Nicolas Daragon, Maire de la ville de Valence dans la Drôme, Vice-président du Conseil Régional Auvergne Rhône-Alpes, Président de l’Agglomération Valence Romans Sud Rhône-Alpes.

Vendredi 27 février, Nicolas Daragon nous recevait dans son bureau de l’Hôtel de ville de Valence. 45 minutes d’échange riche et instructif. Nous l’avons interrogé sur son engagement, sa ville de Valence, mais surtout sur des thèmes que nous traitons chaque semaine dans notre Blog. L’économie, l’entrepreneuriat, l’emploi, la proximité et la sécurité. Pourquoi lui ? Parce que nous estimons qu’il porte des projets intéressants et sert l’intérêt général plutôt que sa propre personne. Et parce que nous voulons sortir des clivages politiques et trouver ce qui ce fait de mieux (en l’occurrence) à droite comme à gauche !

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Qu’est-ce que ça représente pour vous Crescendo ?

Progresser… Gravir.

Pourquoi entreprendre ? Quelle est votre définition d’un entrepreneur ?

Pourquoi entreprendre ? Pour être indépendant déjà et je crois que le moteur principal d’un entrepreneur est de se réaliser. Donc par une initiative ou une idée originale, un entrepreneur va créer son activité. Ce qui démontre la pertinence de son idée et permet de créer de la valeur mais aussi de créer de l’emploi.

Vous avez personnellement entrepris, vous avez monté votre société. Pourquoi l’avoir fait, sachant que vous étiez déjà engagé en politique ?

J’ai toujours été un salarié d’institutions, qui étaient à la fois assimilées  à des structures publiques, et donc dans l’esprit des gens subventionnées à 100% alors que ce n’était pas le cas. J’ai donc toujours agi comme un entrepreneur. Par exemple, quand j’ai dirigé Valence Tourisme il y avait 400.000€ de budget et 120.000€ de subventions et quand je suis reparti, il y avait 1.700 000€ de budget et 120.000€ de subventions. Donc je me disais que j’avais toute ma place dans le champ de l’entreprise. Par ailleurs, j’avais fait une école de commerce qui m’invitait à investir ce secteur, j’étais dans une période où il fallait que je trouve un boulot et ce ne pouvait être qu’à l’extérieur de Valence. J’ai eu plusieurs opportunités, à Mulhouse, à Avoriaz… Il aurait fallu que je quitte Valence, mais en vérité, je n’ai jamais souhaité partir de ma ville. Alors j’ai crée ma boîte. Une boîte dans le conseil et la prise de participations. Allant du conseil en stratégie, aux ressources humaines ainsi que des prises de participations dans l’immobilier et dans la distribution alimentaire, où il s’agissait là plus d’investissements.

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Nous en venons à la politique. Pourquoi votre engagement ?

C’était mon ADN. Ça veut dire que dès que j’ai été en âge de m’engager pour le collectif je l’ai fait. C’était au collège ou au lycée, j’étais délégué de classe, puis président d’associations étudiantes Droit-Eco, enfin de l’Association Valentinoise des Etudiants. Un jour, le député de l’époque, Patrick Labaune, devenu Maire par la suite, m’a proposé d’être sur sa liste et j’ai dit oui. Alors que les racines familiales étaient peut-être un peu plus à gauche. Mais j’étais d’avantage attiré par le projet municipal puis je me suis pris au jeu. Sur l’action locale, on voit vraiment se concrétiser nos projets, on prend une décision, elle se concrétise, on la voit se réaliser.  C’est la grande différence avec l’action nationale et c’est pour cela que cela ne m’attire pas vraiment. Du coup en 2001, je suis devenu adjoint au Maire et en 2004, Conseiller Départemental. Puis, quand on gagne des élections et que l’on est soutenu par la population, on veut aller plus loin, c’est  presque euphorisant. Le moteur, c’est donc l’ADN. Cette envie de concrétiser des projets et le contact avec la population qui est hyper motivant.

Votre rôle de Maire ? Comment le vivez-vous ?

C’est toujours difficile d’être « Maire » car les gens attendent beaucoup de vous. Cela va des détails du quotidien à des choses parfois insurmontables où il faut apporter des réponses. Être Maire, c’est être rassembleur, trouver des idées au service de la collectivité et faire avancer la société. C’est apporter du concret au quotidien, c’est s’adresser à toutes les générations, tous les quartiers, toutes les CSP. Donc ce mandat de Maire, c’est sans doute le mandat le plus passionnant qui existe. C’est le meilleur !

En 2008, Quand le PS prend la municipalité de Valence, comment vous-êtes vous installé chef de l’opposition à cette période là ?

Tout naturellement. La tête de liste a démissionné, la numéro deux de la liste pourtant ancien Maire, a elle aussi démissionné. Quant à moi j’étais dans les cinq premiers, j’étais le seul  à toujours  être Conseiller Départemental, j’avais 36 ans, c’était dans la logique des choses. Finalement le leadership en politique n’est pas si compliqué. Il vient soit de l’onction des dirigeants d’un parti politique, soit du travail et de la population. La première option n’est pas à mon avis  la meilleure des solutions, car cela signifie que l’on n’est pas choisi par les citoyens. J‘ai été élu Conseiller Départemental dans un canton détenu par la gauche, dans une vague de gauche, avec 56% en 2006. Je pense que j’avais de la légitimité. J’ai été réélu en 2011 avec une vague de gauche encore plus puissante et j’ai fait 58%.  On remarque que j’ai encore progressé et par ailleurs je me suis investi dans mon travail. Je n’étais pas dans l’opposition juste pour faire du théâtre ou de l’opposition systématique ! Je travaillais mes dossiers, je les connaissais et je dois dire que mon prédécesseur m’a donné beaucoup d’occasions de manifester des vues différentes. Disons que nous n’avions pas les mêmes idées sur l’évolution de Valence.

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Qu’est-ce qui est pour vous le plus excitant dans la conduite de projets, qu’ils soient privés ou politiques ?

Le plus excitant dans la conduite de projets, est la perspective de les voir se concrétiser. Par exemple, lors des réunions publiques de quartier (des réunions qui n’existaient pas avant), il y a jusqu’à 200 personnes dans la salle qui attendent que je leurs présente l’état d’avancement des projets. Lorsque je leurs dis que cela fait 30 ans qu’on leur a promis un palais des congrès et que cela démarrera  en 2018, dans le mandat, tout comme le centre aqua-ludique et  la grande médiathèque et la rénovation du site de Latour Maubourg  qui seront finalisées durant le mandat… Ce qu’il y a de plus grisant, c’est de voir les projets se concrétiser et c’est ce qu’il y a de commun avec la position de chef d’entreprise. Enfin le plus gros parallèle est, même si bien sûr on est entouré, c’est le chef de l’exécutif qui prend la décision finale. C’est exactement la même chose pour un chef d’entreprise. Au moment où il prend des décisions stratégiques, il est seul. C’est lui qui les assumera. Si cela marche, il en sera le bénéficiaire, si cela ne marche pas, il en paiera les pots cassés.
Je suis très admiratif des chefs d’entreprises et je n’ai pas ce discours du bashing systématique du chef d’entreprise. C’est très dur d’être entrepreneur, c’est aussi très dur d’être responsable d’un exécutif. Mais l’image du Maire est celle qui est la moins abîmée dans le monde politique pour l’instant. Sans doute que ce parallèle est présent dans l’esprit des citoyens.

Vous l’avez évoqué juste avant, la proximité. Pourquoi cette volonté ?

Dire aux gens que l’on est proche d’eux, c’est l’être réellement. Ce n’est pas une bouteille que l’on jette à la mer. On n’attend pas qu’elle revienne au bord, on agit. C’est pour cela que j’ai mis en place une réunion par quartier et par an. On sait très bien que si j’invite mes concitoyens à venir à la mairie, ils seront beaucoup moins nombreux que si nous leur disons « venez dans la salle à côté de chez vous. »

Quel public rencontrez-vous ?

Dans ces réunions publiques, il y a des jeunes, des moins jeunes, des personnes très âgées. Un panel de valentinois assez représentatif.

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Ces réunions étaient-elles promises dans votre campagne ?

Exactement, elles font partie de mes engagements de mandat. J’en ai pris 100 que nous tenons progressivement. C’est d’ailleurs ma bible. Le programme se trouve tout le temps sur le bureau et je regarde tous les jours l’état d’avancement. J’avais pris l’engagement d’aller auprès des administrés pour trois raisons : la première, leurs rendre compte du travail effectué dans l’année écoulée, la seconde, leurs annoncer ce qui est programmé dans l’année à venir et enfin, avoir leurs avis sur l’évolution de leur quartier et leur ville. Ensuite, s’ils veulent me rencontrer pour des sujets plus personnels, ils peuvent se rendre aux permanences. Nous avons depuis 2014, reçu 4 000 personnes ! Nous faisons également des petits déjeuners citoyens en bas des immeubles tous les mois de juin. Nous donnons ainsi l’occasion aux gens, d’avoir un autre horaire pour venir nous voir. Et enfin, nous avons les comités de quartier.
Tout ça pour dire que la démocratie participative est un sujet dont certains parlent beaucoup… Nous, nous avons  choisi de la mettre en œuvre. Mes prédécesseurs en avaient beaucoup parlé.  Ils avaient une minorité écologiste qui militait beaucoup pour la démocratie participative. Elle avait réussi à créer un poste de chargé de mission derrière chaque placard mais en réalité n’en faisait pas. Il y avait des élus référents pour les quartiers qui étaient incapables de répondre aux questions car trop spécialisés… Je préfère que l’on ait des permanences spécialisées ici, avec des réunions de quartier qui fonctionnent d’ailleurs très bien.

Après 8 réunions, le premier bilan ?

C’est la deuxième séquence et j’ai déjà une idée assez précise de ce qui se produit dans ces réunions. Ce qui évolue, c’est la vision que nos concitoyens ont de leur ville. Évidemment, je fais un bilan extrêmement positif parce qu’il y a du monde; que les gens sont contents. J’ai déjà été interrompu par des applaudissements, c’est plutôt encourageant. Ces réunions permettent d’avoir un certain nombre d’idées et de voir comment les gens voient vraiment leur quartier. Enfin, cela permet de mesurer le niveau d’inquiétude de nos concitoyens et la réalité de cette inquiétude.

Les questions de sécurité sont-elles abordées ?

Il y a des quartiers, comme celui du Plan, où des porches d’immeubles sont squattés. Cela ne va pas du tout, car les gens se font agresser. Donc, j’avais réunion le 16 février : le 22 et le 24 février, une semaine après, il y a eu deux opérations de police (la police nationale et la police municipale) pour mettre un terme à ces agissements. On tire des idées, on prend des mesures immédiates sur l’évolution de certains quartiers. Globalement tout est extrêmement positif. Tout se passe très bien.

Vous avez instauré des Travaux d’Intérêts Général pour les délinquants. 

Là aussi, dès le début du mandat, dans les 100 premiers jours, nous avons pris une délibération pour que le procureur de la république soit informé. Nous voulions rajouter 10 postes de Travaux d’Intérêt Général aux 3 déjà existants au sein des services municipaux. Lorsqu’il y a des peines qui peuvent être réparées par des TIG, le parquet fait cette réquisition et les magistrats n’hésitent pas. Nous sommes autour de 6-8 postes pourvus à 80%, ce qui est pas mal. Les gens réparent leurs actes mais heureusement, il n’y a pas « suffisamment » de dégradations des biens collectifs de la ville pour que l’on ait autant de postes ouverts.

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Au niveau de l’économie et de l’emploi. Une de vos mesures était la création d’une cellule emploi.

La cellule emploi a été créée dans les 100 premiers jours après mon élection. Il y a une chargée de mission spécialisée dans ce domaine que l’on a débauché d’une agence de recrutement. Je ne voulais pas quelqu’un qui était du sérail politique ou un technicien qui travaille sur l’emploi et les statistiques. Je voulais quelqu’un qui sache faire du recrutement, trier des candidatures, s’adresser aux entreprises pour avoir des offres d’emplois et les mettre en contact. Elle a reçu à ce jour 1 400 personnes et en a placé 400, ce qui correspond à un taux de concrétisation qui est quand même pas mal, surtout dans la période que l’on traverse. Je pense que nous avons un meilleur taux que Pôle Emploi ce qui veut dire que cela se justifie d’avoir cette cellule.

Sur l’Agglomération dont vous êtes le président ? 

Sur l’agglo, il y a plusieurs cellules emplois qui se sont mises en place. Comme cela a fonctionné à Valence, l’idée a été suivie à Portes, Bourg, Romans, tout le monde en fait. Chacun s’adresse aux entreprises de sa commune. Mais je veux faire du sur mesure, je ne veux surtout pas créer un service de l’emploi au niveau de l’agglo où les gens iront sur un site délocalisé, à Rovaltain… Non, je veux que les gens qui cherchent un emploi voient toujours le même recruteur, toujours la même assistante pour pouvoir s’adresser à elle directement.

Quels sont les chiffres du chômage sur votre territoire ?

Aujourd’hui, nous sommes autour de 11%, le chômage se stabilise en ce moment sur Valence, on observe la création et l’installation d’un certain nombre d’entreprises à Valence. Cela fait d’ailleurs deux ans que l’on y travaille, on s’y était engagé. En Zone Franche Urbaine nous avons une boîte qui s’appelle Amplitude qui va créer 70 emplois cette année. Un sous traitant qui vient d’être racheté par Amplitude qui va créer une trentaine d’emplois, la quasi-totalité des terrains en cours d’aménagement de la zone de Lautagne ont déjà été vendus. C’est énorme car il y a du tertiaire, de l’industriel… Nous avons aussi la zone de La Motte, où mon prédécesseur avait eu la lubie de réserver cette zone à de l’activité portuaire, ce qui veut dire qu’il fallait utiliser la logistique portuaire pour pouvoir s’y installer. Quand je conseillais une société de 135 salariés, son installation y avait été refusée, ce qui est assez surprenant de refuser l’installation d’une entreprise !  Maintenant, nous avons ouvert le spectre, nous permettons à tout le monde de s’y installer. Les premières installations ont démarré, une grosse boîte de logistique envisage de venir… Donc concrètement, il y a des créations d’emplois, mais il y a aussi des destructions d’emplois, nous ne sommes pas épargnés par la tendance nationale. Un  équilibre relatif est trouvé. Mais nous ne sommes pas en bonne posture puisque la Drôme est le département d’Auvergne Rhône-Alpes où le taux de chômage est le plus élevé. Nous sommes rattrapés par les taux de chômage que l’on peut trouver dans le sud et particulièrement dans l’Hérault ou le Gard. Nous avons obtenu la prolongation du dispositif de Zone Franche Urbaine, ce qui nous aide un peu. En bref, c’est compliqué, mais nous nous battons.

Par rapport à la ZFU, quel impact sur l’insertion des personnes issues des quartiers sensibles ? 

Très bon au début parce que la direction du travail, l’URSSAF étaient extrêmement vigilantes, mais c’est un dispositif qui se termine, à Valence la ZFU date de 1997, elle devait durer 12 ans, elle va finalement se terminer en 2020. Les entreprises qui se sont installées au début, sortent petit à petit du dispositif, les personnes qui ont été insérées n’habitent plus le quartier, elles ont maintenant un job, de l’ancienneté et s’installent en dehors du quartier. Enfin les entreprises, souvent du tertiaire, comme les cabinets médicaux et les experts comptables, les avocats, quittent le quartier lorsque le dispositif ne leur est plus applicable. L’objectif était d’avoir 20 % de personnes issues du quartier et cela a été tenu pendant une dizaine d’année. Aujourd’hui on doit être autour de 10%. Mais nous n’avons pas toujours disposé dans le quartier de tous les profils nécessaires aux entreprises qui s’installaient en ZFU non plus.

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Où en êtes-vous sur les impôts des sociétés et revenus ?

Maintenant, la fiscalité des entreprises est complètement rattachée à la communauté d’agglo, elle est lissée. La Contribution Foncière des Entreprises (CFE) est du ressort de l’agglo et la CVAE du département et de la région. Il n’y a plus de politique d’exonération et c’est à mon sens plus un mouvement national qui doit s’initier sur la baisse des charges des entreprises. Les collectivités n’ont pas les moyens de faire ça, surtout avec la baisse des dotations de l’état et les charges supplémentaires qui sont mises sur le dos des communes. Aujourd’hui quand on me dit la réforme du rythme scolaire c’est formidable parce que les enfants vont finir à 15h 45… je rappelle que cela coûte 900 000€ à la collectivité c’est-à-dire 4 points d’impôts si je devais l’impacter sur la fiscalité des valentinois. Quand on baisse ma dotation globale de fonctionnement de 7 millions d’euros c’est près de 30 points d’impôts si je devais l’impacter … Alors venir dire aux gens que l’agglo ou la ville, va en plus engager des exonérations fiscales, cela n’est pas à notre mesure. C’est l’état qui peut faire ça, pas nous. Et la réforme sur la fiscalité générale, je n’étais déjà pas très confiant dans la candidature de François Hollande, mais il y avait au moins un point où l’on aurait pu être d’accord, la réforme fiscale générale, c’est ce qu’il avait promis… C’est dommage parce que ça, c’était un vrai sujet ! Ce serait bien que l’on ait un président courageux qui fasse cette réforme. C’est quand même fou de constater que des personnes qui possèdent un appartement Haussmanien de 150 m2 paient 300 € de taxe d’habitation, alors que d’autres ont un appartement de 70m2 dans un quartier plus récent et payent 1000€. C’est fou que l’on ne soit pas capable de revoir ces bases fiscales.

Vous avez effectué une baisse de 32,5 % sur l’enveloppe des indemnités des élus…

Le chiffre définitif au compte administratif est 27%, mais si vous mettez les avantages cela doit faire beaucoup plus. Ce n’est pas compliqué, ma voiture personnelle est garée devant la mairie, je n’ai pas de voiture de fonction alors que mon prédécesseur en avait une, je n’ai pas d’ordinateur de fonction, je n’ai pas de carte bleue de la Mairie, pas de notes de frais… Tout cela est terminé !  Je suis plafonné dans mes indemnités mais au demeurant je les ai baissées. Pour être Maire de Valence, j’ai 3 700€ par mois. Chacun mesurera… 1300 employés, un budget d’à peu près 100 millions d’euros, c’est beaucoup moins que ce que je gagnais dans le privé. Mais nous avons baissé l’enveloppe de 27%… c’est conséquent, ça fait plus d’1 million d’euros d’économies sur le mandat. Cela finance quasiment une année des rythmes scolaires. Et puis c’est l’exemplarité, sur tous les sujets c’est comme ça. On ne fait plus de Beach Soccer pour faire plaisir à quelques habitants. Je ne dépense pas 250 000€ juste pour ça. Les féeries d’hiver à Valence qui ont fait plaisir à tout le monde, ont coûté 260 000€ à la ville, elles ont duré 1 mois et tout le monde est sorti alors que nous étions dans une période de torpeur. Avant, on faisait le Beach Soccer qui durait deux jours pour faire venir les frères Cantona. Ils avaient promis de faire un complexe de beach soccer et de construire un bâtiment à Valence a mes prédécesseurs, ils ne l’ont jamais concrétisé… Nous essayons d’être exemplaires sur tout et on tente de donner de la lisibilité à tout. Le fait d’être exemplaire fait évoluer le discours de nos concitoyens aussi. Lors des réunions publiques je précise toujours aux gens que nous avons perdu des dotations, que nous avons des charges supplémentaires, que nous avons fait des économies sur tous les sujets, que je baisse la masse salariale de la ville de Valence, ce qui n’existe pas dans beaucoup de collectivité. Nous supprimons des postes et je n’ai pas de grève, cela se passe très bien, nous réorganisons tout mais avec humanité et mesuire. Donc je leur dis « pensez y bien dans vos questions quand vous allez me demander de refaire votre rue ça coûte entre 300 et 500 000 €, pensez à ce que ça représente dans votre fiscalité ».

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Êtes-vous bouillant ?

Je suis quelqu’un de calme, mais je suis aussi quelqu’un de très impatient.

Motivé ou déterminé ?

Déterminé.

Leader ou manager ?

Manager.

Argent ou pouvoir ?

Ni l’un ni l’autre. Ce n’est pas une fin en soi.

Droite ou gauche ?

Droite.

Une musique qui vous motive ? (Retrouvez la playlist Crescendo)

J’en ai pleins mais je ne retiens pas les titres. Par exemple j’aime bien la musique de la pub du break Mercedes, de Gossip… Mais il y a un morceau que je mets à tous mes vœux, de Jean-Jacques Goldman, «  Tu es de ma famille ». Elle est rassembleuse, elle ouvre tous les champs.

Pierre brute ou pierre polie ?

Brute.

Que pensez-vous de la citation de JFK que nous utilisons « L’art de la réussite consiste à savoir s’entourer des meilleurs » ?

Je suis d’accord. C’est celle d’un manager. Mais pour être leader il faut être manager c’est impossible d’être un leader sans savoir manager ou alors cela s’appelle de l’autocratie ou une dictature. Forcément manager c’est s’entourer des gens les plus compétents, en tout cas ce que l’on estime les plus compatibles et compétents. J’ai construit mon équipe comme ça. Je plaisantais de ça régulièrement avec le Préfet de la Drôme qui est parti aujourd’hui dans le Gard. Il me disait que j’étais extrêmement bien entouré… Je lui répondais que cela devenait vexant. Je pense que c’était me reconnaître une qualité de manager, on va dire les choses comme ça. (rires).

 3Q0A5282-webPierre et Stelio (Au premier plan) les co-fondateurs du Blog Crescendo.

Retrouvez toute les photos de la rencontre sur le site de notre Photographe, Fabien Rouire !

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