Olivier Ganivet, fondateur et gérant de la société Ton Direct, société de communication spécialiste en impression et logistique.

Lundi 2 Mai, Olivier Ganivet nous recevait dans les locaux de sa société Ton Direct à Rennes. Après une visite de ses bureaux et une présentation de son équipe, nous sommes allés échanger dans un restaurant de la ville.

Nous avons choisi de rencontrer Olivier car c’est un entrepreneur qui est en plein développement et qui a une notion bien particulière de l’entreprenariat. Il travaille également avec Gilles Séro, que nous avions rencontré, afin de motiver et d’augmenter les performances de son équipe. Une philosophie d’entreprise très intéressante et très pertinente que vous allez découvrir à travers cette interview.

unspecified-8

Quelle est ta définition du mot : Crescendo ?

Le terme me semble hyper positif, c’est aller de l’avant, progresser de manière positive.

Pourquoi entreprendre ?

Il y a une part inconsciente, un peu folle. Me concernant, c’était il y a 11 ans, à l’époque il n’y avait pas de ruptures conventionnelles, j’ai démissionné de mon poste de commercial pour redémarrer à zéro.

Je venais d’acheter ma maison, il fallait être un peu fou, mais en même temps sur de soi. Bon, je n’étais sur de rien en toute humilité, mais tellement convaincu de ce que j’avais envie de faire que je n’ai jamais pensé à échouer. Pour moi, c’était une évidence, long au démarrage, mais ça allait avancer.

Et surtout, j’avais l’envie de maîtriser un métier de la manière dont je le concevais. Et puis de créer de la richesse, pas au sens pécunier du terme, mais tout simplement créer du sens.

Et ce qui est génial, c’est que dix ans après, entre l’idée que j’avais au départ et ce qu’est Ton Direct aujourd’hui, forcément il y a des différences, mais ma plus grande fierté c’est l’équipe en fait. Je vois les collaboratrices qui m’accompagnent, l’état d’esprit et la manière dont on aborde les clients c’est génial. On est passé de 0 de chiffre d’affaires à 3,5 millions en 10 ans. Peut être que d’autres pourraient le faire en 3 ans ou 5 ans, mais peu importe, c’est mon histoire.

Quelle est ta définition dun entrepreneur ?

C’est à la fois le mix entre un capitaine et un coach dans une équipe de foot. Forcément, ça doit être un leader qui doit savoir manager. C’est quelqu’un qui a envie d’avancer et de faire avancer les autres. Je suis fier d’entreprendre et d’avoir créé mon entreprise qui est viable économiquement et qui a créé des emplois. Le rôle de l’entrepreneur c’est de toujours essayer d’avoir un coup d’avance sur son secteur d’activité, sur l’environnement qui l’entoure, il doit être créatif.

IMG_6758

Nous posons cette question, car nous avions publié la citation de Reid Hoffman, le fondateur de Linkedin qui disait : « Un entrepreneur c’est quelqu’un qui se jette d’une falaise et construit un avion sur le chemin de la descente. »

C’est une belle citation. Un entrepreneur c’est quelqu’un qui se dit qu’il n’y a jamais rien d’impossible. Il n’y a pas de limites à l’entrepreneuriat. En ce qui me concerne, demain je sais que l’on peut faire 20, 30 millions de chiffre d’affaires. Quand je dis ça aujourd’hui les gens pensent que je suis fou, mais au fond de moi je suis convaincu que rien n’est impossible.

Quel est le moment le plus excitant quand tu entreprends quelque chose ?

Le challenge. En premier, je dirais la curiosité. Avoir en permanence l’envie d’apprendre, l’envie de rencontrer des gens. Ensuite, c’est de concrétiser des idées. Des idées, on en a tous, tous les matins en se levant. Mais se dire à un moment précis que cette idée, on y croit, on la bosse et on la concrétise. Et surtout, emmener une équipe avec soi. Faire des choses tout seul, c’est super, c’est formidable, mais ça manque de sens pour moi. C’est plus la construction qui m’attire. Quand tu regardes dans le rétro et que tu te dis : « ça, on l’a fait ! », en repensant au moment où tu as eu l’idée, quand tu t’es fixé un objectif qui était soi-disant impossible ou démesuré. C’est ça qui est excitant.

Là, on sort de quatre années où chaque fois j’ai dit à mon équipe : « On va progresser de 30 % dans notre chiffre d’affaires ». En début d’année, elle me disait que j’étais allumé. Et dans tout ça, l’aspect pécunier est mineur. C’est surtout pour le challenge collectif !

Évidemment que le profit nous aide à mieux vivre, à mieux profiter, c’est très bien. Mais se dire ensemble qu’on définit un challenge, qu’on met tous les ingrédients tout au long de l’année pour qu’à la fin, on se dise : « ça y est, c’est bon, on l’a atteint ! ». C’est cette aventure-là qui est belle !

Comme quand tu gagnes un match de foot, par exemple un match de Coupe de France où tu sais que l’adversaire est meilleur que toi. Savoir que tu l’as gagné, car chacun a rempli son rôle, chacun était à sa bonne place et a mis les bons ingrédients. C’est une vraie satisfaction.

En plus, c’est un moteur perpétuel, car plus tu y arrives, plus tu as envie d’y arriver, plus tu as envie de renouveler et de mettre les mêmes ingrédients pour avoir la même recette finale. Je parle encore à mon petit niveau, on a une petite structure. Mon but n’est pas d’être 200 demain, on sera le nombre qu’on sera, du moment que cette philosophie-là reste la même. 

unspecified-9

Est-ce que tu peux nous parler de ta société : Ton Direct

Ton Direct, on est prestataire de services en impression et logistique. Pour vulgariser, nous sommes courtiers en imprimerie et logistique. Derrière le terme « imprimerie », il y a 100 métiers différents. Nous sommes donc facilitateurs pour nos clients qui sont, soit des agences de publicité soit des annonceurs. Nous sommes une porte d’entrée qui leur permet de trouver le bon prix en ayant trouvé la bonne machine, le bon savoir-faire en imprimerie. Et surtout, nous assurons le bon suivi de chaque dossier.

Pour nos clients, c’est donc l’assurance que, quel que soit le prestataire qui fabrique, il a toujours le même processus d’information, c’est notre ADN. On l’informe tout au long de l’avancer de son dossier en production, partant d’un principe qu’à partir du moment qu’il y a sous-traitance, ça génère un stress. L’information à nos clients intervient donc à chaque étape de production (BAT, impression, façonnage, logistique et livraison).

C’est une prestation globale que l’on faisait depuis 10 ans de manière traditionnelle. Toute l’équipe informe le client par mail, par téléphone à longueur de journée. Dès cette année, nous digitalisons ce process justement pour encore mieux servir nos clients et être plus efficaces.

Tu as de belles références comme le parc Astérix ou Franck Provost. Peux-tu nous dire comment tu as réussi à travailler avec de tels clients ? 

C’est vrai que pour une TPE basée à Rennes, on a franchement de beaux clients. Tout ça est arrivé sur le même principe : se dire que rien n’est impossible. Se dire que derrière une grosse marque, il y a tout simplement des gens qui font leur travail, qui sont chargés de communication, chargés de projets. Ensuite, il y a une grosse dose de boulot et de rencontre.

Quand je suis en déplacement, c’est-à-dire toutes les semaines, les moments où je suis tout seul sont rares. C’est beaucoup de relationnel, mais aussi d’apéro évidemment ! Des moments conviviaux en fait. Mais ça, c’est la culture bretonne qui veut ça (rires). Ce sont des moments de rencontre qui font que des portes s’ouvrent. Que ce soit une grande marque ou une marque peu connue, ça reste des relations humaines avant tout. C’est la richesse de notre métier.

Certains secteurs d’activité ont des cibles exclusives. Pour Ton Direct, c’est différent. Tout le monde imprime quelque chose à un moment donné. Donc en fait, toutes les personnes que l’on rencontre sont des clients potentiels.

unspecified-10

On a vu sur ton site que tu faisais de la PLV digitale ? Quest-ce que cest ?

Aujourd’hui, on gère ce que l’on appelle du point, de l’imprimé, quel que soit le support (objet de publicité, carton, papier, etc). L’idée surtout c’est : à quoi sert le support imprimé ? La finalité est d’informer les gens, d’une promotion, d’une opération commercial, etc.

En cela, notre métier est en train de se transformer. Il intègre en tout cas la digitalisation à plusieurs niveaux notamment sur la PLV (Publicité sur lieu de vente). Forcement entre le journal papier et le blog, le support d’information est différent. Le canal n’est pas le même, mais l’information est similaire.

Aujourd’hui notre rôle est d’apporter des solutions nouvelles. Si ça doit passer par des solutions digitales, on reste quand même dans le cœur de notre métier. Donc ça reste une PLV qui va servir sur un lieu de vente. Donc plutôt que de se dire que nos clients vont aller chercher ces compétences ailleurs, autant qu’ils viennent les chercher chez nous.

On a donc passé un accord avec un fabricant dont c’est le métier, et l’équipe s’est formée à ces nouvelles techniques, car c’est un cas différent de nos prérogatives habituelles. Mais la finalité reste pour moi la même. Et aussi pour nos clients réseau de franchise, annonceurs. Ils auront le choix demain de trouver de la PLV traditionnelle ou de la PLV digitale, ce qui est peut être plus cher, mais qui remplie d’autres conditions : de la vidéo, de la photo, du didacticiel, c’est plus interactif que du print traditionnel.

Y-at-il beaucoup de concurrents sur ce marché ?

Oui, il y a aujourd’hui des concurrents. On le voit sur les salons. Je ne vais pas en identifier un en particulier. C’est une tendance de plus en plus marquée. Ce n’est pas une mode. Ça va s’inscrire dans la durée. Les gens ont envie d’avoir l’information de manière immédiate de plus en plus. Et donc plutôt que de demander à quelqu’un, les consommateurs peuvent déjà affiner eux-mêmes l’information qu’ils recherchent. L’avantage du digital c’est aussi ça.

On est obligé d’analyser son secteur concurrentiel, mais je sais que pour nous ça vient remplir une condition que l’on n’avait pas avant donc on ne pouvait pas passer à côté. Et au regard de ce que les clients achètent chez nous, le service, le professionnalisme, je pense qu’ils achèteront ce produit comme ils achetaient d’autres produits avant. Il y a le produit que l’on vend, mais surtout le service qui va avec. 

unspecified-11

Nous avons écrit un article sur le réseau et comment le développer. Quelles sont les clefs selon toi pour créer du réseau ? Et lutiliser pour développer son business.

Moi je pense que justement pour développer son business il ne faut pas donner l’impression que tu développes du business. Je crois beaucoup au réseau c’est une évidence. J’ai une image pour mon équipe c’est : « On a tous devant nous des portes à longueur de journée et la motivation ce n’est pas de faire du chiffre d’affaires, la première des motivations c’est d’avoir envie d’ouvrir la porte et voir ce qu’il y a derrière. ».

Et rencontrer des gens. Il y a peut-être des gens que tu rencontres dans le cadre d’un réseau, de soirée et même à l’apéro. C’est juste d’être curieux, et avoir envie de savoir qui ils sont. Et c’est ça qui amène à un moment du business ou ça l’amène par ricochet. Juste avoir envie d’être dans le service, d’être sincère avec les gens.

Il y a un an, je suis passé devant un jury pour intégrer l’IME (Institut du Mentorat) à Paris. Dans les mêmes moments, j’étais en pleine discussion avec Aurore, chef de projet chez Ton Direct, et que j’ai fait passer au développement commercial. Elle avait des doutes sur ses capacités pour ce nouveau métier. Moi j’étais convaincu qu’elle en était capable. Elle me disait : « Combien tu veux que je fasse en chiffre ? ». Et moi, je l’ai bassiné avec ces histoires de portes à ouvrir.

Je lui ai répondu : « Je m’en fiche, moi je veux que ta motivation soit dans ton envie à prendre dix cafés dans la journée avec dix personnes différentes. »

Pour ma part, quand je suis arrivé devant la porte de la Bourse de Commerce de Paris, où se tenait le jury de l’IME, une magnifique porte, au moment où j’allais savoir si j’étais admis ou pas, j’ai pris cette imposante porte en photo, et je lui ai envoyé. Je lui ai dit : « Tu vois ça, c’est ma porte à moi. » Non pas pour y faire du business, mais juste par envie de voir ce qu’il y a derrière et savoir vers où ça va m’amener.

IMG_6781

Quels conseils donnerais-tu à un jeune entrepreneur qui souhaite se lancer ?

Le premier conseil : l’intime conviction ! C’est mon mentor à l’IME, Guy Ferré qui m’a ouvert les yeux là dessus. D’ailleurs, je vous encourage à lire l’un de ses livres qui s’appellent « L’intime conviction : comment les socialistes m’ont enrichi » ? C’est l’histoire de M. Herbin, petit chausseur parisien qui, en suivant ses convictions, fait prospérer son entreprise tout au long de sa vie. Passionnant !

Donc si déjà, vous avez une conviction, que vous confrontez cette conviction à ce qui vous entoure, la concurrence, la macroéconomie, la micro-économie, si c’est le sens de votre histoire, il faut le faire. Je pense que tu ne fais pas les choses par calcul, si vous sentez vraiment le truc : foncez.

Après ce sera viable économiquement ou pas. Mais encore une fois, je pense que c’est au gré des rencontres que vous apprendrez. Je pense que si vous avez cette intime conviction il faut le faire tout simplement. Je paraphrase encore en citant Mandela qui disait : « Je ne perds jamais. Soit je gagne, soit j’apprends. »

Je trouve que globalement en France, on est un peu trop bridé par le fait qu’il faut avoir tout pensé avant, tout cadrer avant, que la prise de risque doit être minime.

Vous, aujourd’hui vous avez un job, au pire demain vous êtes au chômage, le risque il est où ? Au pire ça marche, c’est ça le truc donc franchement il faut le faire. 

questionsrapidoTu es bouillant ?

Je bouillonne en permanence dans ma tête, tout le temps, car je m’enrichis sans cesse et c’est assez usant d’ailleurs ! Bouillant, oui à l’apéro parce que j’aime bien vivre et je trouve que c’est plus sympa de vivre comme ça. 

Motivé ou déterminé ?

Le point de départ je pense que c’est la détermination. La motivation ne vient que par la suite. Pour faire des choses, il faut être déterminé. La motivation te sert ensuite à avancer dans ton processus. Je pense que tu es déterminé avant de te lancer et que ta détermination tu l’as en permanence, c’est un petit fil rouge. Mais c’est ta motivation du quotidien qui te fait aller vers le sens de ta détermination.

Leader ou manager ?

Leader pour moi c’est plutôt inné, c’est quelque chose que tu ne travailles pas. Manager ? Gilles Séro dirait qu’il y a beaucoup de techniques derrière ça. En toute humilité je dirais que je suis leader naturellement sur certains sujets, pas sur tous. Par contre,, manager une équipe par exemple je l’ai  appris avec Gilles Séro notamment.

Est-ce que tu étais la même personne aujourd’hui que sur un terrain de foot ?

Je pense oui ! Je n’étais pas le plus fin technicien, mais par contre j’étais vaillant. C’est drôle parce qu’aujourd’hui, je suis Président dans le même club où j’ai joué et ensuite coaché. Certains joueurs du club qui me connaissent savent que je suis vrai, car ils m’ont vu jouer. Aujourd’hui, quand je prends la parole dans le vestiaire en tant que Président, ils savent que mon discours est sincère, car ils m’ont vu jouer et c’était la même détermination. Gagner les duels, y aller. C’est l’envie de gagner en fait.

Argent ou pouvoir ?

Le Pouvoir. Je n’aurais pas dit ça encore il y a 3/4 ans, mais c’est un truc qui me guide. Si tu n’as pas le pouvoir, que tu n’es pas leader, tu te mets en retrait, les choses n’avancent pas et tu ne peux rien impulser. Encore une fois l’argent, oui c’est important pour bien vivre. Mais ce n’est que la conséquence des efforts fournis. Ce que j’aime bien c’est avoir les moyens de payer des bières aux copains et ça, ça n’a pas de prix. 

Droite ou gauche ?

J’ai le droit de dire au centre ? Car au foot j’étais plutôt ambidextre, plutôt droite et gauche. Mais surtout très bon joueur de tête. Comme disait le coach : « Olive, toi ton meilleur pied c’est la tête. » (rires)

Une musique qui te motive ? (Retrouvez la playlist Crescendo).

« Titanium » de David Guetta et « Libérée, délivrée », car c’est la chanson préférée de mes filles et je trouve qu’elle dégage une énergie, et ça me donne la smille.

Pierre brute ou pierre polie ?

Je dirais plutôt pierre polie. Je ne crois pas toujours au « brut de décoffrage », humainement parlant. C’est plutôt synonyme de conflit à mes yeux. Le fait d’être un peu « pierre polie » dans tous les sens du terme ça permet d’avancer, d’être dans l’échange, dans l’écoute. Pour autant, ça ne veut pas dire que l’on n’est pas déterminé. Il y a une notion d’expérience, la pierre qui est polie par la mer.

Qu’est-ce que tu penses de la citation de JFK que nous utilisons : « L’art de la réussite consiste à savoir sentourer des meilleurs » ?

Je pense qu’on a la même. Et quand je vois mon équipe aujourd’hui je me dis que l’on ne fait rien tout seul. C’est l’adage qui dit : « Tout seul, on va vite et à plusieurs on va plus loin. »

Retrouvez la société d’Olivier, Ton Direct directement sur leur site web en cliquant ici !

unspecified-12

Gilles Séro et Olivier Ganivet, entourés de LionelStelio et Pierre les co-fondateurs du Blog.

Photos réalisées par notre photographe, Fabien Rouire, retrouvez son travail sur son site et sur sa page Facebook !

1 COMMENT

LEAVE A REPLY