Nous avons rencontré Pascal Chavernac à Carcassonne, dans le siège de sa société SIGMA qu’il a fondé il y a 25 ans. Nous avons échangé une heure avec cet autodidacte, pionnier du numérique qui souhaite que sa ville, Carcassonne, retrouve sa place sur la carte de France.

Travailleur acharné, celui qui a reçu le prix de l’Autodidacte en 2015 nous apporte sa vision de l’entreprise, du numérique et nous transmet sa passion pour son territoire.

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Quelle est votre définition de Crescendo ?

Je dirais un escalier, quelque chose qui avance avec chaque fois un pas de plus, mais plus haut.

Quel est votre parcours?

Je suis un adolescent ou un enfant qui a toujours eu des rêves. Si vous voulez donner une image, je suis ce petit gamin devant une vitrine et tout ce qu’il voit dans la vitrine lui est inaccessible… Mais une petite voix lui dit  » tout est possible, tu peux tout avoir ». Voilà, c’est un peu la philosophie. J’ai été interne très jeune, j’ai eu des parents qui étaient adorables, qui étaient plein d’amour, et qui m’ont montré ce qu’étaient les vraies valeurs d’éducation, de sens, d’humanité, d’empathie, de don de l’autre. Puis je me suis rendu compte que les études n’étaient pas faites pour moi. Je me suis à moment donné dirigé vers un BEP / CAP de géomètre topographe, ce qui m’a permis dans les années 1978 d’être chef de brigade sur l’autoroute et donc j’ai participé aux travaux entre Toulouse et Narbonne.

Et déjà j’étais un passionné et tout ce que j’ai fait, j’y ai mis ma passion. Ça veut dire qu’une fois que j’avais travaillé la journée, je continuais, mais dans un domaine différent. J’ai donc été avec un monsieur qui s’appelle Christian Guéneret et qui avait investi énormément en 1979 dans l’informatique, ce n’était pas la micro-informatique, c’était l’informatique des HP 8585, pour ceux qui connaissent, qui étaient des calculateurs. Le soir, jusqu’à point d’heures, je reprenais les points topographiques et on mettait ça sur la « BENSON » qui était un traceur à stylo pour refaire des courbes de niveau, les calculs de cubatures, etc… mais en tant qu’autodidacte.

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Vous vous considérez comme tel ?

Bien sûr ! D’ailleurs de géomètre je suis très vite devenu chef de brigade. Puis, je suis parti à l’armée et, quand j’en suis revenu, je n’avais pas de boulot parce que l’autoroute était terminée. Je suis allé vendre du carrelage en Bourgogne chez un oncle parce que tout s’apprend. Comme j’aimais dire ce que je pensais, j’ai envoyé paître mon oncle, qui était très très fortuné, une grande fortune, qui pensait que tout pouvait s’acheter dans la vie. Je lui est dit non, c’est dans le bouquin, et je lui ai dit  »Arthur, avec ou sans toi, je réussirai ». À partir de là, ça a été mon moteur. J’ai toujours voulu montrer à cet oncle, qui a disparu depuis, qu’on peut réussir avec ou sans son aide. Il s’avère qu’aujourd’hui, dans ma famille actuelle ce sont que de très grands diplômés: des polytechniciens, des ingénieurs, des directeurs de moteurs chez Ariane.

Donc toute ma famille, ma femme ou autres ont fait des études supérieures et pour eux, la notion de diplôme est l’objectif principal. À partir de là, une fois que tu es polytechnicien, ta vie est faite, elle se déroule. Un autodidacte, lui, est à la quête permanente du savoir. Donc, moi, tout m’intéresse, tous les sujets m’intéressent. Il n’y a pas un sujet où je ne suis pas intéressé. Cela peut-être l’économie, la société, la politique, quel que soit le sujet, ça m’intéresse. Donc, un autodidacte, c’est quelqu’un qui est un puit de savoir. Et lorsqu’on a la motivation de le faire, on est encore plus encouragé parce que chaque pas que l’on fait est un pas de plus, un pas sur soi-même sur ce chemin que certain appelle la réussite. Et cette réussite, elle se construit, pas après pas.

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Le restaurant où presque tout a commencé…

Et donc, à partir de là, je suis allé vendre des friteuses en Belgique à Charleroi, j’ai aussi vendu des appareils géographiques. Et, un jour, en 1982, j’ai un ami d’enfance qui me dit, alors que j’étais serveur dans un restaurant,  »Je voudrais monter une affaire avec toi, un restaurant et je l’ai trouvé ». Donc, en 1982, ce restaurant est un chalutier qui a une spécialité, il ne fait que des fruits de mer, des huîtres et des crustacés. Et, Jean-Louis Richardis, grand gagnant du loto par deux fois et qui a créé entre autres La Tuilerie, me tape sur le dos et me dit  »Petit, tout s’apprend ». Et effectivement, comme je suis un bon élève et que j’aime bien aller au bout des choses, j’ai commencé à apprendre à ouvrir une huître, deux huîtres, des centaines de milliers d’huîtres et, bien sûr, la réussite interpelle. À l’époque, il y avait Pierre Pavaneto, qui était aussi une référence, a commencé à faire des fruits de mer.

En réaction, je suis allé faire le Championnat de France d’ouverture d’huîtres à Talence et je suis devenu vice-champion de France en 1983. Ce qui est intéressant, c’est que tout est possible. J’avais un client, qui adorait ce bateau, Jean Alary, le directeur du théâtre de Carcassonne et donc j’ai reçu tous les acteurs qui pouvaient passer à Carcassonne comme Jean Lefebvre, Robert Hossein, Michel Galabru parce que c’était le seul restaurant ouvert jusqu’à 3 heures du matin. Mais comme c’était un restaurant que de nuit, il fallait bien travailler le jour. Donc, en 1983, je vois une annonce qui recherche des commerciaux pour vendre des photocopieurs.

J’ai été embauché. La clientèle du Chalut étant composée de notables et de chefs d’entreprises me permettait de récupérer, la nuit, les cartes de visite et, la journée, j’allais leur vendre les photocopieurs. Et en 1983, la micro-informatique apparaît. J’ai donc démissionné et j’ai créé une entreprise. Pas une entreprise, au départ cela s’appelait une l’association Microlog, une sorte de start-up avant l’heure. Ensuite, très vite, on a créé la société éponyme Microlog où l’on développait des logiciels pour les caves coopératives viticoles. Et, je suis entré dans la première aventure de la micro-informatique il y a 33 ans. Je suis devenu un des  »spécialistes » de la micro-informatique parce que c’est un des métiers extraordinaires dans lequel je me suis tellement épanoui et où j’ai beaucoup appris.

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Le diplôme de maîtrise de Pascal Chavernac.

Je reviens sur la réussite. C’est une notion subjective. Que fait-on pour réussir ? Qu’est-ce qu’il a fallu pour l’engendrer ? Toujours est-il que, je me suis aperçu que tout ce que l’on pouvait déterminer comme objectif, soit on avait l’intelligence et l’instruction et c’est une voie ou bien soit on avait cette passion et cette motivation et avec beaucoup de travail, pour progresser dans cette société. C’est pour cela que la notion du travail, aujourd’hui, m’interpelle parce qu’elle n’est pas assez valorisée. La notion de travail, pour moi, c’est une colonne vertébrale de l’individu et cela va lui permettre de progresser en faisant la répartition entre le personnel et le professionnel, c’est lui que va faire l’équilibre, c’est lui qui va faire que l’on s’épanouit dans son boulot.

Moi, j’ai une chance énorme, je travaille tout le temps, mais je n’ai pas l’impression de travailler. C’est une passion. Et quand vous êtes passionné, vous êtes comme un  »gamer » derrière un jeu, vous ne voyez pas le temps passer. J’ai une phrase qui me suit depuis de nombreuses années qui est  »L’optimisme est une forme de courage qui donne confiance aux autres et mène au succès ». Et ce qui manque à notre société, c’est l’optimisme. Il faut mutualiser les forces parce que l’on est toujours plus fort ensemble, car seul, certes on va plus vite, mais ensemble on va plus loin et ça c’est une réalité. On ne peut pas, dans cette société, encore plus qu’ailleurs, être seul. Mais les ressources il faut les rechercher en soi-même. Cependant, le résultat on ne l’a pas toujours.

Ce qui veut dire que le besoin de vouloir  »réussir à tout prix », n’a aucun sens, la réussite est un constat à un instant donné et qui peut évoluer à tout moment dans un sens comme un autre. La volonté de la réussite, c’est le chemin que l’on veut parcourir. Nous ne pouvons pas être tous des champions. La difficulté, aujourd’hui, de l’individu, c’est que nous sommes dans le monde de l’image que l’on véhicule à travers la société, avec tous ces médias qui nous entourent, tout le monde voudrait être en haut de l’affiche.

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Pourquoi entreprendre?

Entreprendre, c’est fabuleux. J’ai très vite compris qu’en étant salarié, je n’étais pas moi-même. Ce n’est pas le fait d’être salarié, j’ai été salarié pendant quelque temps pour des différents chefs d’entreprise lorsque je vendais des friteuses, des appareils topographiques, lorsque j’étais chef de rang, lorsque j’étais serveur, j’avais toujours des patrons, mais il me manquait quelque chose, je n’étais pas moi. Et, dans ma forme de management, aujourd’hui, j’ai un type de management qui est tout sauf directif puisque, moi, ce que j’aime, c’est la nature humaine. Moi, dans l’entreprise, ce que j’aime, c’est l’aventure humaine.

Aujourd’hui, j’ai la chance de pouvoir avoir d’autres revenus, je pourrais très bien n’avoir que très peu de salariés, mais j’ai choisi de vivre à taille humaine cette aventure avec l’envie d’entreprendre avec les bons sentiments d’un chef d’entreprise, qui veut entreprendre et qui est entrepreneur dans l’âme. Et celui qui entreprend, c’est la liberté. Aujourd’hui, j’ai réussi à générer de la valeur, de l’idée. Et donc, entreprendre, c’est cette liberté d’esprit, d’être libre. Le fait d’entreprendre, d’être entrepreneur, c’est d’être maître de son destin. Le fait d’être entrepreneur et donc chef d’entreprise, on a cette liberté ce qui permet d’être créatif et de réagir aux faits de la société. Après, le destin, tout le monde ne le fait pas à bon escient, tout le monde ne peut pas être chef d’entreprise.

Mais, être entrepreneur est très compliqué parce qu’il faut faire appel à toute une palette de savoirs, de compétences, de caractères, de personnalités. Quand on fait le listing des avantages et inconvénients, il y a plus d’inconvénients que d’avantages. Mais, les quelques avantages que l’on a,  sont tellement valorisants, galvanisant, que l’on a l’envie d’entreprendre. Ce moment-là, qui est petit, qui est restreint, te permet de t’épanouir. Très vite, j’ai compris qu’être entrepreneur, avec toutes les difficultés que cela apporte, est compliqué. Entreprendre, c’est cette capacité d’être libre dans son discours, de dire ce que l’on pense comme on le pense avec ses mots à soi qui vont faire qu’à un moment donné on va être audible ou non.

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Est-ce que vous avez une définition concise d’un entrepreneur ?

Entrepreneur, c’est un être complexe, qui doit avoir beaucoup de qualités et notamment celle de savoir s’entourer. Il est tout. Il est paternaliste, il est technique, il est gestionnaire. Il doit être tout en même temps. Ensuite, lorsque l’entreprise va se développer, il va joindre autour de lui les compétences qui vont lui permettre de se développer. Mais, au départ, il est tout. Cependant, on ne peut pas être bon partout.

Et comme on n’est pas bon partout, il faut connaître ses faiblesses, donc faire de l’auto-analyse, et, de ce fait, c’est ça qui est compliqué. Et c’est pour cela que beaucoup de chefs d’entreprises échouent parce qu’ils pensent que le fait d’être un bon technicien, un bon commercial, d’être un bon gestionnaire suffit, mais, non, cela ne suffit pas. C’est très compliqué. Et, parce que c’est compliqué, lorsqu’on a atteint des paliers c’est galvanisant et qu’on a envie d’atteindre d’autres paliers qui sont, pour certains l’argent, pour d’autres la technique, etc…

Quel est le moment le plus excitant quand vous entreprenez ?

Le moment le plus excitant quand on entreprend c’est lorsque l’idée que l’on a eu, que l’on a pensé, que l’on a germé au cours d’une conversation ou autre, commence à émerger. Par exemple, là, je vais lancer une start-up, le 15 septembre et je pourrais lancer l’entreprise en embauchant des collaborateurs et faire une activité, mais, non, je veux une start-up parce que je me suis entouré de gens dans le monde de cette start-up puisque nous sommes des  »bénévoles » qui sont passionnés par un objectif et le réaliser, et, donc, j’ai bâti une équipe autour de moi que j’ai rencontré avec de vraies qualités humaines et techniques. Et c’est ça qui est intéressant.

Et, là, ce moment est excitant parce que l’idée est en train de prendre forme. Après, lorsque ça roule, l’entreprise peut tomber dans la routine si elle n’innove pas dans le quotidien. Pour moi, l’excitation c’est quand rien n’existe et que l’on crée. Je vais vous raconter une anecdote qui confirme cela. Il y a 10 ans de ça, en 2006, j’ai lu un article de presse un matin dans lequel un journaliste disait que dans les années futures, il faudrait vraiment porter une attention particulière à la dépendance des personnes âgées parce qu’il y aurait une vraie problématique au maintien des personnes âgées à domicile et qu’on n’aurait pas assez d’EPHAD.

Et, à cette époque-là, depuis les années 2000, on avait une vraie maîtrise sur la vidéo sur IP, donc on était capable de maîtriser la vidéo sur IP, de transporter ce signal vidéo où l’on voulait, sur des ordinateurs, des iPhone, etc…. et, donc, j’ai inventé Allobox TV. Il s’agit, ni plus ni moins, de rendre un téléviseur communiquant de manière fantôme, c’est-à-dire un téléviseur tout à fait ordinaire en apparence est donc un outil communiquant qui me permet de faire de la visioconférence, de stocker des photos, d’échanger, de connecter les appareils de télémédecine. J’ai déposé 6 brevets internationaux . Nous avons gagné le trophée de la E-santé, le trophée de l’INPI, le trophée d’or de l’innovation, trophée d’Or de l’innovation à l’intercontinental de Paris devant 2 000 personnes. Mais tout cela a été un fiasco financier.

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Cet hiver, je suis allé à Las Vegas au grand salon mondial des technologies. Et, là, je rencontre un médecin, un chercheur de Montpellier à qui j’explique que nous voulions lancer un nouveau projet  »Gèranimaux » qui est un logiciel de gestion d’animaux de laboratoire, de traçabilité. Et, au fil de la discussion, je lui parle de notre innovation Allobox TV en lui expliquant le principe et lui m’explique qu’il est en train de monter un appel à projets pour la CARSAT, la caisse de retraite des travailleurs. Vendredi dernier, j’ai reçu un appel de la CARSAT me disant que je faisais partie des trois lauréats pour relancer l’Allobox TV 2.0. Cela veut dire que, c’est doublement jouissif parce que quand tu inventes des produits et qu’on gagne des prix, en général c’est mauvais signe.

Donc, c’est doublement jouissif parce que c’est la jouissance de relancer quelque chose dans lequel on avait confiance. Et, ensuite, une déception plus qu’amère à tout point de vue, financier, humain, etc….et maintenant une renaissance. Donc, être chef d’entreprise c’est ça et lorsque tu as ça, tu as du carburant pour trois tours du monde. Ce qui veut dire que dans ma façon de penser, la seule chose qui est problématique c’est la santé parce que du moment où l’on a la santé, tout est faisable. Le fait est de dire  » Je l’aurais, et je ferais tout pour l’avoir  », peu importe le temps que cela prend.

Est-ce que vous pouvez nous parler de votre événement du 15 septembre ? 

On n’a pas pu fêter les 20 ans de SIGMA donc il faudra faire les 25 ans parce que cela fait un quart de siècle. Cela fait 33 ans que je fais ce métier à Carcassonne. Je voulais donc profiter de faire un événement où je mutualiserai toutes les forces. Ce qui veut dire que je fais un événement pour SIGMA, mais je veux faire un événement pour le territoire. Je veux démontrer à ce territoire, c’est pour cela que je le fais, pour impliquer tout le monde, pour leur dire que le numérique devient incontournable.

Et, ainsi, leur démontrer qu’on a une chance énorme et qu’il ne faut surtout pas subir, comme beaucoup pense ou font, mais réagir. C’est donc, une vitrine technologique, c’est pour cela qu’il y aura un robot, plein de gadgets et d’innovations technologiques ou de start-up en création sur les nouveaux produits. Ce projet, c’est de démontrer que l’on peut créer une vraie étape de recherche, de richesses.

La personne qui me tient de guide et dont le parcours m’a toujours inspiré est Pierre-Paul Riquet, qui a réussi à convaincre Colbert et le Roi Louis XIV d’utiliser l’impôt de la Gabelle pour construire le Canal du Midi. Donc, le but, aujourd’hui, est de faire un éco système sur cette agglo et ma start-up sera dans ce cadre-là. Les visiteurs pourront rentrer dans la cité de Carcassonne en réalité augmentée et 3D avec pour nous l’objectif de capter l’empreinte numérique.

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Cela permettra de valoriser les données recueillies, géolocalisation, consommation, etc…. Ce que je recherche, donc, c’est de profiter du numérique et de créer un éco système global. Ce n’est pas créer l’application, mais attirer les gens, les faire rentrer dans la démarche. L’intérêt c’est qu’il faut qu’il y ait derrière l’éco système global, ce qui veut dire qu’il y est des universités qui se déploient parce que 70% des métiers, dans 20 ans, n’existent pas aujourd’hui.

Ce qui veut dire que ces métiers; il  va falloir les inventer et ces 70% sont tous dédiés aux numériques. Le numérique étant la plate-forme, étant culturel, ce n’est pas que de la technologie. On est sur une plate-forme complètement transversale, horizontale. Ce qui veut dire qu’on est dans des silos et le numérique est le lien qui va nous permettre d’unir et de valoriser ces données.

Quel rôle sur le nouveau pôle du numérique vous allez avoir ?

Le pôle numérique, c’est moi qui l’ai initié avec le concours de l’Agglo. Le nouveau bâtiment de Nissan sera refait entièrement et il comprendra 1 000m² de bureaux. L’Agglo a pris 8 hectares de terrain en friche pour le valoriser, le transformer.

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Est-ce que l’on a des chiffres déjà? Combien d’entreprises, de start-up vont être sur ce pôle? Et surtout, est-ce qu’il va y avoir de l’emploi ?

Il y aura de l’emploi, mais pour faire un pôle numérique, il nous faut l’essentiel c’est-à-dire le très haut débit, l’ultra haut débit, le Gigabit parce que sans cela, on ne peut rien faire.

Quel conseil vous donneriez à de jeunes entrepreneurs qui souhaitent se lancer ?

Il faut aller au bout de soi-même. Entrepreneur, c’est une compétition, un marathon. Il n’y a pas de fin, il y a des étapes ou autres. Il faut avoir un caractère hyper forgé, ce qui veut dire être prêt à endurer toutes les difficultés. C’est de savoir s’entourer, être une équipe, savoir utiliser les compétences. La difficulté, à un moment donné, c’est d’avoir le charisme qui fait que c’est un leadership naturel.

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Êtes-vous bouillant?

Oui, je suis toujours bouillant. C’est mon moteur.   

Motivé ou déterminé?

Les deux. La motivation et la détermination vont de pair. Motivé, c’est le moteur, l’essence. Et, déterminer, c’est l’objectif. Lorsque l’on me donne une tâche, je vais à fond, je ne sais pas faire des tâches uniquement pour faire plaisir ou autre. Ce qui m’intéresse c’est que j’ai tout à prouver à moi-même. Et aujourd’hui, je suis totalement déterminé à faire de ce territoire, un territoire numérique.

Leader ou manager?

Les deux parce que ça va de pair aussi. Lorsque l’on est un leader et que l’on est reconnu par ses pairs, il faut donc des natures de management. On ne peut pas être un leader en se moquant de la nature humaine ou des uns, des autres. Si vous voulez faire du management, on ne gère que de l’être humain donc il faut avoir une attention particulière donc de l’empathie, de l’humilité, de l’humanisme et tout ce qui va faire des valeurs qui ont du sens. De ce fait, l’un va avec l’autre. Motivé, déterminé, leader, manager, ce sont des mots complémentaires.

Quel est le dernier sms que vous avez envoyé?

Le dernier sms que j’ai envoyé c’était à Jess. J’ai dit oui.

Quel livre recommanderiez-vous ?

J’ai un livre à vous recommander.  »Petite Poucette » de Michel Serre. C’est un philosophe, économiste français qui donne des cours à Stanford et à Berkeley. Il a écrit un bouquin  »Petite Poucette » parce que vous êtes des petites poucettes naturelles puisque lorsque vous utilisez vos téléphones se sont les pouces qui sont les plus utilisés. C’est un petit livre de 150 pages qui relate ce changement de société, cette vision de la société. Et, je trouve qu’il est très intéressant parce qu’il démontre que ce changement de paradigme est inéluctable.

Quel film?

J’en ai plein. Armageddon, Matrix. Quand on regarde bien, je trouve les réalisateurs fantastiques pour ça parce qu’ils arrivent à transposer ce que nous allons vivre. Tous les films de projection, de science-fiction, d’anticipation parce qu’ils ont beaucoup de sens.

Quelle est la musique qui vous motive?

Freddy Mercury,  »Bohemian Rhapsody ».

Pierre brute ou pierre polie?

On est toujours une pierre brute au départ. L’avantage est que l’humain est là pour la polir tous les jours donc on est obligé de travailler. Ça permet de définir un chemin parcouru. Ce qui est important c’est l’envie, de progresser, de se battre contre l’injustice, etc... 

Que penses-tu de la citation de JFK  »L’art de la réussite consiste à s’entourer des meilleurs » ?

JFK était un grand monsieur du monde politique qui a eu de très belles citations parce qu’il avait cette capacité d’aimer l’autre. Je crois que beaucoup de politiques n’aiment qu’eux-mêmes et sont hyper narcissiques, et je crois que, ce qui a fait la grandeur de Kennedy qui est devenu un mythe en étant assassiné puisqu’il était trop gênant et à contre-courant total de ce que la politique peut être. Donc, oui, on ne peut s’entourer, sinon on est rien. Dans un collectif, on est tous au même niveau, ce n’est pas un succès personnel, mais un succès collectif, de l’équipe entière. L’effort collectif prime. On ne peut réussir qu’avec les autres.

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