C’est dans les bureaux de son entreprise SOCIALINK , en plein cœur de Montauban, que Romain Castan nous a accueillis. Nous vous proposons durant une semaine et jusqu’à la prochaine Rencontre CRESCENDO Montauban, différentes interviews qui illustrerons le dynamisme de l’écosystème entrepreneurial de la préfecture Tarn-et-Garonnaise ! Fondateur d’OLINKO, mais également investis dans l’associatif, notamment au Comité Départemental de Rugby, focus aujourd’hui sur Romain Castan !

Qu’est-ce que ça veut dire pour toi, Crescendo ?

Pour moi c’est un air de carnaval à Limoux, qui s’appelle Crescendo, qui est le plus dur à danser. Je l’ai dansé une fois, j’en garde un souvenir inoubliable. En fait, la mesure part lentement et ça monte ; quand tu es du village du carnaval de Limoux et que tu danses ça, ça reste à jamais.

Est-ce que tu peux nous parler rapidement de ton parcours ?

Après un baccalauréat technique, je me suis orienté vers le commerce parce que j’aimais bien le relationnel ; donc une double compétence technique et commerciale. J’ai fait ça pendant 3 ans. J’ai eu l’occasion de travailler dans différentes entreprises, avec différentes typologies : des petites, des moyennes et des très grandes. Et à terme, je me suis rendu compte que le commerce des entreprises était beaucoup plus tourné vers les chiffres, pas tellement les relations ; on était un pion dans un grand échiquier.

Et donc, je me suis retiré de ça. Je me suis orienté plutôt vers une formation d’éducateur spécialisé, pour comprendre les relations avec les personnes. J’ai donc fait un double cursus : commerce et éducation spécialisée où je me suis rendu compte de pas mal de problématiques sur le terrain, notamment en termes de communication ; et avec mon parcours dans le commerce je me suis dit pourquoi ne pas utiliser les nouvelles technologies au service l’accompagnement, en améliorant la communication au travers d’outils numériques.

Olinko, Socialink… Peux-tu nous en parler ?

C’est ce qui m’a envoyé vers le projet de créer Olinko. Pour créer Olinko, je me suis entouré d’un ami du lycée, que je connaissais et qui avaient été dans l’informatique. Je lui ai demandé « Qu’en penses-tu ? Est-ce qu’on pourrait faire quelque chose ? ». Il m’a répondu oui, il m’a présenté une connaissance a lui un expert du développement et de suite on est parti à 3 dans cette aventure qui dure depuis 3 ans.

Au début nous avons utilisé le modèle associatif pour faire mûrir la réflexion, on a basculé ensuite sur le modèle société pour assurer son déploiement, sa maintenance et le service client. Nous avons choisi de nous implanter sur Montauban. Pourquoi Montauban ? Parce que c’est bien situé géographiquement, deuxième ville de Midi-Pyrénées, nos bureaux sont à Villebourbon, un quartier en plein développement dans une ville dynamique. Un proverbe dit que : « l’on ne devrait jamais quitter Montauban… » l’avenir nous dira le reste !

Aujourd’hui on se recentre sur le marché du sport en lien avec mes expériences de sportifs (Judoka, Pongiste, Cycliste et Joueur de Rugby) et mes divers engagements : Entraineur, Arbitre et Dirigeant. Je me suis demandé pourquoi ne pas utiliser ces nouvelles technologies au service du sport, notamment pour améliorer la performance. Aujourd’hui, nous sommes à la quête de performance dans le domaine du sport, mais aussi pour améliorer les relations où parfois pour des incompréhensions, on peut passer à côté des choses importantes donc on s’est dit pourquoi ne pas doter le sport d’outils contemporains.

Est-ce que tu as une définition de ce qu’est un entrepreneur ?

Un entrepreneur, c’est quelqu’un qui va de l’avant. C’est-à-dire que c’est quelqu’un qui a des idées, mais surtout qui les met en œuvre. Il va prendre des risques et va se donner les moyens de vivre un rêve, de réaliser une idée.

Pourquoi entreprendre ?

Pourquoi entreprendre ? Parce que j’ai des valeurs, une vision, des idées. Et je me dis qu’il faut être prêt à faire aujourd’hui ce que les autres ne font pas, si l’on veut avoir un jour ce que les autres n’auront jamais. Et ça, c’est ma devise. J’entreprends parce que je sais qu’aujourd’hui, dans les organisations, il y a plein de choses qui dysfonctionnent, j’ai du mal avec ces dysfonctionnements-là ; et je me dis qu’en entreprenant, si je réussis ce sera parce que je me serais donné les moyens de réussir et si je ne réussis pas, c’est qu’il faut que je me remette en question. C’est ce qui m’a guidé vers le choix de entrepreneuriat.

Avec Socialink, aujourd’hui qu’est-ce que tu peux proposer à travers cette marque ?

Socialink, c’est améliorer le lien social au travers d’un outil digital : « le numérique », en rapprochant les personnes qui sont loin, en permettant d’avoir l’information en temps réel, et cela au service des personnes, et qui permet à tout le monde d’être acteur y compris bénéficiaire, c’est à dire la personne concernée. Parce que souvent dans les organisations, on se met rarement à la place de la personne. Il y a des personnes qui interviennent dans l’accompagnement, dans le sport comme dans la santé ou dans d’autres domaines. Et la personne qui doit être au centre de cet accompagnement-là, souvent elle n’a pas les données ou les informations. Donc nous, Socialink, on veut aussi donner la parole et la connaissance de l’accompagnement à la personne concernée.

As-tu eu des mentors ? Si oui, comment t’ont-ils aidé… ?

Oui, mon premier mentor, c’est le proviseur du lycée Jules Fil, Jérôme Rallo. Au lycée, je me cherchais un peu parce qu’on est jeune, on se demande qu’est-ce qu’on veut faire comme parcours. En première, je ne savais pas du tout vers quoi aller, ça me faisait peur de m’engager dans une voix. Donc, j’ai fait plusieurs premières, et ma dernière à Jules Fil. Jérôme est un proviseur qui a cru en moi, qui m’a permis de pouvoir m’engager dans différentes actions : monter les maisons des lycéens, organiser des évènements, participer à la démocratie lycéenne, présider le CVL (Conseil de Vie Lycéenne, participer aux CA (Conseils d’Administration), au CAVL (Conseil Académique de la Vie Lycéenne) ou j’ai planché sur la réforme des secondes, enfin le CRJ (Conseil Régional des Jeunes). Ces différents engagements m’ont donné des responsabilités.

Ça m’a permis de m’exprimer, de pouvoir voir ce qui me plaisait et de continuer mes études à côté, d’acquérir de l’expériences assez rapidement dans tout ce qui est évènementiel, relations humaines, associatif, engagements. C’est une personne qui m’a permis d’avoir un déclic, dans le sens où je me suis rendu compte que j’avais des possibilités en dehors du système scolaire. Le système scolaire d’aujourd’hui est façonné, il faut rentrer dans des cases. Moi j’avais un peu de mal à y rentrer, et c’est une personne qui m’a donné la possibilité de m’exprimer en dehors de ces cases-là, pour justement arriver au Bac et après de faire ce qui me plaisait : Bac+2, Bac+3, DEES (Diplôme D’Etat D’Educateur Spécialisé). Voilà, c’est vrai que ça a été quelqu’un d’important durant mon adolescence où l’on se cherche toujours un peu. Cette personne-là, m’a épaulé justement pour aller au bout de ma scolarité où je n’en voyais pas vraiment l’intérêt.

A mon arrivé dans le monde du travail, j’ai eu deux mentors : Jean FERRER « Manu », mon premier patron, qui a toujours eu confiance en moi durant mon stage et m’a permis de basculer sur de l’apprentissage pendant mon BTS Technico-Commercial, c’est un exemple de réussite qui m’a toujours inspiré, peu importe le moment de la journée, la porte de son bureau été ouverte pour ses employés.

J’ai ensuite fais une rencontre importante qui a débouché sur une de mes plus grosses affaires dans le commerce, Jacques RIBOUREL qui dirige le Domaine de la Ramade, un domaine authentique niché au cœur de la Clape entre Narbonne et la Méditerranée. Il m’a fait confiance pour la réalisation d’une partie de ses beaux projets du domaine avec les différentes entreprises où j’ai travaillé, une relation paternaliste, un réel fil conducteur.

Qui m’a permis de rencontrer mon deuxième mentor Philippe Meric « Tonton Philou » commercial chez Nétafim (Leader de la micro irrigation en France), que j’ai découvert en 2011, sur le retour en voiture de la Ramade le long du littoral Narbonnais. Nous avons accroché, il m’a pris sous son aile pour m’apprendre les secrets de la Micro Irrigations, que j’ai appliqué dans un premier temps sur les vignobles du Biterrois, avant de redescendre sur ma terre d’origine l’Aude.

Tu disais que tu te cherchais au lycée. Est-ce qu’à ce moment-là ou plus tard tu as traversé des échecs, des moments de doutes. Et si oui, comment tu as fait pour les surmonter ? Comment as-tu rebondi ?

A cette période-là j’étais beaucoup dans des réussites, dans les divers engagements que j’entreprenais, ça me réussissait. On a organisé le premier Bal Etudiants à Carcassonne en 2009 qui réunissait les lycéens de Carcassonne, ça a été une très belle réussite ; les participants s’en souviennent encore. L’année d’après, j’ai voulu monter la même chose à Perpignan et là, gros échec dans le sens où ce n’était pas les mêmes personnes, ce n’était pas le même lieu, ce n’était pas les mêmes réseaux et des partenaires différents.

Et là, on a monté une association, organisé l’évènement et on prend le bouillon, donc premier échec ; et ce que j’ai fait, j’ai retroussé les manches, j’ai fait un prêt étudiant, j’ai comblé le trou personnellement. Parce que comme je m’étais engagé avec les personnes du bureau de l’association, j’avais dit que j’assumerais si toutefois il y avait une déconvenue (surement déjà l’esprit d’entreprendre).

Donc, les premiers échecs permettent de se dire que ce n’est pas parce qu’on a réussi une fois qu’on va réussir deux fois, que l’environnement est très important quand on réalise un projet ; et plutôt que de le vivre comme une fatalité, ça m’a servi de leçon. J’ai essayé de me remettre en question, de comprendre pourquoi ça n’a pas fonctionné. Et je me suis laissé le temps d’attendre la bonne opportunité pour réentreprendre.

Ces années sont passées, j’ai fait mes expériences dans le commerce où, je suis monté crescendo. Au début j’étais stagiaire BTS chez Sud Irrigation à Elne, puis après en alternance, puis j’ai été embauché par le BRL (Bas Rhone Languedoc) alors que je n’avais pas fini mon BTS, une spirale positive où tout me réussissait sur le plan professionnel. La coopérative Arterris vient, par la suite, me chercher pour développer sa filiale irrigation, et prendre des parts de marché sur l’Aude et l’Hérault, j’ai pris beaucoup de plaisirs à travailler avec les techniciens viticoles des corbières et du minervois.

J’ai travaillé sur la nouvelle identité Aquaterris, j’ai validé ma Licence de Chargé Développement Marketing et vente, jusqu’au moment où j’ai vu que même en faisant autant de chiffres que mes collègues qui avaient des années d’expériences, je n’étais rémunéré que la moitié et que ça ne changerait pas à la vue du marché de l’emploi actuel. C’est là où je me suis dit, je me retire du commerce et je vais aller vers les relations humaines, le métier d’éducateur spécialisé.

Il y a un mot qui revient souvent, c’est le réseau. Quels sont les leviers pour faire du réseau ? Parce qu’on sait que tes gros points forts c’est ça. Tu es bon sur le réseau, quels sont les leviers, qu’est-ce que tu utilises pour faire du réseau ?

Etre soi-même, être simple, ne pas chercher à plaire aux gens, échanger avec eux, les écouter. Après c’est aussi mon côté curieux, j’arrive facilement à m’intéresser à ce qu’ont fait les diverses personnes que je rencontre. Et c’est comme ça, de fil en aiguille, que j’ai réussi à développer du réseau.

Parle-nous de l’espace Aristide Briand ?

L’espace Aristide Briand, c’est le lieu dans lequel j’ai posé mes valises à Montauban au cœur de Villebourbon sur l’avenue Aristide Briand. Quand je suis arrivé en Tarn et Garonne, j’ai compris qu’historiquement beaucoup de choses était centraliser sur Montauban et qu’il n’existe aucune pépinière en dehors de Montauban. Les pépinières étant pleines, il a fallu que je me débrouille avec un privé.

J’ai trouvé ce local de 80 m², et je me suis dit que ce serait bien de créer un lieu pour développer de la synergie entre différents porteurs de projets, partager des expériences, un lieu de vie propice aux échanges. On a créé dans ce sens l’espace Aristide Briand, qui permet cela, qui permet d’accueillir des formations, des réunions ; qui permet de créer cette synergie entre les différents porteurs de projets sur le territoire du Grand-Montauban en Tarn et Garonne.

Tu vas accueillir l’évènement Crescendo ici à Montauban, dans l’espace. Pourquoi, comment, est-ce que tu peux nous en parler ?

L’évènement Crescendo, c’est suite à l’évènement sur Toulouse. Pierre, cofondateur de Crescendo est un ami du lycée, on s’est retrouvé à Toulouse à cet évènement-là. Je suis venu voir ce qu’il devenait et ce qu’il avait créé ; et j’ai été agréablement surpris par les valeurs et l’enthousiasme qu’il y avait à cette soirée, sur des échanges entre les personnes, du partage d’expériences, loin de tout intéressement quelconque. Les personnes étaient là, juste pour partager leurs expériences, s’enrichir du parcours des autres… J’en garde un très bon souvenir, et c’est ce qui m’a donné envie de faire découvrir ça à mes amis de Montauban, à l’espace Aristide Briand.

J’avais envie qu’eux aussi puissent vivre ce type d’évènement, on en ressort que plus grand. De voir qu’il se passe énormément de choses positives qu’on n’a pas forcément conscience ; et qu’énormément de personnes essayent de se donner les moyens pour changer les choses et qu’ils y arrivent. Il faut s’inspirer de ceux qui réussissent, plutôt que de ceux qui se cherchent des excuses et qui n’aboutissent pas souvent.

Tu dis souvent « partage d’expériences ». Quelle est l’importance dans la réussite de tes projets, du partage d’expériences que tu peux avoir tous les jours dans ta vie ?

Ça permet de ne pas se précipiter, de se donner le temps d’évaluer avant de s’engager. Ça permet aussi d’être plus tempéré, plus réfléchi. Parce que souvent quand on entreprend, on a envie, on est passionné et donc on a envie d’agir. Et le partage d’expériences permet de réfléchir à comment agir plutôt que d’être tout le temps dans l’action ; et quand on lève la tête, c’est souvent trop tard. Donc, le fait de partager des expériences ça va aider à prendre un peu de recul, à se dire qu’il vaut mieux avancer étape par étape pour se donner toutes les chances de réussir. Car ce n’est pas parce qu’on va faire beaucoup qu’on va bien faire.

Quels conseils donnerais-tu à un jeune qui veut se lancer ?

De croire en son projet et qu’il se donne lui-même ses limites. Je pars du principe que les limites, on se les donne nous ; et que si on croit à son projet il ne faut laisser personne nous décourager, au contraire, quand on nous dit que ça ne va pas fonctionner ou que ça ne marchera pas, il faut qu’on le tourne en motivation : « Je vais te montrer que mon projet j’y crois et que je vais le réaliser. »

Est-ce que tu es posé ou bouillant ?

Bouillant.

Motivé ou déterminé ?

Déterminé.

Leader ou Manager ?

Leader.

Ton dernier SMS ?

C’était avec vous pour l’organisation de votre venue.

Un livre ?

La réussite de Steve Jobs. Steve Jobs a un parcours atypique et auquel je ne suis pas indifférent et je me suis régalé de lire ce livre plein de fois.

Un film ?

Forest Gump. Cours Forest !

Une citation ?

Don’t give up! N’abandonne jamais !

Car peu importe les péripéties sur ton chemin, si tu ne lâche pas, tu franchiras un jour la ligne d’arrivé.

Une musique qui te motive ? Qu’on rajoute sur notre playlist.

L’hymne de l’Afrique du Sud.

Pierre brute ou pierre polie ?

Brute.

Qu’est-ce que tu penses de la citation qui accompagne notre blog « l’art de la réussite consiste à savoir s’entourer des meilleurs » ?

Que c’est très important de savoir s’entourer. Après, il faut arriver justement à trouver les bonnes personnes et se laisser le temps de découvrir ces personnes-là, avant de s’entourer trop vite d’une équipe, qui après derrière peut faire capoter les projets ou perdre énormément de temps.

Photos réalisées par notre photographe, Fabien Rouire, retrouvez son travail sur son site, son Flickr sur sa page Facebook !

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