Mounir Mahjoubi est depuis février président du Conseil National du Numérique. Parti de rien il a créé plusieurs entreprises, rencontré de nombreux succès mais aussi subi des échecs cuisants. Nous avons souhaité le rencontrer pour évoquer son parcours, ce qu’est le Conseil National du Numérique, mais aussi pour qu’il nous explique de façon pédagogique ce que veut dire et ce que nous et vous, simples citoyens, pouvons recevoir de l’open Data, du Data Mining. Vous l’avez compris, Mounir Mahjoubi est un homme au profil atypique, charmant et dynamique. Un homme en qui nous nous identifions : jeune, simple, hyper-compétent et ouvert aux autres ! La rencontre s’est effectuée le 2 mai 2016 à Paris, dans les locaux de BETC. Un lieu à la symbolique forte…

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Quelle est ta définition du mot : Crescendo ?

Si l’on fait une belle métaphore historique, Crescendo ça peut être la construction, l’accumulation par les hommes dans l’histoire, du progrès, de la volonté d’aller plus haut, toujours plus loin, se dire que nos vies s’inscrivent dans l’histoire de l’humanité et se dire qu’il faut que l’on apporte toujours un peu plus, un peu plus, un peu plus … C’est une question poésie, alors réponse poésie (rires…).

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Pourquoi as-tu voulu entreprendre, conduire des projets ?

Au tout début parce que je pouvais et surtout pour voir si je savais faire, j’avais une grande curiosité de voir comment les gens faisaient les choses. Quand j’étais petit je m’intéressais aux inventeurs, j’essayais de savoir comment les gens faisaient des machines et en grandissant cela s’est transformé en comment se créent les entreprises. Lorsque j’étais adolescent, il y avait une émission sur France5 qui s’appelait Business Humanum Est, ce qui veut dire le Business est Humain. C’est une émission qui décryptait l’économie à travers les coulisses des entreprises, des usines, et qui a été diffusée durant 3 saisons. Je la regardais tous les weekend. Comme l’émission Capital d’ailleurs. Donc dès que j’ai pu, à 19 ans j’ai créé ma boîte !

Tu peux nous en dire plus sur ton parcours ? 

J’ai commencé à travailler à 16 ans car je voulais voir à quoi cela ressemblait. J’étais très impatient de voir de l’intérieur du monde de l’entreprise. J’étais donc à l’époque chez Club Internet, premier fournisseur d’accès en France, j’étais technicien réseau. J’ai passé neuf ans là-bas, j’y suis resté de 16 à 25 ans. Lors de mon adolescence j’étais ce que l’on appelle aujourd’hui un geek. Je programmais. Ma grande sœur qui était standardiste dans cette entreprise me disait qu’elle côtoyait énormément de personnes qui comme moi adoraient l’informatique. C’était en 1999 et c’était incroyable, il n’y avait plus personnes de disponible sur les compétences internet. Personne. Celui qui savait faire quelque chose était tout de suite projeté ingénieur et pour accéder à un poste il fallait faire un test de compétences. C’est comme ça que je suis rentré. En deux ans nous sommes passés d’une structure amatrice à quelque chose d’automatisé. C’est à cette période que je suis devenu Délégué Syndical, à 18 ans à la CFDT, chez Club Internet. Ce rôle m’a permis de faire un peu comme vous, c’est-à-dire de rencontrer des personnalités politiques, des entrepreneurs…

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C’est à ce moment là que tu as créé ta première boîte ?

Exactement et ça a bien foiré, j’ai d’ailleurs perdu toutes mes économies. Je faisais des Stickers muraux vous savez des Stickers décoratifs. J’étais allé en acheter une fois, j’avais trouvé cela assez cher, alors j’ai regardé comment je pouvais en fabriquer, je me suis rendu compte que ce n’était pas trop compliqué, alors avec huit amis nous nous sommes réunis. Nous étions neuf au capital et c’est ce qu’il ne faut jamais faire ! Si vous voulez créer une boîte quatre c’est déjà beaucoup… L’aventure a duré deux ans, nous avons vendu un peu plus de mille stickers mais cela ne couvrait pas les fonds. Et pour la petite histoire la boîte était juste à coté d’ici. Après cela je n’ai plus eu peur de rien car je me suis rendu compte que cela n’est finalement pas si compliqué de créer une entreprise. Nous avons échoué mais cela a été un déclic pour moi. Dès ce moment là je n’ai plus eu peur ! En parallèle à tout cela je continuais mes études parce que j’étais persuadé que pour avoir de la légitimité, pour être écouté, il fallait avoir des diplômes. J’ai donc été salarié, syndicaliste, entrepreneur et étudiant.

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Comment as-tu rebondi ?

A la fin de mes études, j’ai stoppé mon activité chez Club Internet et j’ai monté ma deuxième entreprise : Mounir et Simon. Mais je dois vous avouer que Simon n’existe pas… J’ai crée ce personnage pour ne pas que l’on s’imagine que j’étais tout seul…. C’était une boîte de Conseil en innovation,  et une fois par mois j’organisais un événement à Paris qui s’appelait « Sentier Open House Apéro ». Il s’agissait d’un apéritif, à 19h, qui avait lieu dans une start-up et j’invitais énormément de personnes que j’avais rencontré dans des endroits différents qui eux même venaient avec des amis etc… Et chaque mois une entreprise différente nous accueillait et offrait l’apéritif. C’était à chaque fois dans le quartier du Sentier à Paris  qui est LE quartier d’origine des Start-up depuis maintenant quinze ans. Aujourd’hui c’est un peu partout mais à l’origine tout se faisait là-bas. Cette aventure m’a fait rencontrer énormément de personnes et j’ai même eu Google comme client. J’ai réussi à leur vendre « Start-up café » qui était une plateforme en ligne d’éducation pour les startuppers. Grâce à cela j’étais payé par Google et cela m’a permis de rencontrer énormément de dirigeants de start ups, d’aller dans les écoles, faire tourner des vidéos, créer des événements, tout cela pendant trois ans. En même temps et grâce au financement obtenu, avec mon ami Marc-David Choukroun qui lui pour le coup existe vraiment (rires) et que j’avais rencontré à 16 ans au Lycée, nous avons souhaité créer quelque chose ensemble. Il faut savoir que Mounir et Simon était hébergé dans ses locaux et que lui avait une entreprise en parallèle. Nous sommes donc allés tous les deux en weekend au Havre, un weekend fantastique : sous la pluie, gris, dans le dernier hôtel libre.. (rires). Nous avons bossé, avons fait des dessins, nous avons fait des work shop à deux, bref un gros week end de travail. En définitive nous avions deux options. La première était une sorte de recommandation basée sur les goûts, c’est-a-dire que le consommateur allait inscrire ce qu’il aimait et l’algorithme allait lui conseiller ce qu’il devrait consommer et acheter. Puis la deuxième option concernait un E-commerce de nourriture régionale. Nous rentrons à Paris je croyais à fond en la première option, je télécharge tout les articles scientifiques pour me documenter, et je me rends compte que nous n’avons pas le niveau mathématique suffisant… Nous ne comprenions rien. Comme nous n’avions pas fait une « prépa » en Mathématiques nous ne pouvions pas comprendre les formules afin de déterminer les goûts…

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Vous vous concentrez donc sur la deuxième option…

Voilà. Avec Marc-David nous avons fait le deuil, car si nous nous lancions dans cette option, nous n’avions aucun talent et il ne faut jamais créer quelque chose dans un domaine où l’on a pas de talent. Et puis lui a un nouveau client qui arrive, de mon côté, Google me demande de refaire une saison, donc nous laissons l’idée de côté. Mais je continue quand même à organiser les fameux événements. Et j’insiste, Mounir et Simon était une entreprise de Conseil en Innovation, donc je pouvais guider dans la création, l’architecture technique de projets etc. Et un matin je reçois un mail… Un mec qui me dit « Je ne sais pas trop si je dois t’écrire mais je le fais quand même … j’aimerai te rencontrer … j’ai un projet ». Moi j’ai toujours eu le cœur ouvert (rires), j’accepte de le rencontrer. Il s’agissait donc, vous l’avez compris, de Guillem Chéron… Et il me raconte exactement tout le projet de ce qui va devenir « La ruche qui dit oui ».

Comment as-tu réagi ?

C’était génial ! Toutes les idées que nous avions eu avec Marc étaient au ras des pâquerettes. Celles de Guillem étaient largement supérieures. Mais la question que je me posais,  était de savoir comment cela allait marcher ? Il m’a répondu sur internet. Mais il était complètement étranger au monde d’internet. Nous nous sommes donc revus le lendemain Guillem, Marc-David et moi, nous lui avons fait une proposition et surtout une présentation en lui faisant comprendre que c’était nous les meilleurs associés du monde !(rires). Et il a accepté. Voilà donc l’histoire de « La ruche qui dit oui ! » qui est devenu une entreprise commerciale, qui développe et met à la disposition des agriculteurs-producteurs et des artisans une plateforme Internet dévolue à la vente en circuit court de leur production agricole, alimentaire et agroalimentaire. Mais le message important quand je raconte cette aventure, c’est un message d’amour et de fraternité. Si tu ne vas pas voir les gens, si tu ne rencontres personnes que tu ne t’ouvres pas aux autres, rien ne peut arriver !

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Venons-en au Conseil National du Numérique. De quoi s’agit-il et quel est son rôle ?

Le CNNum existe parce que le numérique est compliqué et que cela touche tout ! Lorsqu’il a été créé, le but était de se dire qu’aujourd’hui le gouvernement, le parlement, les experts politiques, les élus locaux etc, bref que tout le monde n’est pas complètement armé pour comprendre et développer à la fois les sujets numériques mais aussi les sujets économiques. Mais aussi pour tenter de comprendre pourquoi et comment le numérique impacte tous les sujets et tous secteurs.

Nous travaillons sur trois domaines bien particuliers. Tout d’abord sur l’économie numérique, qui représente l’économie des start up, des entreprises du numérique. Puis nous travaillons également sur les grandes questions en matière de cryptologie, de droits des données personnelles etc. Et enfin sur le sujet du travail, de l‘inclusion sociale, de l’enseignement supérieur, sur les PME… Durant mon mandat de président nous n’allons pas faire de rapports sur l’économie numérique car honnêtement cela à été très bien traité ses trois dernières années. Aujourd’hui tout le monde adore les start-up, Macron y consacre un temps incroyable… Et en définitive dès que des personnes font des choses supers, nous, nous ne servons plus à grand chose dans ce domaine là, donc nous n’insistons pas. En ce moment cela travaille bien sur les Start-up donc nous travaillons sur l’économie traditionnelle et sur des questions purement expertes du numérique.

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Combien y-a-t’il de personnes mobilisées sur le CNNum?

Il y a 10 permanents qui sont diplômés de sciences politiques, des avocats, des économistes, des ingénieurs et 30 bénévoles membres experts. Je précise que je suis également bénévole, nous sommes tous des experts du numérique, nous avons tous entre quinze et vingt ans dans le numérique. Il y a des chercheurs, des professeurs, des patrons de petites start-up, des patrons de grosses start-up et des salariés de grands groupes en charge du numérique, La Poste, La Société Générale etc. Nous représentons à peu près tous les types d’expertises du numérique possibles. Notre rôle est de donner des avis, une vision, tirer la sonnette d’alarme si la France ne prend pas la bonne direction, quelles sont les opportunités, les difficultés… Nous sommes consultés, nous donnons un avis, qui ensuite est suivi ou pas… Pour la loi travail nous avions fait un très long rapport qui n’a pas été suivi (rires).

Existe-t’il des antennes régionales ?

Le CNNum est conçu pour être l’organe d’influence du gouvernement et du parlement. Dans les membres nous représentons toute la France. Nous sommes en gros, une moitié de parisiens et l’autre moitié est représentative de toute la France. Beaucoup de parisiens car les très grandes boîtes sont basées sur Paris. Mais nous essayons d’être le plus représentatif possible, bien que Toulouse et Nantes soient aussi bien représentées, avec 6 personnes. Mais pour répondre à la question, il existe un département qui a créé le Conseil Départemental du numérique, c’est le 93, Seine Saint-Denis.

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Qui peut le créer ?

Une collectivité de chaque département ou encore la région. Mais j’aime beaucoup l’idée du département car il s’occupe de sujets plus sociaux liés au numérique. Par exemple, le président du 93 réunit le représentant numérique de la CAF, des mairies, du département et il s’inquiète de savoir si toutes les personnes du département peuvent accéder aux démarches en lignes, comment s’occuper des plus exclus du numérique… C’est une initiative géniale !

Une partie de la population est plus ou moins exclue du numérique, certains le sont définitivement car ils n’apprendront jamais ou alors très tard, notamment en raison de l’âge. Que faut-il faire pour mieux les accompagner ?

Le CNNum ne s’est pas positionné collectivement là-dessus. Mais j’ai une conviction personnelle. Nous soutenons Emmaus connect et nous faisons un double constat. Dans l’exclusion numérique, il y a ceux que l’on pourra former, qu’il faut accompagner et là il faut une démarche volontaire, d’identification, d’orientation. Lorsque les personnes ont toutes les possibilités pour pouvoir apprendre mais qu’elles n’y arrivent pas c’est qu’elles n’ont pas eu au moment de leurs parcours scolaires ou professionnels les moyens de le faire, il faut que facilement, il puissent avoir accès à des modules de formations par les mairies etc. Il faut que cela soit facile, gratuit et immédiat. Mais cela n’existe pas encore et il y a une grosse demande… Mais il y a aussi les hyper-exclus, à cause de l’âge du handicap de la maladie. Ceux sont des personnes qui ont besoin d’avoir un interlocuteur pour échanger. C’est là où il faut absolument avoir une démarche de médiation numérique engagée.

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Un exemple ?

C’est arrivé à ma maman et c’est pour cela que cela m’a rendu fou ! Entre 60 et 63ans, comme elle, des personnes viennent chercher un relevé de carrière pour connaître le moment de la retraite. Les employés et les ouvriers qui ont 60 ans aujourd’hui, n’ont jamais touché à un ordinateur au travail ! Et ma mère arrive et à la CNAV à Paris et on lui dit : « ah mais non Madame on ne fait plus l’accueil, il faut que vous fassiez le relevé en ligne et ensuite il vous faut prendre un rendez-vous en ligne. » C’est terrible.  Envoyer des personnes âgées, sur internet, qui ne savent pas où aller, comment faire… Et c’est le vigile qui devait annoncer ça aux personnes. Le vigile n’est pas payé pour faire de la pédagogie à des personnes âgées. C’est ce qui ne va pas. Et le Conseil Départemental du 93 a fait un vrai travail de ping pong, d’orientation. Quand quelqu’un vient, mon service propose la médiation du numérique. Il ne faudrait pas fermer des guichets sans donner une alternative aux personnes ! Emmaus connect travaille sur ce sujet là.

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Depuis ton installation en février, raconte nous tes premiers travaux ?

Le tout premier était sur l’enseignement supérieur, qui était en réalité l’héritage d’un travail qui avait démarré avec l’ancien conseil. Le sujet était comment apporter des billes pour accompagner l’anciennement supérieur dans la transformation numérique. Très prochainement nous allons également rendre une recommandation pratique, une sorte de Playbook, un livre avec les meilleures pratiques internationales, une matrice sur cinq grand axes qui permet à chaque université de lancer une consultation locale avec les étudiants avec les professeurs, avec la direction et de faire un diagnostic afin d’établir une stratégie numérique sur les cinq ou dix prochaines années et qu’ils puissent faire une demande de financement. Car traditionnellement les universités les mieux dotées sont celles qui obtiennent le plus d’argent. C’est une chaîne horrible, plus l’université est petite moins elle a de compétences digitales moins elle sait demander moins elle obtient. Alors que Dauphine ou Science-Po obtiennent chaque année 20 ou 30 millions d’euros sur le financement du digital. Enfin le prochain travail que nous remettrons en juin, sera sur les transformations numériques des PME. Spécifiquement nous allons traiter des sujets de la commercialisation, avec comme problématique, comment aider les PME françaises à mieux et plus vendre sur internet, grâce à internet, en France et à l’étranger. Pourquoi cela ? Très simplement parce que nous sommes partis les derniers en Europe et cela n’est pas acceptable pour un pays comme le nôtre. Nous sommes en train de lancer un grand audit pour tenter de comprendre ce qui se passe afin d’apporter des solutions.

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Existe t’il des CNNum européens ? Faut-il en créer ?

Quelle actualité ! Justement je viens de passer la semaine à Bruxelles, avec nos amis allemands qui ont également un Conseil National, où j’ai rencontré les deux commissaires européens en charge du numérique qui sont Günther Oettinger et Andrus Ansip. Et donc hier (ndlr le 1er mai) nous avons annoncé que nous souhaitions la création d’un conseil numérique européen ! La réponse a été positive et avant de créer cela, nous allons organiser un rendez-vous européens des Conseils du Numérique. Rendez-vous en septembre, à Bruxelles.

De façon simple et pédagogique peux-tu nous expliquer ce qu’est l’open data ?

Ce sont deux choses: la philosophie et le rendu réel de ce que l’on fait avec.

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La philosophie c’est ce qui différencie les pays qui sont prêts à être transparents et à raconter tout ce qu’ils ont et,  tout ce qu’ils font avec notre argent, aux pays qui n’ont pas envie que les citoyens sachent ce que le gouvernement fait. L’open data c’est un grand représentant philosophique et matériel de la transparence d’un état. Un état qui n’a rien à cacher à ses citoyens, qui les lie, doit ouvrir ses données. Tout doit être disponible pour les citoyens. Comment donner aux personnes, d’avantage d’accès à la décision politique aux données politiques et au parcours de créations des règles de droits, des règles politiques. Puis il y a la partie matérielle. Si l’on veut que cela soit utilisé par des personnes, et c’est là où c’est compliqué, car peu de personnes les utilisent. D’ailleurs vous avez déjà télécharger un fichier d’open data ?

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Non…

Moi j’en ai déjà fait pleins. Il s’agit d’énormes fichiers sales qu’il faut un peu nettoyer, qu’il faut un peu corriger, et surtout il faut leur trouver une utilité ! Car ce n’est pas facile..  C’est pour cela qu’il faut des personnes qui intéressent à ses sujets là, et c’est souvent des entrepreneurs qui vont dire « moi avec ça je peux augmenter mon application sur tel sujet, je peux créer un service grâce à cela etc.. ». Mais cela peut aussi s’appliquer aux associations citoyennes, voilà j’ai envie de prendre ses données, pour savoir sur mon territoire comment est utilisé l’argent dans tel ou tel domaine. Pour moi ce qui est le plus important d’un côté c’est l’idée de philosophie et de l’autre c’est l’hyper-utilité. Malheureusement il existe des administrations qui n’ont pas envie de partager leurs données. Aujourd’hui cela change, mais tout est dans des gros PDF de façon non normalisée, comme cela ils sont sur que personnes ne peut faire un traitement automatique derrière… J’avais fait une application, quand la Mairie de Paris s’était mise à l’Open Data, ils avaient libéré les résultats des bureaux de votes de tout Paris. J’avais fait quelque chose qui s’appelait « De quel bord est mon quartier ? ». C’était une application géolocalisée  qui prenait les résultats des bureaux de votes et on pouvait dessiner une carte de Paris en fonction de la couleur politique. Mais pour faire cela, il a fallu que je retraite à la main, un tiers des données.

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Enfin sur le même principe, qu’est-ce que le Data Mining ?

Data Mining c’est plein de choses et c’est très intéressant. Mais c’est un point particulier qui pose problème aujourd’hui. Généralement Data Mining cela veut juste dire : La capacité d’aller chercher dans d’énormes quantités de données des éléments intéressants et donc chercher des choses que l’on ne s’attendait pas à trouver. Parce que l’on me donne énormément de données, parce que j’ai d’énormes capacités de calcul, je suis capable de trouver des corrélations entre des sujets que je n’avais jamais imaginées.  Ce qui veut dire que je peux relancer une piste de recherche en fonction de cette corrélation. C’est cela qui est magique avec Data Mining. Et pour la recherche, le Texte Data Mining, le TDM, permet de scroller, de chercher, 3 millions d’articles scientifiques sur un sujet, par exemple cancer du poumon. Cela avale tous les articles du monde entier qui ont été publiés là-dessus mais je ne sais pas ce que je cherche… Et là cela va me donner 5 ou 6 corrélations dont une qui est que telle molécule réagit dans telle expérience avec telle autre molécule. Aucune des expériences n’avait abouti à cette conclusion, mais grâce au Data Mining, des nouvelles expériences vont être lancées. Et cela, c’est interdit aujourd’hui dans le droit français. C’est pour cela que je me bats, à Bruxelles, au sénat encore il y a deux semaines, car pour pouvoir faire ce que je vous ai raconté là, il faut réunir tous les articles en un seul endroit, c’est-à-dire, chez le chercheur. Mais si l’on réalise le rassemblement des données des éditeurs jusqu’à celui du chercheur cela s’appelle une copie privée de la structure de la base de données. C’est protégé par le droit d’auteur et les éditeurs interdisent ce processus et sont protégés par la loi. Nous avions tenté lors de la dernière loi de faire passer un article qui aurait obligé les éditeurs pour la recherche publique sur fonds publics. Donc vraiment pour l’intérêt général… même en payant leur abonnement ! Les Japonnais le font, les États-Unis le font et cela permettrait de trouver des choses incroyables ! C’est pour cela que nous nous battons sur le TDM et c’est pourquoi nous y croyons très fort.

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questionsrapido

Es-tu bouillant ?

Je suis bouillant toute la vie !

Motivé ou déterminé ?

Les deux.

Leader ou manager ?

Quand tu as 32 ans, que dans ton conseil tout le monde à 20 ans de plus que toi et qu’ils sont tous experts, il vaut mieux être un bon manager

Argent ou pouvoir ?

J’ai atteint l’âge de paix. J’ai eu assez d’argent, j’ai eu assez de pouvoir, maintenant je veux la joie.

Droite ou gauche ?

Gauche, gauche, gauche !

Une musique qui te motive ? (Retrouvez la playlist Crescendo)

Je pense que vous n’avez pas envie de connaître les morceaux… J’aime bien « la Reine des neiges » Libéré, Délivré, mais je vais vous donner le morceaux qui fait le moins honte (rires)… Alors depuis quelques jours, je réécoute en boucle tout Diam’s. A l’époque c’était vraiment quelqu’un de bien. Un morceau en particulier … « Génération non, non » (La boulette). Une femme formidable avant de devenir folle.

Pierre brute ou pierre polie ?

Brute.

Qu’est-ce que tu penses de la citation de JFK que nous utilisons : « L’art de la réussite consiste à savoir s’entourer des meilleurs » ?

C’est la seule vérité ! Au-delà du fait de s’entourer des meilleurs, il faut aussi savoir s’entourer des justes. Je crois qu’il faut les meilleurs mais aussi les valeurs !

Photos réalisées par notre photographe, Fabien Rouire, retrouvez son travail sur son site et sur sa page Facebook !