Pour présenter très succinctement Jean Jaurès. Il faut savoir qu’il est LE symbole du socialisme. Il a été député du Tarn, fondateur du journal L’Humanité, et il s’est démarqué par son pacifisme et sa farouche opposition au premier conflit mondial qu’il sentait venir. Il a d’ailleurs été assassiné pour cette raison, au Café du Croissant à Paris, le 31 juillet 1914.

De nos jours, toute la classe politique s’approprie, cite et s’inspire de Jean Jaurès. Il y a tout d’abord, la minorité socialiste qui se revendique « gauche de la gauche », les socialistes plus traditionnels, mais aussi les centristes,  ainsi que Nicolas Sarkozy, et même Marine Le Pen ! D’ailleurs retrouvez sur le lien suivant, un florilège de ces politiques qui ne jurent plus que par Jaurès.

Pour ma part, je me suis attardé sur les propos donnés le 15 janvier dernier, au « Petit Journal » de Canal Plus, par l’actuel ministre de l’économie Emmanuel Macron.

A partir de la 6ème minute.

Emmanuel Macron : « Lisez Jaurès, ses tribunes, ses textes du XIXème et du début du XXème parus dans la Dépêche. Vous verrez qu’il est promoteur de la liberté individuelle, de l’entrepreneur, et qu’il défend celles et ceux qui prennent des risques et qui par le travail s’émancipent. Pour lui l’ennemi c’est le capital, le conservatisme, les rentes. »

Ni une ni deux, et comme étant curieux, j’ai donc commandé le livre.
Je vous fais par ici de mon ressenti
Cet ouvrage de plus de 900 pages, comporte exactement 1312 chroniques signées Jean Jaurès ! Une foule de thèmes y sont abordés mais j’ai choisi de me concentrer uniquement sur la tribune intitulée « Les misères du patronat » publiée le 28 mai 1890. Pourquoi ? Parce que Jaurès y évoque le mieux, la liberté individuelle, le rapport au travail, les petits patrons.
J’ai retranscrit 6 moments de l’article qui me paraissaient pertinents et sur lesquels j’aimerai insister.
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Cette phrase renvoie également vers Emmanuel Macron qui lors d’une émission sur RMC, face à Jean-Jacques Bourdin, le 20 janvier 2016, avait dit que « La vie d’un entrepreneur était souvent plus dure que celle d’un salarié ». Déclaration maladroite du Ministre de l’Economie. Je ne peux que l’encourager à citer celle de Jaurès.
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L’analyse de Gilles Candar dans son Essai « Jaurès et les patrons, le faux et le vrai » est à mes yeux saisissante et surtout très juste. Il écrit ceci « la première chose qui frappe à la lecture de cet article est à quel point le socialisme qu’il présente n’est pas un socialisme « marxiste » ou de « lutte de classes ». Pour Jaurès le socialisme a pour but de « régler les problèmes sociaux, dans un sens démocratique et populaire. C’est pourquoi il s’emploie à rattacher cet idéal à un effort d’émancipation et de réconciliation de l’humanité qui vaudrait aussi bien pour les ouvriers que pour la bourgeoisie d’entreprise. »
L’auteur Gilles Candar poursuit « La bourgeoisie, dont Jaurès salue fréquemment les qualités d’intelligence et de travail, libérée en quelque sorte de la recherche déshumanisante du profit, trouvera utilement à s’employer et à exprimer ses talents dans cette nouvelle organisation sociale. Jaurès n’oublie pas que la bataille politique et sociale n’a de sens que si elle est au service d’un idéal supérieur. C’est même cette absence de visée à long terme, de philosophie générale comme soubassement à la politique, qu’il finit par reprocher à ses collègues républicains. Et pour Jaurès, il ne faut pas réserver à quelques initiés sa conception d’ensemble du mouvement des choses et des idées, mais les communiquer au plus grand monde. C’est ce qu’il fait, par exemple dans La Dépêche. Et il le fera toujours, dans La Petite République et L’Humanité à Paris, comme dans La Dépêche à Toulouse, ou à la tribune de la Chambre des députés. Il réfléchit, s’explique, évolue aussi, mais sans se renier, avec toujours les mêmes objectifs d’ensemble en tête, mais s’adaptant au terrain, se renouvelant, gardant sa capacité d’action et de réflexion. Il serait vain et un peu ridicule de vouloir enfermer dans telle ou telle formulation, celui qui appelait à être fidèle au « foyer des aïeux » en prenant « la flamme » et non « la cendre » (Pour la laïque, 21 janvier 1910). Il est revigorant de le voir allier avec tant d’éclat la compréhension du réel et la quête de l’idéal.« 

Jean Jaurès a écrit dans la Dépêche du 14 octobre 1888 et sa tribune « La démocratie radicale » «Pour bien se comprendre, il faut d’abord se cogner un peu, en paroles bien entendu ». Jaurès développait une tactique que Macron emploie et utilise aujourd’hui, celle qui consiste à croire que la clé de la popularité durable réside dans le courage de l’impopularité immédiate.

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