Crescendo était de retour à Vitré. Après avoir rencontré Isabelle Le Callenec, nous sommes allés rencontrer Pierre Méhaignerie, ancien ministre, mais surtout maire de Vitré et président de Vitré Communauté : le secteur en France où le taux de chômage est le plus bas ! Nous avons échangé sur le parcours de cet homme d’Etat qui a travaillé dans les plus hautes instances de notre pays, mais aussi savoir quelle a été sa stratégie pour vaincre le chômage et pour augmenter toujours plus l’emploi sur son territoire. Portrait d’un véritable homme d’État qui a combattu le chômage et qui est un exemple dans notre pays !

MEIGNHEURIE

Que signifie pour vous Crescendo ?

Qu’il faut toujours avoir la passion car rien n’est jamais fini, il faut toujours anticiper la suite.

Pourquoi avez vous décidé de vous lancer en politique ?

J’ai commencé ma vie professionnelle en Tunisie comme ingénieur agronome. Je ne suis donc pas un apparatchik issu du monde politique. Pour ma part, j’ai eu huit ans de vie professionnelle : 2 ans en Tunisie, 2 ans à Bordeaux puis 4 ans au cabinet de Jacques Duhamel qui était à l’époque ministre de l’Agriculture et de la Culture. Il avait demandé à son directeur des noms de jeunes ingénieurs de terrain pour son cabinet et le mien lui avait été communiqué.

Par ailleurs, fort d’une longue et solide tradition familiale d’engagement dans la vie publique locale, voire nationale pour mon père, je pense que la politique faisait partie de mon ADN sans même que je le sache. Armé de solides convictions humanistes, c’est tout naturellement que je me suis présenté au législatives.

Élu comme député de la circonscription de Vitré en Ille-et-Vilaine, mes concitoyens m’ont fait l’honneur de m’y reconduire pendant 39 ans. Depuis 4 ans, j’ai abandonné ce mandat pour me consacrer totalement à ceux de maire de la Ville de Vitré et de Président de sa communauté d’agglomération.

Vous en avez parlé, vous avez eu une riche carrière politique, maire, député, ministre, président de département, de l’intercommunalité, quel est le rôle que vous avez le plus apprécié et pourquoi ?

Ces différentes responsabilités ont toutes été très intéressantes et très enrichissantes. Celle où j’ai eu le plus de facilités c’est au ministère de l’Équipement, du Logement et des Transports. Même si j’ai eu une grève de la CGT à Noël. (rires)

Finalement, celles que j’ai les plus appréciées sont celles que j’exerce encore aujourd’hui. Elles me permettent de concrétiser en proximité les attentes simples de ceux qui me font confiance : Avoir un emploi, avoir un logement, trouver sa place dans la société, donner le maximum de perspective à ses enfants et vivre en harmonie dans sa ville.

Quel a été le Premier ministre avec lequel vous vous êtes le mieux entendu ?

J’ai eu comme Premier ministre Jacques Chirac. Comme il aimait beaucoup l’agriculture, c’était pour moi facile et agréable d’exercer ce ministère. J’ai aussi eu Édouard Balladur, avec lui c’était net, précis, on avançait, c’était concret. J’ai apprécié sa méthode de travail.

Inauguration THALES Microelectronique Base d'Etrelles (35) France

On dit souvent que la politique doit comprendre et transformer le réel.

Je suis 1000 fois d’accord, mon devoir consiste à réussir à transformer positivement le réel. Pour transformer le réel des gens, le plus important c’est de leur permettre d’avoir un emploi.

En effet, le chômage constitue l’inégalité majeure aujourd’hui. Elle provoque la pauvreté mais aussi un fort sentiment d’inutilité sociale. Donc depuis le début de mon engagement, je n’ai eu de cesse de me battre pour l’emploi, la diversification de l’emploi, l’amélioration de la situation des familles, de leur pouvoir d’achat et pour l’égalité des chances.

En effet, et je ne le répèterai jamais assez : Il n’y a pas de progrès social sans réussite économique mais il ne saurait y avoir de réussite économique sans progrès social ni esprit de justice.

Je relie bien les deux, et ceci me conduit à soutenir Alain Juppé en espérant qu’il accédera à la fonction Présidentielle. Je le préfère à Nicolas Sarkozy, même si j’ai été son secrétaire général à l’UMP, pendant 2 ou 3 ans, et je souhaite que les débats des primaires de la droite et du centre soient exemplaires en termes de respect des uns par rapport aux autres. Même si l’on n’est pas d’accord avec son adversaire, j’estime qu’il faut le considérer et l’écouter si l’on veut pouvoir le convaincre. Somme toute, il s’agit encore et toujours de transformer le réel.

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Étude Pole Emploi Bretagne

Vitré Communauté est le territoire où le chômage est le plus bas en France. Quels outils avez-vous développé pour favoriser le dynamisme économique ? Dans quelle mesure votre méthode est-elle transposable ?

Tout d’abord, je dois avouer que nous avions dès l’origine un contexte favorable : Nous sommes dans une région de tradition rurale où il y a une éthique du travail, ce qui aide beaucoup. Nous avons également la chance d’avoir un réseau autoroutier mais aussi une ligne TGV aux portes de la Bretagne. Nous avons donc beaucoup joué notre développement économique autour des échangeurs routiers, mais cela n’a pas suffi.

Nous avons été très marqué par le fait que près de 75% de nos emplois industriels des années 70-75 ont disparu, (machinisme agricole, textile, cuir, chaussure et le jouet), et d’autres ont été créés. Cela permet de mesurer la vulnérabilité de notre bassin d’emploi industriel, et malgré notre réussite nous restons de l’aveu même de l’INSEE, le bassin industriel le plus vulnérable de Bretagne.

Étant à la fois le plus actif, mais le plus vulnérable du fait de l’exposition de nos entreprises industrielles à la concurrence mondiale, nous avons dû faire un effort de prospection important et exploiter nos atouts au maximum. Nous avons aussi pris toute une série de décisions dont la plus importante est sans aucun celle d’assurer continuellement un travail de partenariat avec les entreprises. Par exemple, chaque année, le premier lundi de septembre nous réunissons toutes les entreprises de l’agglomération pour essayer de cerner leurs difficultés, leur exposer les nôtres, et trouver les moyens permettant de nous épauler mutuellement. Cela construit la confiance entre nous et celle que nous donnons nous est rendue au centuple par nos partenaires économiques. Nous avons également osé prendre des risques : 30 bâtiments industriels et tertiaires ont été construits pour des entreprises. S’ils sont aujourd’hui quasiment tous occupés et revendus, initialement nous avions tout aussi souvent construit à blanc. Enfin, dès qu’une entreprise a des difficultés, et dans toute la mesure de nos possibilités, nous l’accompagnons afin de lui offrir une seconde chance. De cette manière, nous avons sauvé plusieurs entreprises en allant parfois au-delà de ce qu’une banque aurait fait !

Il y a plus de 10 structures qui s’occupent de l’économie, de l’emploi et de la formation professionnelle : Maison de l’emploi, Mission locale, Pôle Emploi, Chambre de Commerce et d’Industrie, Chambre des Métiers et de l’Artisanat, Service d’Insertion pour le Revenu de Solidarité Active, RSA, la Chambre des Métiers, le Centre d’Information et d’Orientation etc…

Nous concernant, nous avons décidé de tout regrouper sous le même toit pour faciliter la vie des demandeurs d’emplois, comme des salariés ou des entreprises. C’est ainsi qu’a été créée la Maison de l’Économie de l’Emploi et de la Formation, (MEEF). Elle est présidée par un chef d’entreprise et dirigée par le Directeur du Pôle Emploi de Vitré qui coordonne les actions. Notre MEEF joue un rôle d’anticipation très important et rend d’énormes services. Pour finir, nous jouons beaucoup la carte d’une fiscalité modérée, inférieure de plus de 25% aux moyennes nationales et le transport urbain est gratuit sans qu’il y ait de taxe versements transport pour les entreprises. Cette fiscalité locale modérée doit soutenir la compétitivité de nos entreprises. Parallèlement, nos services publics sont accessibles au plus grand nombre par une tarification sociale protectrice du pouvoir d’achat des ménages les moins favorisés.

A travers ces quelques exemples, je veux expliquer que le contexte favorable de notre territoire s’appréhende par une politique « business friendly » dans la globalité de ses approches, avec un souci concomitant du bien-être des familles. Tout ceci, sur un territoire ou nous ne perdons jamais de vue le fait que la bienveillance génère la concorde et l’harmonie. En tous cas, c’est ma philosophie politique et jusqu’à présent elle ne nous a pas trop mal réussi.

Jusqu’à quel point c’est transposable, est-ce que vous pensez que nous sur notre territoire si on se lance à faire une maison comme vous cela peut marcher ?

Oui cela peut marcher, mais à mon avis il y a bien d’autres conditions à remplir comme je vous l’expliquais à l’instant. Toutefois, et je le redis, l’essentialité consiste à développer et favoriser l’esprit d’entreprendre, tout en créant les conditions adéquates pour que les salariés vivent bien dans leur territoire (nous faisons très attention au coût du logement, au vivre ensemble, à la citoyenneté, à l’accès pour tous les enfants aux activités sportives et culturelles…).

Je vais vous illustrer ce propos. J’étais récemment à une remise de médaille lors d’un départ à la retraite dans une entreprise du secteur du bâtiment. L’ambiance était extraordinaire, avec beaucoup de jeunes salariés et il émanait du groupe une bonne humeur et une joie de vivre peu commune. Percevant cela, je demande au chef d’entreprise et au responsable du comité d’établissement, comment expliquez-vous cette bonne ambiance? Outre une politique managériale adaptée qu’ils m’exposent, ils poursuivent en m’indiquant que la quasitotalité des familles de leurs salariés vivent avec deux salaires et qu’avoir deux salaires, c’est vital car cela change leur équilibre de vie et leur permet d’accéder à la propriété.

De fait, sur notre territoire, nous sommes conformes aux critères du Traité de Lisbonne : La moyenne française du taux d’actif entre 15 et 64 ans est de 63%, nous sommes à 75%. Pour moi, tous les territoires devraient mieux se développer en adaptant leur stratégie à leurs atouts même si nous n’avons pas tous nécessairement les mêmes.

On parle beaucoup de la désindustrialisation de la France, comment avez vous réussi à renverser cette tendance sur votre territoire ?

Je vais reprendre la phrase de François Mitterrand :  »On a tout essayé contre le chômage, sauf ce qui marche  ». Hé bien dans ce qui marche, il y a pour moi un autre élément qui est fondamental et sur lequel nous avons beaucoup mis l’accent, c’est la revalorisation des métiers manuels.

Nous avons par exemple organisé une exposition  » jeunes dans l’industrie  » où 75 jeunes expliquent ce qu’ils font et sont valorisés alors qu’on a tendance dans notre pays trop élitiste à pointer du doigt les métiers manuels. Il faut changer le regard de la société française sur ce point et arrêter de surproduire des diplômés de l’enseignement supérieurs condamnés au chômage ou aux emplois sous-qualifiés alors même que nous sommes en pénurie de main d’œuvre sur ces métiers manuels très recherchés.

Il y a deux semaines nous avons également reçu un prix du cercle des entrepreneurs, (sur 12 de distribués en France), pour nos bonnes pratiques. Nous avons été retenus car nous avons 3 lieux « Outils en mains », à Vitré, Châteaubourg et La Guerche de Bretagne, où 126 artisans de 60 à 85 ans transmettent leur savoir-faire, aux jeunes entre 9 et 14 ans. De ce fait, la quasi-totalité de ces jeunes n’est pas en décrochage scolaire, et cela les prépare à entrer en formation ou en emploi. A la sortie, 45 % exercent un métier manuel. Cette valorisation de la formation professionnelle a été un des éléments clé de la réussite industrielle de notre territoire.

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Depuis 2010 Vitré Communauté est à l’initiative de projets éco-industriels, pouvez-vous nous détailler ce projet ? Quelle place aura l’écologie dans les stratégies industrielles de demain ?

Je vous disais précédemment que les entreprises nous renvoient largement l’ascenseur en contrepartie de ce que nous faisons pour elles. C’est une illustration de l’attention qu’elles portent à nos initiatives, et de leur implication sur le territoire. Ainsi, elles collaborent activement avec nous, notamment sur la lutte contre le décrochage scolaire, sur le projet d’espace numérique Fab-Lab et Co-working dont elles assureront le fonctionnement, et sur le projet éco-industrie pour lequel nous apportons seulement un soutien.

Le concept initial du projet éco-industrie est très simple, il part de la question de savoir comment l’on peut participer aux économies d’énergie, au recyclage des déchets, et aux opérations de production d’énergie éolienne et solaire? Sur ce projet, nous avons constitué un groupe de travail et une quinzaine d’entreprises ont répondu à notre sollicitation. Ensuite, elles s’organisent, prennent les choses en mains et collaborent pour entrer en phase opérationnelle. Dans cette seconde phase, nous nous contentons alors de les accompagner dans la dynamique ainsi créée.

Parlez-nous du cluster RFID Bretagne-Développement, qui fait du Pays de Vitré un des premières régions mondiale productrice de puces électroniques.

Le groupe Allflex, implanté sur notre territoire, produit 70 ou 80 % de la signalétique mondiale des animaux. Ce sont les fameuses puces permettant de suivre le trajet biologique des animaux. Mais ce n’est pas tout, la filière est en réalité composée de quatre entreprises : Oberthur, Allflex, Thales et Delta Dore, qui créent une concentration dans le domaine de la RFID (Radio Frequency Identification). A partir de ce moment là il y a eu un groupe qui s’est constitué, pour exposer les perspectives de productivité que ceci pourrait entraîner dans certaines entreprises de services ou de logistique surtout. Nous sommes donc la capitale européenne du RFID.

Quelles méthodes utilisez-vous pour harmoniser les actions d’acteurs aussi divers (formation pro, pôle emploi, CIO, entreprise etc.) ? La création d’une maison de l’emploi ne se suffit pas à elle même…

Plusieurs personnalités sont venues à Vitré de Nicolas Sarkozy, au président de la région Haut de France Xavier Bertrand, mais aussi Alain Juppé. Nous sommes actuellement le seul exemple de MEEF car les présidents et autres directeurs des différentes structures ne veulent pas perdre leurs prérogatives, et les syndicats se méfient par nature de tout changement.

Tout ceci est aberrant car nous avons créé un outil produisant une politique de proximité très efficace avec une lisibilité incontestablement supérieure à l’empilement habituel de structures diverses et variées. Le modèle ne s’est pas répandu du fait des rigidités à la française, que vous connaissez autant que moi.

Et l’aberration est double car nous disposons là manifestement de marges de productivité et de qualité de service aux demandeurs d’emplois, aux entreprises et à la population ! Nos 5,5 % de taux de chômage aujourd’hui ou les 42 % d’effectif dans l’industrie sont donc dû à un contexte plutôt favorable mais aussi à une série de décisions et d’ambiances favorables, à l’esprit d’entreprendre et aux innovations. La MEEF est l’une d’entre elles.

Aujourd’hui, l’un des problèmes les plus importants pour nous consiste à élever le niveau de formation professionnelle parce que l’industrie ne tiendra que s’il y a un haut degré de formation professionnelle. Nous réfléchissons donc à un campus des métiers devant être consacré par un label ministériel, toujours avec l’idée de souplesse et d’instantanéité.

Déjà, quand j’étais président du conseil général, François Mitterrand avait prévu de doubler le nombre d’écoles d’ingénieurs. Nous nous étions mis sur les rangs avec succès et nous avons réalisé le campus de Ker Lann à Bruz. Au milieu de ce campus des écoles d’ingénieurs on décida de regrouper les centres de formation et d’apprentis en baptisant cet ensemble « faculté des métiers ». Par la suite, une douzaine de faculté des métiers sont nées en France.

La capacité d’anticiper est donc pour moi, avec la passion, un élément clé : Pour réussir, il faut y croire !

Nous avons rencontré Pascal Terrasse, le député de l’Ardèche, qui nous disait récemment que l’innovation et l’avenir de la stratégique économique appartenaient aux territoires. Partagez-vous cet avis ?

C’est le fameux livre d’Olivier Pastré  » Le top down ou le bottom up  ». Cela signifie libérer les initiatives des territoires, donner de la souplesse et ne pas attendre de l’État ce qu’il ne peut plus donner. Donc c’est l’idée de dire, la vertu des grands peuples réside dans l’esprit de responsabilité de ses citoyens. Les clés de l’avenir sont en nous même. Cette théorie du Bottom up, c’est ce qui fait le succès. Regardez en Californie, ils n’attendent pas de l’État de Californie des subventions, ils se prennent en charge. Je pense que l’avenir repose sur les territoires.

Alain Lambert, le président de la commission nationale des normes, était à Bruxelles et a voulu comparer les directives européennes souvent justifiées et leur traduction dans notre droit national. La conclusion est nette : Elles sont systématiquement durcies par les administrations centrales pour avoir du pouvoir !

Il y a un livre de Jacques Bichot, professeur à Lyon  » le labyrinthe : réglementer pour régner  », qui illustre vraiment cette faiblesse de la France. Je me souviens d’une phrase de Xavier Fontanet  » donnez des responsabilités aux gens et vous les changez, mettez les en situation d’assistance ils se comporteront comme des assistés  ». C’est vrai, le succès des entreprises et celui des collectivités, réside dans la capacité à associer les salariés et l’ensemble des élus dans une communauté, et dans la capacité de prendre des initiatives.

Les questions rapido

Vous êtes bouillant ?

Mon assistante parlementaire, m’ayant succédé depuis à la députation, disait que j’avais une idée innovante toutes les heures. En fait, je lis beaucoup le week-end et je regarde ce qui se passe ailleurs, ça aide beaucoup. Un élu qui ne lit pas pour se tenir au courant de ce qui se passe ailleurs ne fait pas son boulot.

Motivé ou déterminé ?

Les deux, quelle est la différence ? Motivé oui, parce qu’on ressent la confiance de la population. Déterminé oui, car on ne fait rien sans la confiance. Elle seule permet de surmonter les obstacles.

Leader ou manager ?

Les deux.

Argent ou pouvoir ?

Il faut un peu des deux. L’argent pas beaucoup et je ne prends que 30% du maximum possible pour mes deux indemnités de maire et de président de communauté. Je pense qu’il faut être exemplaire si on veut être suivi, il y a une telle méfiance vis à vis de l’homme politique et de l’élite. Pouvoir non, je ne cherche pas à avoir des followers. (rires)

Droite ou gauche ?

Centre, parce que je suis né dans une famille où mon grand père et mon père qui avaient été maires ont annoncé tellement de fois la mort d’un frère ou d’un père lors de la première guerre mondiale que lorsqu’il y a eu des hommes en 1945 comme Robert Schumann qui ont préféré surmonter les peurs plutôt que de les exploiter en créant l’Europe, ils ont suivi avec enthousiasme. J »étais dans une famille politique formée par le MRP, ni de droite ni de gauche. Je suis au centre et je soutiens Alain Juppé car je pense que nous n’arriverons pas à faire des réformes si nous ne les accompagnons pas de mesures d’exemplarité, de justice. A défaut, nous serons totalement bloqués.

Une musique qui vous motive ?

Je ne suis pas du tout musicien, mais j’aime ce qui donne de l’enthousiasme, Beethoven, Mozart. Pourtant, je n’avais pas l’ADN musicien dans ma famille.

Pierre brute ou pierre polie ?

Il faut partir d’une pierre brute pour arriver à une pierre polie.

Que pensez-vous de la citation de JFK : « l’art de la réussite consiste à savoir s’entourer des meilleurs » ?

Je préfère d’autres formules car « meilleurs » cela signifie que vous entrez dans une hiérarchie, une classification. Je préfère ce que disait un ministre des affaires étrangères  » un homme d’État doit pouvoir aller d’un état A où il se situe à un état B où il n’est jamais allé  ». Il faut avoir une vision. Pour moi ce n’est pas la meilleure formule de Kennedy.

D’ailleurs, il y a longtemps, on m’avait demandé : Pouvez-vous nous décrire un moment d’émotion qui vous a marqué, que ce soit un moment personnel, de vie, ou de réaction à un événement ? J’en ai cité deux : Le premier, c’est lorsque Obama a été élu. Les afro-américains très âgés pleuraient et s’étonnaient, ils n’avaient jamais imaginé qu’un des leurs puisse devenir président des ÉtatsUnis. Le deuxième est en lien Madame de Sévigné qui a longtemps habité ici. Dans ce cadre un concours de lettres d’enfants avait été organisé et une de ces lettres disait  » Papa, reviens vite, maman pleure toujours  ». Pour moi, c’est fort et fort émouvant.

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