c’est correctement passé parce que c’est une proposition de loi et une expérimentation. Il se trouve, en plus, que ce projet est porté par ATD Quart Monde depuis des années et cette association est très écoutée par la droite et par la gauche.

En plus, j’ajouterai que Laurent Grandguillaume et Dominique Potier sont des députés qui sont constructifs, qui ont compris le monde de l’entreprise et qui ne sont pas des idéologues, parce qu’il y eu a des deux côtés. Il se trouve aussi que quand nous avons examiné cette proposition, Mme El Khomri venait d’être nommée ministre et c’est la première fois que je voyais un ministre écouter l’opposition en prenant des notes… Alors là, formidable ! (Rires).

Cette loi a été très travaillée avec différents acteurs, ATD Quart Monde mais aussi toutes les associations qui œuvrent pour l’insertion sociale, donc il y a eu un gros travail de réalisé. Quand il y a autant de travail et que l’idée de départ est bonne, il serait mal venu de voter contre.

Il y a dix territoires expérimentaux dont un en Ille-et-Vilaine, donc j’ai demandé à être tenue au courant régulièrement de la mise en œuvre de l’expérimentation. Une loi qui propose d’interroger les acteurs de l’emploi d’un territoire pour recenser tous les demandeurs d’emploi de longue durée, pour les rencontrer, voir ceux qui sont prêt à l’emploi, pour essayer de trouver de nouveaux emplois pour eux, c’est une bonne idée !

J’avais simplement une réserve sur ces fameux nouveaux emplois, il ne faut pas que ça remplace des emplois existants, il ne faut pas que ce soit des contrats aidés classiques. Ce qui est bien dans cette loi, c’est que l’on va activer un minimum social qu’est le RSA, c’est l’idée fondatrice d’ATD Quart Monde.

Nous avons bien travaillé, cette loi a été co-construite, c’est marrant que vous preniez cet exemple car c’est la première fois que j’ai pris autant de plaisir à discuter intelligemment, dans le sens de l’intérêt général avec mes collègues députés. Il y a une nouvelle génération de députés qui semble avoir des réflexes différents de ceux de nos anciens. Souvent je dis à la tribune qu’il ne faut pas rejeter une proposition simplement parce qu’elle vient de l’opposition ! Vous savez parfois certains sont d’accords avec vous à la buvette puis changent d’avis une fois dans l’hémicycle ! J’en ai parlé plusieurs fois et on me rétorque : « Mme Le Callennec, ça a toujours été comme ça ! ». Je leur dit qu’il serait peut être temps de changer, d’être plus intelligents et de commencer maintenant.

13h46m05s--3Q0A6690La Maison de l’Emploi de l’Entreprise et de la Formation de Vitré, comment fonctionne-t-elle ? Pourquoi ce dispositif est si peu présent ailleurs ?

La clé du succès c’est quand tous les acteurs : citoyens, politiques, chefs d’entreprises, partagent les mêmes objectifs. C’est ce que je disais sur France Inter dans l’émission Un Jour en France : Vitré, la ville qui a vaincu le chômage et je rends hommage à Pierre Méhaignerie qui a créé pendant 40 ans un état d’esprit favorable à l’entreprise en ayant le souci de la compétitivité économique et de la cohésion sociale.

Ce dispositif a donc été créé par Pierre Méhaignerie au moment où Jean-Louis Borloo a lancé les maisons de l’emploi, il y en a eu jusqu’à 200 en France. L’idée était de réunir sous le même toit tous les acteurs de l’emploi et il est vrai qu’à Vitré nous sommes allés au bout de l’intégration en réunissant tous les services de l’emploi sans exception. C’est un chef d’entreprise qui préside la MEEF et pas un élu qui pourrait s’en servir pour son rayonnement personnel. Son directeur est également directeur de Pôle Emploi, donc il arrive à avoir une vision globale car il connaît tous les dispositifs et les fait partager aux chefs d’entreprises.

L’idée est de gérer les ressources humaines à l’échelle d’un bassin d’emplois et de faire ce que l’on appelle de la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences. C’est à dire qu’on prend en charge un chômeur dès qu’il est licencié pour lui présenter le champ des possibles. Soit des offres correspondent déjà et il peut être embauché tout de suite, soit il est mis au courant des formations complémentaires nécessaires pour répondre à une offre. On essaie d’obtenir une réactivité maximale.

13h46m54s--3Q0A6693A la Maison de l’emploi du pays de Vitré nous avons tout le monde sous le même toit : formation professionnelle de la région, pôle emploi, la mission locale et même le centre d’information et d’orientation (CIO), ce qui doit être unique en France. Le CIO travaille avec nous pour promouvoir l’apprentissage et pour inciter les enseignants à aller dans les entreprises avec leurs élèves. Nous avons également monté des stages où les entreprises reçoivent des enseignants et inversement. Quand je vous parlais des idées reçues des uns et des autres, les chefs d’entreprises n’ont pas toujours une bonne image des enseignants, donc nous proposons aux entrepreneurs des stages dans les collèges et les lycées. Il se crée alors une complicité entre les enseignants et les chefs d’entreprises, ce qui est tout à fait possible dans un bassin à taille humaine (environ 100 000 habitants) comme le notre.

Je pense que ce dispositif est transposable, à condition d’avoir tous les acteurs qui travaillent dans le même sens et un animateur hors pair comme Pierre Méhaignerie. Ce dispositif est difficile à lancer aujourd’hui car l’Etat réduit chaque année depuis 2012 les budgets alloués aux maisons de l’emploi. Cependant, Mme El Khomri nous a assurés que les budgets des maisons qui fonctionnent bien seraient maintenus.

Aujourd’hui nous servons d’exemple et je pense que nos pratiques peuvent s’étendre à toute la Bretagne, car nous avons une tradition de travail ensemble quelles que soient nos sensibilités politiques.

Les questions rapidoEst-ce que vous êtes « bouillante » ?

Oui assez, surtout sur les sujets qui me passionnent ! Je ne dirais pas « bouillante », mais passionnée c’est sûr.

Motivée ou déterminée ?

Les deux ! Motivée sur les questions que nous avons abordées et évidemment déterminée, je vous rappelle que je suis bretonne, basque et béarnaise (rires).

Leader ou manager ?

Les deux aussi mais ce n’est pas moi qui le dit. Manager parce que j’ai une équipe qui m’entoure et leader parce qu’il faut entrainer avec soi. J’ai toujours été déléguée de classe, capitaine de mon équipe de basket et maintenant je préside Les Républicains en Ille-et-Vilaine.

Argent ou pouvoir ?

Ni l’un, ni l’autre.

Droite ou gauche ?

De la droite et du centre. A l’origine j’ai adhéré au CDS (Centre des démocrates sociaux), c’est mon côté social.

Une musique qui vous motive ? 

En ce moment j’écoute en boucle le dernier album de Renaud. J’aime beaucoup Toujours debout ou j’ai embrassé un flic.

Pierre brute ou pierre polie ?

Pierre brute.

Que pensez-vous de la citation de JFK que nous utilisons : « L’art de la réussite consiste à savoir s’entourer des meilleurs » ?

Archi-vrai ! D’ailleurs en général en politique quand les meilleurs sont autour on essaie surtout de leur couper la tête, parce qu’un jour ils risquent de vous concurrencer. Ce que je ne fais pas… Je viens du basket, j’ai conservé mon esprit collectif. Ça me perdra sans doute… Mais je continuerai sur cette voie.

Photos réalisées par notre photographe, Fabien Rouire, retrouvez son travail sur son site et sur sa page Facebook !