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Crescendo est parti à la rencontre de SILIANS. Fondée par Thomas Castella et Anthony Delpech, cette startup est aujourd’hui au sein de la pépinière CréAude à Carcassonne (Aude). Passionnés de design et de savoir-faire artisanaux, Anthony et Thomas ont créé Silians, marque d’alliances, visant à favoriser et revaloriser l’aménagement sur mesure et made in France.

Thomas a été baigné dans une famille d’artisans et d’architectes qui ont fait naître chez lui sa passion des réalisations architecturales. Anthony est quant à lui issu d’une famille de fabricants de béton œuvrant dans le secteur depuis près de 70 ans. Après leurs études d’ingénieurs, ils se sont orientés vers la formulation de bétons ultra-performants.

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Quelle est votre définition de crescendo ?

TC : Un développement qui passe par les réseaux, en cohérence avec le joli blog que vous avez monté.

11h43m22s-img_9779Pouvez nous parler de votre parcours, et qu’est-ce qui vous a amené à monter votre boîte ?

AD : À la base, il y a quand même une certaine passion, une certaine affinité avec l’architecture même si je ne suis pas de formation architecte. On a travaillé sur les chantiers en fin d’étude d’ingénieur et puis une opportunité qui s’est présentée à nous, avec cette tendance esthétique du béton dans l’ameublement. Très concrètement, Thomas était en stage en Suisse et il m’a appelé un soir avec cette idée. On a effectivement senti qu’il y avait peut-être quelque chose à faire, à réfléchir. Donc on en a parlé, après la collaboration s’est faite assez naturellement puisqu’on se connaît depuis toujours.

Ensuite, on a fait une année d’études supplémentaire à l’IAE de Montpellier, pour apprendre la gestion  et avoir les outils nécessaires à la création d’entreprise. C’est aussi ça qui nous a permis de tester l’idée. Donc au lieu de faire un stage, on a pris un bureau à la fac et on a commencé à monter le projet tout doucement en rencontrant des partenaires, qu’il s’agisse de techniciens ou de la pépinière d’entreprise Créaude à Carcassonne où nous sommes aujourd’hui. Le but, pendant de cette période de stage était de valider l’idée, le concept. Très concrètement, on s’est réorienté assez vite. On s’est adapté  aux marchés qui nous semblaient les plus porteurs.

Au début, on pensait plutôt vendre des produits qui s’appliqueraient sur chantier, des moules par exemple, qu’on pourrait appliquer dans les coffrages mais on s’est rendu compte que ce marché était trop concurrentiel. Petit à petit, on s’est vraiment spécialisé dans l’aménagement, dans l’ameublement.

11h57m25s-img_9804Pourquoi entreprendre ?

TC : À la base, on a toujours eu cette passion de créer, d’inventer. Pour compléter aussi, on s’est retrouvé en fin d’études avec une frustration qui était celle de se retrouver dans un schéma très carriériste, très «  grands groupes ». Je sortais de Génie Civil, conducteur de travaux ça ne m’emballait pas vraiment et finalement j’avais ce besoin de créer. La passion avec Anthony pour les applications en béton et cette tendance qui est là depuis maintenant un petit nombre d’années nous ont poussées. On a voulu un lancement modeste pour apprendre à se construire, c’était essentiel pour nous d’être nos premiers ouvriers, et d’apprendre un peu la vie à travers l’entreprenariat.

Votre définition de l’« entrepreneur » ?

TC : C’est savoir toucher à tout, apprendre tous les jours, savoir créer son réseau et l’utiliser, bien s’entourer. Tout le développement technique n’aurait pas été possible sans un grand nombre de fournisseurs et partenaires, notamment pour faire les formulations de béton et apprendre à fabriquer des moules. Nous avons en partis acquis notre savoir-faire avec ces échanges là.

Le moment le plus excitant quand vous entreprenez quelque chose ?

AD : Je dirais que lorsqu’on cherche à faire des choses innovantes et qu’on y arrive, tout simplement.

TC : Après la réalisation… Le premier objet qu’on a fabriqué est un luminaire. Il en existe deux prototypes. On a fait le premier il y a deux ans, on n’était pas du tout à la pépinière, on était dans le garage chez Anthony, à peiner pendant des heures parce que c’est un objet qui est assez technique, vraiment fait à la main et relativement compliqué à assembler. Il y a pas mal d’innovations concentrées finalement, et le moment de l’allumage est toujours magique. Donc le plus excitant pour moi c’est vraiment quand on arrive à la réalisation, la livraison chez un client… Et bien sûr, avoir la satisfaction des clients c’est le plus important.

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Le nom, Silians?

AD : Le nom, même si on a mis du temps à le trouver, a une histoire très simple. C’est la contraction de deux mots : silice et alliance. La silice est le composant qui est majoritairement présent dans notre béton. L’alliance, c’est par rapport à plusieurs choses. L’alliance du béton avec d’autres matières (le bois, le métal, etc…), c’est notre philosophie de marque et notre empreinte. C’est aussi l’alliance avec des personnes ayant d’autres savoir-faire qui s’expriment sur nos réalisations (ébénistes, ferroniers…).

TC : On a voulu donner un nom qui ne désigne pas de façon directe le béton parce que toutes les tendances évoluent et on voulait rester ouvert par rapport à ça. Mais il y aura toujours ce corps de matière brute et design contemporain qui restera en tout cas.

Pourquoi le béton et pas autre chose ? Parce qu’il y avait moins de personnes sur le marché, mais surtout pourquoi ce choix porté là-dessus ?

TC : Il se porte par une tendance. Dans notre philosophie de marque, tout s’axe autour des matières brutes, des réalisations contemporaines et durables. On fait des choses très minimalistes où finalement c’est la matière et le savoir-faire qui s’expriment. C’est notre but dans tout ce que l’on fabrique.

On voit vraiment dans le béton, un minéral contemporain et noble,  qui a beaucoup de choses à dire, qui plus est lorsqu’il est assemblé à d’autres matières.

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Est-ce que vous avez des références, des personnes sur qui vous-vous inspirez dans l’art, dans l’entreprise ?

TC : Beaucoup sur l’architecture, le célèbre MUCEM… les architectes connus comme Le Corbusier (qui aimait beaucoup le béton) etc. Après, on ne cherche ni à copier ni à faire des carnets de  tendances tous les 6 mois… On veut vraiment apporter une pièce maîtresse, simple et qui dure.

Je pense qu’il y a aussi l’idée du client qui vient et qui demande quelque chose, c’est finalement aussi une inspiration puisqu’il y a une ambiance, un lien qui se crée, qui débouche sur quelque chose derrière. Je trouve que ce n’est peut-être pas mal d’être assez libre d’esprit là-dessus et ça permet aussi de livrer quelque chose qui correspond réellement à ce qu’attend le client puisque ça lui ressemble.

Pour appuyer avec un exemple plus concret, on travaille sur l’aménagement des locaux d’une société. C’est une entreprise du bio, leader sur son marché, ce sont des précurseurs. Quand on les a rencontré, on était en concurrence avec 3 autres entreprises sur l’aménagement donc il fallait être très créatif. La première chose qu’on a faite avant de décider quoi que ce soit, c’était de prendre quelques jours pour comprendre leurs valeurs fondamentales. Le bio traine aussi les clichés du vert pastel et des bottes de foin. Ils ont dépassé ce stade, Ils sont précurseurs, raffinés, soucieux vis à vis de la santé et de l’environnement. Après cela, le dessin doit être en cohérence avec ces valeurs. Et là-dessus on construit des choses… Finalement, notre inspiration c’est aussi nos clients.

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Pourquoi vous et pas quelqu’un d’autre ? Quelle est la différence, votre gros plus ?

AD : D’abord, le matériau parce que finalement, il n’y a pas beaucoup de monde qui travaille le béton comme nous. Cette idée d’alliance des matériaux, ce n’est pas vraiment ce qu’on voit aujourd’hui. Après, il y a le service en plus, c’est-à-dire qu’on met vraiment un point d’honneur à accompagner de l’idée jusqu’à la pose et même après. Ce n’est pas juste de la fabrication sur-mesure.

Tout le design, c’est vous ?

TC : Oui. Après, on travaille avec des prescripteurs architectes ou décorateurs. La particularité de cette clientèle est que l’on ne peut pas arriver en disant « Bonjour, on est designers », ce qui serait totalement faux puisqu’on n’a pas fait de formation là-dessus. Donc là, il y a un compromis à trouver. On est à la première année de création, on rentre dans la seconde et aujourd’hui on reste opportuniste. On reste aussi complètement ouvert à des designers qui voudraient développer des gammes de produits avec nous.

Vous avez un catalogue de produits à l’heure actuelle ?

AD : Un catalogue, non. Il y a les réalisations sur le site. C’est plutôt un « book » puisqu’on travaille sur des pièces uniques ou des petites séries.

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Donc ça va être une demande soit d’un particulier ou d’un professionnel qui dira « Je voudrais une table en béton, qu’est-ce que vous avez à me proposer ».

TC : Voilà, c’est comme ça que ça se passe. Pour la table basse présentée sur notre site par exemple, le client est venu et voulait une table basse de 2,20 x 1,20m, donc quelque chose d’imposant, pour un préau en extérieur avec un joli parc arboré… On a fait 3 propositions et il a accroché sur une, qu’on a réalisé.

C’est vraiment du sur-mesure alors ?

AD : Oui complètement, on peut même aller plus loin en disant que nous restons force proposition. Certains clients arrivent avec une idée, parfois un croquis et on le fait murir ensemble pour obtenir quelque chose de vraiment singulier.

On a rencontré le fondateur de Moovjee Dominique Restino. Et donc l’idée de Moovjee et de l’Institut du Mentorat, c’est à un moment donné, de bien s’entourer d’entrepreneurs qui ont réussi et qui sont là pour vous tirer vers le haut. Est-ce que vous êtes mentorés par quelqu’un ? Est-ce que c’est justement le but de la pépinière ici, comment fonctionnez-vous?

TC : Disons qu’on fonctionne comme ça, on est très entouré. Par forcément avec des grands PDG du CAC 40 mais des personnes qui ont une certaine maturité d’âge et entrepreneuriale, la pépinière permet aussi cela. Nous sommes entre jeunes entreprises ici mais on s’entraide là-dessus. Et après, il y a les clubs d’entrepreneurs, nos connaissances respectives, il y a toujours un coup de main, une idée…. On fonctionne toujours comme cela parce qu’il y a aussi ce facteur humain qu’on affectionne. Tous les gens avec qui on travaille et échange, apprécient cela chez nous.

La pépinière est un vrai levier car grâce à elle, nous avons pu faire appel à des aides financières. On a fait une aide à la faisabilité commerciale où la région nous a financé une étude sectorielle. On a travaillé avec un cabinet de conseil de Nîmes qui nous aidait à tester le marché avant la création. Après cela nous avons été aidé par la BPI pour construire notre communication efficacement  et surement.
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Quel est votre rôle dans la pépinière d’entreprise, qu’est-ce que ça vous apporte ?

AD : Le premier objectif, c’est l’accompagnement. Il y a une vrai équipe : Le directeur – Frédéric Hervé et le chargé d’affaires qui est là depuis quelques temps maintenant ; c’est un accompagnement au quotidien. Ils sont spécialistes des activités innovantes et sont de ce fait à même  de nous aiguiller dans notre développement, nous aider à trouver des financements, nous mettre en relations avec les bonnes personnes etc…

Il y a aussi un œil extérieur très intéressant ici, parce que si on est seul dans un hangar au milieu de nulle part, on peut manquer de recul. Il y a par exemple une entreprise qui fabrique des kits de préparation pour pâtisserie exotique, c’est un peu leur laboratoire ici quand ils conçoivent des recettes puisqu’on goûte les préparations… il y a aussi cet intérêt-là, ce groupe.

Pour la fabrication de tout ce qui est béton, c’est vous ? Après tout ce qui est pièce annexe, que ce soit bois ou métal, vous passez par un artisan ?

TC : Oui, on a un atelier ici même. C’est très modeste, on a une surface de production de 100m2, avec un banc où on coule nos pièces béton. On fabrique aussi des moules spécifiques pour les pièces plus complexes, et cela fait appel à d’autres techniques de fabrication. On accorde beaucoup de soin et d’attention à nos pièces mais avec des moyens peu importants. Mais oui, le béton c’est notre ADN, ça transparaît dans notre nom et c’est quelque chose qu’on conservera toujours.

En somme, on a scindé l’activité en deux. Il y a l’atelier béton. Et d’un autre côté il y a le service, qui va du design au commercial, coordination des artisans pour les autres matières. 12h24m25s-img_9820

En ce qui concerne les autres métiers qui se greffent à nos réalisations, on fait bien appel a des  artisans. Chacun a sa spécificité, donc le but c’est de connaître lequel sera bon et compétitif sur le domaine considéré. Notre spécificité c’est aussi cette capacité à aller chercher des artisans qui ont de l’or dans les mains et de leur permettre de s’exprimer à travers des réalisations. C’est aussi un gain de temps pour le client qui devrait aller lui même chercher toutes ces compétences.

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Est-ce que vous êtes bouillants ?

TC& AD : Carrément !

Motivés ou déterminés ?

TC& AD  Déterminés.

Leaders ou managers ?

TC& AD  Managers pour le moment.

Quels sont vos derniers SMS ?

TC& AD  Pour nos copines.

Est-ce que vous avez chacun un livre à nous conseiller, un ouvrage qui vous a inspirés ?

TC : Le dernier livre avec lequel je travaille pour faire des dessins, c’est un architecte hébergé ici justement qui me l’a prêté. Il traite sur le nombre d’or. C’est la proportion divine avec laquelle on travaille tout le temps pour faire des dessins…

Un film ?

AD : J’ai envie de voir celui qui est sorti, L’Odyssée sur Cousteau. Ça me fait rêver…

Une musique motivante ?

AD : De la soul, The Internet, ils font ce qu’ils appellent du néo-soul : Dontcha.

TC : Comme ça, je pense à Young wild and free.

Pierre brute ou pierre polie ?

TC : Plutôt brute.

AD : J’aurais dit polie, mais ça dépend comment on regarde.

Alors, pourquoi ? Il y a deux hommes, deux visions alors… au moins c’est complémentaire…

TC : Je pense que j’ai un caractère bien trempé, je suis authentique.

AD : Moi je pensais à quand on travaille, qu’on fait des finitions, des choses comme ça, on aime bien toucher, on aime bien ce côté brillant et soyeux de nos bétons, c’est en ça que je pense pierre polie. Et la nature nous propose des choses comme ça parfois aussi donc c’est magnifique.

TC : L’art du brut tout en finesse…

« L’art de la réussite consiste à savoir s’entourer des meilleurs ». Que pensez-vous de cette citation ?

TC : Entièrement d’accord. On ne réussit pas seul. Je crois que la citation, on pourrait la mettre sur le mur ici aussi.

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